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11 décembre à Banfora : les populations partagées entre émerveillement et inquiétudes pour la qualité de certaines infrastructures

Salle polyvalente de Banfora-Libre-info
Salle polyvalente de Banfora-Libre-info

Les infrastructures entrant dans la célébration des festivités du 11 décembre 2020, ont rendu la ville de Banfora, chef-lieu de la région des Cascades, reluisante. De l’ambiance en passant par les infrastructures (les routes, la salle polyvalente, le stade, la place de la nation, etc.) à chacun son appréciation. Ce sont des populations partagées entre émerveillement et inquiétudes pour la qualité de certaines infrastructures.

Par Siébou Kansié et Vincent Konkobo, correspondant

A 48 heures de la célébration du 11 décembre, ville de Banfora reste presqu’animée 24h/24h. « La ville est vraiment animée. Dans tous les quartiers, on sent qu’il y a quelque chose qui se passe. », constate Narcisse Traoré, habitant de la ville.

Des ouvriers qui travaillent sur des chantiers aux tenants de maquis, il y a moins de repos. C’est le temps de se faire plus de bénéfices. La ville de Banfora, chef-lieu de la région des Cascades est enjolivée à quelques endroits.

De l’entrée de la cité en venant de Bobo-Dioulasso, les couleurs nationales flottent sur des poteaux électriques aux abords de la voie. L’éclat d’une infrastructure imposante tel un palais bien aménagé, capte l’attention. C’est la salle polyvalente de Banfora. Elle a coûté selon Moussa Traoré de l’entreprise ESW qui conduit les travaux, plus de deux milliards FCFA. Elle a une capacité d’accueil de 1000 places. « Tout est déjà achevé. On a que quelques retouches seulement à faire.», rassure M. Traoré.

« La ville a beaucoup changé. Ce qui me marque personnellement, c’est la salle polyvalente parce que, lorsque tu arrives, tu sens qu’il y a un travail qui a été fait. Cela aussi va beaucoup aider la jeunesse de la région dans ses cérémonies. », apprécie Narcisse Traoré qui pense déjà à l’utilité de l’infrastructure.

A quelque distance de la salle polyvalente, c’est le stade régional en réfection qui attire les passants et les habitants qui admirent la pose du gazon synthétique. L’infrastructure a fait peau neuve même si les travaux se poursuivent. La partie de la clôture qui donne sur la voie est esthétiquement réalisée.

Stade régional de Banfora.Hermane Minoungou, administrateur de l’entreprise MRJF-Construction-SA, chargée de la réfection de l'infrastructure,Libre info
Stade régional de Banfora.Hermane Minoungou, administrateur de l’entreprise MRJF-Construction-SA, chargée de la réfection de l’infrastructure,Libre info

« Les travaux consistaient en un premier temps à la réfection complète du mur de clôture avec un portique d’entrée principale et un autre d’entrée des officielles. A cela s’ajoute la réhabilitation de la tribune solaire, les assainissements et les travaux de drainage sur le terrain qui doit recevoir la pelouse. », explique Hermane Minoungou, administrateur de l’entreprise MRJF-Construction-SA.

Les travaux sont achevés à l’exception de la porte d’entrée principale. La pose du gazon est terminée et le match du 10 décembre pourra se jouer, rassure M. Minoungou. L’ensemble des travaux qui ont coûté plus de 800 millions, vont être réceptionnés en fin décembre 2020.

Place de la nation de Banfora-Aire du défilé du 11 décembre 2020,Libre info

Si pour certains habitants, ce qu’il y a de plus merveilleux ce sont les infrastructures, pour d’autres, c’est l’ambiance dans la ville. « Il y a des choses qu’on cherchait et on n’arrivait pas à les avoir. Mais grâce au 11 décembre, on arrive à avoir ce qu’on veut », indique Moussa Sama.

Deux choses retiennent l’attention d’Evariste Ouédraogo, un habitant de la cité du paysan noir. Il s’agit de « façon simple » comme il le dit, de l’ambiance dans la ville et les infrastructures. « Côté infrastructure, ce qui m’a beaucoup plus touché, c’est la place de la nation. Quand on fait le tour des différentes régions, on ne voit pas une place de la nation de cette taille ou de ce modèle. C’est plus joli par rapport aux autres réalisations même si je n’oublie pas la salle polyvalente. »

Bamikou Norolaye Koné est élève de la classe de 5e,sélectionné pour le défilé le 11 décembre 2020,Libre info
Bamikou Norolaye Koné est élève de la classe de 5e,sélectionné pour le défilé le 11 décembre 2020,Libre info

Bamikou Norolaye Koné est élève de la classe de 5e, c’est la première fois de sa vie qu’il assiste à une fête pareille. Il est plus impressionné par les routes un peu partout dans la ville. « Moi, ce qui me plait, c’est que je vais défiler et je pourrai sortir à la télévision. », se réjouit Oumarou Ouattara de la classe de 6e.

Maïmouna Denè est la présidente de l’Association des Albinos du Burkina Faso. Elle est à Banfora pour prendre part au défilé. Elle est contente de la prise en compte des Albinos dans l’organisation du 11 décembre, notamment dans le défilé.

Hamadou Diallo est de secteur 3 da Banfora. Il trouve tout ce qui a été réalisé merveilleux. Que tous ceux qui ont effectué le déplacement d’ailleurs repartent dans la paix.

« Nous attendons que le contrôleur naturel fasse la réception de certains chantiers » (Habitant)

Les infrastructures routières réalisées à l’occasion des festivités du 11 décembre à Banfora sont décriées par une certaine opinion. « Côté voirie, je ne suis pas satisfait. Les ponts, les caniveaux qu’ils ont faits, je trouve que ce n’est pas à la hauteur. Les travaux ont été accélérés à un moment donné afin de pouvoir être au rendez-vous de la fête. », déplore Évariste Ouédraogo. Narcisse Traoré, un natif de la ville, n’est pas content des bitumes qui ont été réalisés. « L’épaisseur du goudron laisse à désirer. Et il y a la poussière qui se dégage également comme si ce n’était pas goudronné. Nous osons croire qu’ils reviendront après les fête pour refaire ces voies. »

Pour ne pas se verser dans le débat de techniciens vains, les populations de la cité du paysan noir, attendent que le contrôleur naturel (les vents et les premières pluies) fasse la réception de certains chantiers. « Pour le moment, j’attends que le contrôleur naturel, c’est-à-dire le vent vienne tester la qualité de ces infrastructures. », martèle Narcisse Traoré.

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