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Burkina Faso : des travailleurs de la santé réclament un statut dans la fonction publique

ENSP syndicat statut
La coalition est empêchée d'accéder dans la cour de l'ENSP.

La coordination des syndicats (SAIB, SYNTSHA et SYSFMAB) de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) exige la prise en compte des agents de ladite école dans la loi 057-2017/AN du 19 décembre 2017 portant statut de la Fonction publique hospitalière (FPH). Elle décide de ne plus prendre part aux sessions de formation, aux missions et aux ateliers de réflexion à compter du 7 juin jusqu’au 31 juillet 2021. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse tenue le jeudi 3 juin 2021 à Ouagadougou.

Par Tatiana Kaboré

La gestion actuelle du ministère de la Santé n’est pas du goût de la coordination des syndicats de l’Ecole nationale de santé publique. Elle l’a fait savoir le jeudi 3 juin 2021.

Composée de trois syndicats à savoir le Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina (SAIB), le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) et le Syndicat des Sages-femmes, maïeuticiens d’État et des accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), la coordination revendique la rigueur dans l’application des décrets de la loi 057-2017/AN du 19 décembre 2017 portant statut de la Fonction publique hospitalière (FPH).

Lucie Yaméogo, porte-parole de la coordination, affirme ne pas comprendre pourquoi les agents de l’ENSP qui travaillent dans des structures de soins avec les élèves et étudiants, qui prennent les mêmes risques et sont soumis aux mêmes contraintes organisationnelles, ne bénéficient pas des mêmes avantages que les autres agents  du ministère.

Alors que cette loi 057 institue dans ses décrets d’application une rigueur organisationnelle et fonctionnelle pour plus d’efficacité.

Après avoir entrepris plusieurs démarches infructueuses pour la satisfaction de cette revendication, la coordination des trois syndicats a pris plusieurs mesures.

Elle a décidé de ne pas s’associer aux tâches liées à la coordination, notamment la programmation des activités pédagogiques, la gestion des notes des élèves et étudiants, le suivi et l’évaluation des activités pédagogiques.

Ce boycott concerne aussi  l’enseignement théorique, les travaux pratiques, l’encadrement de stage et les évaluations des élèves et étudiants.

Ces travailleurs réunis en assemblée générale le 2 juin 2021 ont encore pris la décision de ne plus prendre part aux sessions de formation, aux missions et aux ateliers de réflexion et de conception.

Ceci du lundi 7 juin au 31 juillet 2021 pour exiger leur prise en compte dans la loi 057-2017/AN du 19 décembre 2017 portant statut de la fonction publique hospitalière.

La coordination syndicale accuse le ministère de la Santé de vouloir diviser les travailleurs à travers la discrimination dans le prise en charge des agents.

Selon les syndicats, des mesures illégales et anti-pédagogique de contournement sont en train d’être utilisées pour un sabotage ministériel de l’examen national de certification dans certains sites. Pour ce faire, la coordination invite les encadreurs de terrain au strict respect des textes.

Des travailleurs sans statut

Valentin Zongo, secrétaire général du SYNTSHA, estime que cette revendication est minimale car l’objectif porte sur la prise en compte de l’ENSP dans la loi 57 portant statut de la fonction publique hospitalière.

« Les travailleurs de l’ENSP sont pris dans un système de ballotage, dans un vide juridique où on ne sait pas ce qu’ils sont. On n’a pas de statut », a laissé entendre le Secrétaire général du SYNTSHA. De son avis, Il y’a un gros problème de gouvernance de l’institution.

« En termes de recette propres, l’institution fait près d’un milliard de recettes par an. Mais allez-y,  les élèves suivent les cours  par la fenêtre.

Et lorsqu’on voulait faire les travaux pratique durant toute l’année scolaire 2019- 2020, aucune école n’a reçu la moindre compresse pour organiser les travaux pratiques.

Nous étions obligés de dire aux élèves d’envoyer des pagnes pour qu’on les déchire en morceaux afin de les simuler en compresse pour leur apprentissage », explique M. Zongo. Il ajoute que cette revendication permettra de résoudre la question de statut.

Valentin Zongo pense que si la réforme vise l’amélioration de la qualité des soins et à la valorisation de la fonction soignante alors l’institution pourvoyeuse de ressources humaines ne peut pas être en marge de cette loi.

L’ENSP a été créée en 1977 et érigée en Etablissement public de l’Etat à caractère Administratif (EPA) en 1990.Sa mission est d’assurer les formations de base, post-base et continue de qualité du personnel de santé en vue de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population. Elle compte présentement 342 agents dont 253 fonctionnaires, 89 contractuels et plus de 8000 élèves et étudiants. Elle comprend 30 filières toutes spécialités confondues.

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