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Afrique francophone : coups d’État, la révolution qui conteste l’hégémonie française

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Lentement mais surement, l’Afrique francophone renoue avec les coups d’État. En  trois ans, il y a eu six putschs dont la plupart ont été opérés sur fond de contestation de la France. Est-ce une nouvelle révolution qui sonne la fin de l’hégémonie de la « Mère  Patrie » dans ses ex colonies ?  ou est-ce un feu de paille qui sera vite circonscrit dans le temps?

Par Fred Ido

L’Afrique francophone et le monde entier se sont réveillés ce mercredi matin avec la nouvelle du coup d’État au Gabon. C’est dans la confusion de la proclamation des résultats du scrutin présidentiel que Ali Bongo Ondimba a été renversé par le chef de sa garde rapprochée, le général Brice Clotaire Oligui.

C’est le 6è coup d’État enregistré en Afrique francophone dans l’intervalle de trois ans. En attendant que les nouveaux putschistes donnent une orientation idéologique à leurs actions, on peut déjà affirmer que c’est la saison des coups d’État sur le continent. Du moins, en Afrique  noire francophone.

Après le Mali qui a ouvert le bal en 2020 suivi de la Guinée Conakry en 2021 et du Burkina Faso, un an plus tard, c’est-à-dire, en 2022,  les militaires s’accaparent du Pouvoir d’État  comme au temps jadis.

Le Niger ne sera pas du reste. En juillet 2023, le général Tiani, chef de la garde présidentielle renverse celui (Mohamed Bazoum) dont il est chargé d’assurer la sécurité.

Et comme par contagion, depuis ce matin du 30 août 2023, les militaires ont dicté leur loi au Gabon. Ali Bongo Ondimba n’est plus président. Il est placé en résidence surveillé. Le nouvel homme fort s’appelle le général Brice Clotaire Oligui.

Mais entre temps en 2021, le Tchad a connu son coup d’État. Déby fils a succédé à son feu père Idriss Déby Itno en violation fragrante de la Constitution. La France n’a ni condamné, ni appelé au retour de l’ordre constitutionnel. Mahamat Idriss Déby gouverne sans la moindre réprobation de la Communauté internationale.

Ce qui est loin d’être  le cas des autres transitions militaires telles que le Mali, le Burkina, le Niger pour ne citer que celles-là.

A quoi riment ces coups d’État ?

Hormis le cas de la République du Gabon dont il est difficile pour le moment de prévoir l’orientation politique, la plupart des putschs intervenus ces dernières années l’ont été sur fond de contestation de la France avec en prime le soutien des populations.

Pendant que  la communauté internationale et les instances de régulation africaines condamnent et appellent au rétablissement de l’ordre constitutionnel, les populations, quant à elles, apportent leurs soutiens  aux nouvelles autorités militaires.

Un paradoxe qui explique le déphasage entre l’institutionnel et la masse populaire. Qui des deux peut octroyer la légitimité ?

Loin de cette interrogation, l’observateur le plus attentif de la scène politique se  pose des questions: Est-ce une révolution du peuple et pour le peuple?

Est-ce un éveil des peuples africains contre ce que beaucoup qualifient de relations paternalistes de la France en Afrique ? ou bien, est-ce un feu de paille aux ambitions précaires de la junte militaire ?

De toutes les façons,  avec ces nouvelles transitions militaires, excepté le Tchad, la France n’a plus pignon sur rue dans ces pays. Au Burkina Faso, par exemple, le président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré a dénoncé les accords  de défense liant son pays à la France.

Les militaires français en stationnement  ont quitté le pays, l’ambassadeur de la France en poste, Luc Halladé, pour avoir tenu des propos jugés peu courtois par les militaires au pouvoir, a été poussé à la sortie en janvier 2023.

La suite des événements a été moins bonne pour les relations entre les deux pays. La France a suspendu son aide au développement et de l’appui budgétaire, les visas suspendus jusqu’à nouvel ordre. Bref, La France et le Burkina se regardent désormais en chien de faïence.

La Mali voisin a insisté et obtenu sur le départ des troupes françaises en 2022. Et tout récemment avec le Niger, la France est encore remise en cause. Son ambassadeur Sylvain Itté a été déclaré persona no grata sommé de quitter le pays sous 48 heures.

Mais à la date de l’expiration de l’ultimatum le lundi 28 août, le diplomate est toujours en poste. Quelle sera la suite à donner à cette affaire ?

Avec la Guinée Conakry, ce n’est pas non plus la lune de miel entre la France métropolitaine et le pays de Sékou Touré, qui déjà à la veille des indépendances, refusait à qui de droit: « la dépendance dans l’indépendance»

Tout compte fait, depuis les indépendances des années 60, la France n’a jamais été aussi contestée par autant de pays africains.

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