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Baisse des prix des hydrocarbures :  « le gouvernement a promis de nous revenir dans un bref délais», (Adama Bayala du RENCOF)

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Le Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF) a participé le lundi 29 août 2022,à une rencontre des structures des consommateurs avec le gouvernement, dans le but de dénoncer la hausse du prix des hydrocarbures. Par la voix de son président, Adama Bayala, le réseau exige du gouvernement la réduction du prix du litre des hydrocarbures à 75 fcfa. Contactez par Libreinfo.net M. Bayala donne les raisons de leur démarche.

Propos recueillis par Raïnatou Maïga, stagiaire

Libreinfo.net (Li) : Vous demandez une baisse du prix des hydrocarbures de 75 F CFA. Quelles sont les raisons d’une telle sollicitation ?

Adama Bayala (A.B.): Les prix à la pompe nous étranglent, étouffent la consommation, plombent les investissements et retardent le développement économique et social. 

C’est la raison pour laquelle, nous associations de défense des intérêts des consommateurs, rassemblées pour la première fois pour une cause aussi noble, avons formulé cette requête sur la foi des calculs estimatifs de nos conseils.

A la date de la dernière augmentation, le prix du baril sur le marché international était fixé à 92 dollars. Il y avait une baisse de 21 dollars. 

Je dois dire que la précédente augmentation de l’ordre de 16 et 18% a entraîné une augmentation de l’ordre moyen de 40 % sur les produits de grande consommation.

Impossible de payer les fournitures scolaires en cette veille de rentrée scolaire : il faut 500 F CFA pour une ardoise, 150 F CFA pour un stylo à bille, 100 F CFA pour un crayon et 800 F CFA pour le cahier de 200 pages ; impossible de se documenter pour candidater aux concours directs de la fonction publique, il faut au bas mot 3000 contre 1500 F CFA avant ; impossible de payer le poisson, qui passe de 1000 à 1200 FCFA, le kilogramme ; impossible de payer le litre d’huile, vendu à 1750 F CFA au lieu de 1000 F CFA ; impossible de payer la bouillie, qui passe de 25 à 50 F CFA au moins ; impossible de payer le sac de maïs, vendu à 36 000 F CFA au lieu de 25 000 F CFA. 

La nouvelle augmentation des prix des hydrocarbures annonce une nouvelle inflation, dans un pays comme le nôtre, matraqué par la crise sécuritaire, l’insécurité alimentaire et le chômage en pleine expansion, avec la fermeture de sites miniers et des sociétés modestes.

Vous verrez, les jours à venir, une nouvelle augmentation des prix des transports, des fruits et légumes, des céréales, des tubercules, bref des produits de grande consommation. 

En réalité, nous avons affaire à une population, sans réel pouvoir d’achat, qui vit sous une inflation de 18%, trois fois supérieure à la moyenne de l’espace économique de l’UEMOA.

Cette population consacre plus de 100% de ses revenus à l’alimentation. On ne peut plus se soigner, se former, s’habiller, se loger. On ne peut plus vivre. Nous formulons cette demande pour ne pas mourir.

 

Libreinfo.net : Le gouvernement justifie l’augmentation du prix des hydrocarbures par plusieurs raisons notamment l’augmentation du baril d’essence et du coût du dollar. Le Ministre du commerce Abdoulaye Tall aurait affirmé que le Burkina Faso est le pays de la sous-région où le carburant coûte le moins cher. Alors ne pensez-vous pas que l’Etat est dans son droit d’augmenter le prix des hydrocarbures ?

Adama Bayala : En Côte d’Ivoire et au Niger, les hydrocarbures coûtent relativement moins chers qu’au Burkina Faso. N’oublions pas que les pays voisins ont pris des mesures sociales, avec des augmentations en prime, pour atténuer les souffrances et les misères de leurs peuples.

Ici, je n’ai pas vu de mesures significatives du genre ; je n’ai pas vu de grandes opérations de contrôle des prix, je n’ai pas vu des sanctions punitives exemplaires appliquées à des contrevenants aux lois qui régissent le commerce dans notre pays.

Cela étant dit, je voudrais dire, sur la foi de nos errements antérieurs, il a plu aux dirigeants de créer le système de péréquation, un mécanisme qui devait permettre à l’Etat de contrôler l’évolution des prix des hydrocarbures, en cas des envolées des prix du baril du pétrole sur le marché international.

Tenez-vous bien que lorsque le gouvernement burkinabè procédait à une augmentation de 75 FCFA sur les prix des hydrocarbures en novembre 2018, le baril se monnayait à 69 dollars. Peu après, en 2019, il était vendu à 64 dollars et en 2020, 41 dollars. 

En principe, les économies, réalisées sur ces périodes, devraient permettre de contenir la nouvelle augmentation à la pompe. Quand vous posez la question, on vous dit que ces économies ont permis de mettre les compteurs à zéro. Insultant et frustrant. Vivement, la publication des résultats de l’audit de la SONABHY.

Aujourd’hui, on apprend que l’Etat doit plus de 399 milliards de francs CFA à la SONABHY, au titre des subventions. Faut-il y inclure les dettes des sociétés d’Etat ? Quand on sait qu’en 2015, la SONABEL devait 39 milliards de F CFA à la SONABHY, alors que les consommateurs avaient régulièrement payé leurs factures, frappées par des taxes ?

Je rappelle que le contribuable paie déjà le prix fort, avec une taxe de 352 FCFA sur chaque litre d’essence. Le contribuable   ne peut pas continuer à saigner pour combler les fautes de gestion des responsables de la SONABHY et les insuffisances des choix stratégiques opérés par l’Etat. 

Il y a longtemps que ça dure. A ce jeu, le fruit du labeur du pauvre contribuable sert à garnir la table des dirigeants. Or le droit de l’Etat, c’est de mettre en place un système juste de redistribution des richesses pour garantir le bonheur de la population à sa charge.

Libreinfo.net : Quelles actions comptez-vous mener pour que le gouvernement accepte votre requête ?

Adama Bayala : Nous comptons poursuivre le plaidoyer avec les autorités que nous avons déjà mis face à leurs responsabilités. Nous attendons avec impatience un retour.

En attendant, je dois dire que la conférence des présidents des associations des consommateurs poursuit les discussions pour adopter un calendrier consensuel dynamique. Sur la table, une action en justice et des concerts de casseroles.

Pour notre part, nous veillons, au niveau du Réseau National des Consommateurs du Faso (RENCOF). Loin de douter de la disponibilité d’esprit de qui que ce soit, je dois dire que nous ne nous laisserons point endormir.

Libreinfo.net : Au cas où le gouvernement ne donne pas une suite favorable à votre doléance, quelles actions comptez-vous entreprendre ?

Adama Bayala: Nous nous préparons ; nous explorerons toutes les actions autorisées par les dispositions réglementaires. Nous aviserons. Je dois dire que j’ai amplement confiance en nos autorités, enseignées et renseignées par le spectacle des mutations de notre monde contemporain.

Elles ne prendront pas le risque de dresser les consommateurs contre elles, précipitant le pays dans les fournaises des émeutes de la faim, des révoltes et autres manifestations incontrôlées.

Libreinfo.net : Vous devriez rencontrer le ministre du Commerce avant-hier. Est-ce que la rencontre a eu lieu ? Si oui, qu’est-ce qui ressort de cet entretien ?

Adama Bayala : Il y avait à la table de négociation les ministres du Commerce, de l’Economie et des Finances, de la Solidarité Nationale et le président du comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures.

Nous avions alors sollicité une baisse de 75 F CFA. A la suite des discussions toutes en tenue et en retenue, le gouvernement a promis de nous revenir dans un délai bref.

Lire aussi: Burkina Faso : des défenseurs des droits des consommateurs vent debout contre l’augmentation du prix du carburant 

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