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Bobo-Dioulasso: après les échauffourées, un étudiant blessé à l’abdomen attend une meilleure prise en charge

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Bobo-Dioulasso étudiant
Image d'illustration

Des heurts entre étudiants de l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso (UNB) et les forces de l’ordre ont eu lieu les 13 et 14 janvier 2022. Ces affrontements avaient occasionné des blessés chez les étudiants. Plus de deux semaines après ce passage musclé de la Police, la vie a repris son cours normal à l’université et dans les cités. Cependant, un étudiant blessé par balle à l’abdomen, attend toujours une meilleure prise en charge.

Par  Abdoul-Aziz Sanou, Correspondant Houet

Plus de deux semaines après le jeudi noir à l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso, les activités académiques ont repris. C’est pareil pour le quotidien des étudiants résidents dans les cités universitaires. Le calme est revenu et chacun vaque à ses occupations, a pu constater notre correspondant le 1er février 2022.

Quand nous y étions également le 29 janvier, les activités académiques avaient été suspendues suite à une note du ministère. Mais dans les cités universitaires, la vie se poursuivait normalement. Stanislas Tarnagda, étudiant en communication d’entreprise à l’institut universitaire de technologie (IUT) de l’UNB, affirme être ravi de la situation car dit-il, « nous avons pu nous faire entendre et pour moi, c’était l’essentiel. J’ai espoir que les choses évolueront d’ici là. Pour le moment, les cours se poursuivent tranquillement ».

Felix Taogho, lui, est étudiant en Histoire et archéologie à l’UNB. Il n’est pas satisfait et ne le cache pas. Il est plus pour la satisfaction des besoins existentiels des étudiants. « Le ministre [ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Alkassoum Maïga] nous a écouté et nous a fait des promesses. Pour le moment, rien n’est vraiment fait. Moi, je veux que l’aide (FONER) passe à 100 000F CFA le trimestre. Il n’y a que ça, qui peut me ravir en plus de la prise en charge des blessés. », laisse-t-il entendre.

Certains blessés ont recouvré la santé

Suite à la violence exercée par les forces de l’ordre sur les étudiants, une dizaine d’étudiants avaient été blessés et conduits au Centre Hospitalier Universitaire Souro Sanou de Bobo-Dioulasso. « Parmi eux, 06 ont été gravement touchés. Un a reçu une balle à l’abdomen, un autre, a eu la cuisse transpercée par une balle. La plupart des blessés ont été libérés à la date du 29 janvier 2022. Mais, l’étudiant qui a été blessé à l’abdomen était toujours en soin. », explique Souleymane Porgo, Secrétaire général de l’Association Nationale des Etudiants du Burkina Faso, section de Bobo-Dioulasso.

Pourparlers avec l’ex-ministre de l’enseignement supérieur

Le ministre en charge de l’enseignement supérieur, le Pr Alkassoum Maïga, du gouvernement déchu de l’ex-Président Roch Kaboré, avait rencontré le 15 janvier 2022, la coalition des étudiants à Bobo Dioulasso.

A cette entrevue, les étudiants lui ont émis des doléances. Il leur avait fait la promesse de les prendre en compte. Cependant, l’ancien ministre s’était abstenu de se prononcer sur les questions relatives à la fin des exclusions massives dans les universités et l’augmentation du Fonds national d’études et de recherche (FONER).

Pour ce qui est de la prise en charge des étudiants blessés, le Secrétaire Général de l’ANEB/Bobo, Souleymane Porgo, indique que c’est le ministère qui a assuré la prise en charge des blessés comme promis.

Il déplore que deux semaines après la rencontre avec le ministre de l’enseignement supérieur, tout soit resté en l’état. C’est le statu quo, dit-il. Aucune promesse n’est activée. L’étudiant touché à l’abdomen ploie toujours à l’hôpital en attendant une meilleure prise en charge. Il plaide pour que les nouvelles autorités du pays ne relèguent pas aux oubliettes, leurs préoccupations.

Rappel des faits par des étudiants

Des étudiants de l’UNB ont fait face à un groupe de forces de l’ordre, notamment la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) le jeudi 13 janvier 2022 dans la cour de l’Institut National des Sciences de la Santé (INSSA).

Présents sur le site pour l’Assemblée Générale de la coalition estudiantine qui a vu le jour le 16 décembre 2021, les étudiants ont étonnement constaté la présence des forces de l’ordre à leur lieu de rencontre, sous la directive du président de l’UNB.

En pleine animation en attendant la mobilisation de ses camarades, un membre du bureau de l’Association Nationale des Etudiants du Burkina Faso, section de Bobo Dioulasso (ANEB) a été interpellé par les forces de l’ordre.

N’approuvant pas la présence et l’interférassions de la police dans leur rassemblement, les étudiants se sont indignés. S’en est suivi l’utilisation de gaz lacrymogène et de balles blanches par les forces de l’ordre. Des blessés sont enregistrés chez les étudiants, expliquent des étudiants.

Selon Souleymane Porgo, Secrétaire Général de l’ANEB/Bobo, le président de l’Université de Bobo-Dioulasso a fait appel à la Police pour empêcher la tenue de leur réunion parce qu’il estime que la coalition n’est pas reconnue. « Le président n’a pas approuvé la ténue de l’AG parce qu’il dit ne pas reconnaitre la coalition, or la coalition est composée de structure et associations reconnus par la présidence tels l’ANEB et le Bureau Générale des Délégués de promotions. ».  Il explique que la rencontre avait pour but d’adopter la « plateforme minimale d’action » de la coalition.

Un policier en civil parmi les étudiants

Sous tension, les étudiants s’étaient mobilisés dans la matinée du 14 janvier 2022 à l’INSSA pour dénoncer la « répression » subie sous l’autorisation de la présidence de l’UNB.

Déguisé en civil, un policier a été repéré parmi les étudiants, qui l’ont roué de coups avant de le conduire à l’infirmerie de la cité universitaire. Une fois à l’infirmerie, des pickups des forces de l’ordre ont débarqué dans la cour de la cité, tirant dans tous les sens et des et des jets de gaz lacrymogènes. Cette répression avait fait des blessés dans les rangs des étudiants.

Le sac du policier infiltré remis au MBDHP

Le policier repéré dans la manifestation avait été dépouillé de son sac dans la foulée. Sac dans lequel se trouvaient son arme, et quelques documents. Le Secrétaire général de l’ANEB de l’UNB dément la disparition ou le vol du sac comme l’avait fait croire le Pr Alkassoum Maïga, l’ex-ministre en charge de l’Enseignement supérieur, porte-parole du gouvernement d’alors.

Il affirme que le sac a été remis le même jour au siège du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des peuples (M.B.D.H.P.) par l’étudiant qui le détenait pour des mesures de sécurité.

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