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[Interview]Football: «Je ne suis pas pour un coup d’État dans le football parce que cela n’arrange personne», Boureima Maïga

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Boureima Maïga
Boureima Maïga,ancien international burkinabè, dirigeant de club Salitas FC Photo capture d'écran 3TV

La fédération burkinabè de football (FBF) connait « des difficultés » depuis quelques temps. Comment résoudre ces problèmes de management? comment expliquer les disputes entre certains joueurs et le Team Manager? quel doit -être le profil du futur entraineur? autant de questions que Libreinfo.net a posé à Boureima Maiga, ancien international Burkinabè , dirigeant de club (Salitas Fc) et Manager de plusieurs internationaux burkinabè. Il donne des explications également sur la mauvaise performance de Salitas FC en D1.

Propos recueillis par Rama Diallo

Libreinfo.net : Comment voyez-vous la crise au sein de la Fédération burkinabè de football?

Boureima Maïga: Je ne vois pas de crise au sein de la fédération. Je pense que ce sont des problèmes personnels entre des anciens amis. Parce que quand on parle de crise c’est qu’ en réalité le championnat ne joue pas, quand l’équipe nationale ne joue pas ou bien quand le bureau ne fonctionne pas là il y a une crise. Mais ce que nous voyons à l’heure-là, ce sont des problèmes entre des personnes.

Il faut que les gens osent le dire. Nous sommes des formateurs, des compétiteurs, nous ne voulons pas voir de problème au sein du football. Le président a été élu démocratiquement.

Avant on faisait la liste avec les noms des membres du bureau. Maintenant cela a changé, le président est élu seul après il forme son bureau. Le problème c’est entre les anciens sortant et le nouveau président qui affecte le football.

Libreinfo.net: A vous entendre, on a l’impression que le président a des soucis avec ses anciens amis.

Boureima Maïga: Oui je pense et c’est un fait. Nous n’avons pas voté le président. Nous avons choisi Amado Traoré comme notre candidat. Mais aujourd’hui nous nous sommes ralliés.

Nous sommes restés pour l’accompagner. Nous les acteurs du football nous n’avons aucun problème. Nous jouons les championnats. Si on a un président qui est élu démocratiquement on a obligation de le soutenir jusqu’à la fin de son mandat.

Il faut attendre la fin de son mandat pour le juger. Si vous voyez ce qu’il a fait en un an et demi c’est bien. Le Burkina Faso a été qualifié pour la can et à jouer la demi finale, les juniors se sont qualifiés jusqu’à en quart de finale. Aussi pour le football féminin pour la première fois dans l’histoire est qualifiée. Et le championnat se déroule.

Avant de commencer le second tour du championnat, il n’y avait pas de ministre, le président a trouvé les fonds pour commencer. Il y a des choses à féliciter. Il y a aussi des choses à améliorer. Mais il ne faut pas faire la guerre inutilement.

Libreinfo.net : Est-ce que cette situation était prévisible ?

Boureima Maïga:  Moi je peux dire oui. On a senti qu’il allait avoir des problèmes lorsqu’ on a vu que le courant ne passait plus entre celui qui a aidé Bansse à être président et Bansse lui-même.

Il y a même eu des convocations à la justice. Donc il y a les faits. Depuis lors on s’est dit qu’il y a un problème. On se disait qu’ils allaient trouver un terrain d’entente et régler le problème mais quand on a vu que le leader ne fait rien pour régler le problème alors pour nous c’est inquiétant.

Des gens ont tenté de déséquilibrer le président que ce soit avant la can, après la can. Maintenant chaque jour a son problème. C’est sortir dans les journaux que la FIFA a bloqué le compte de la fédération ce n’est pas vrai c’est un fake news.

Je pense que chacun a sa part de responsabilité. J’appelle tout le monde à l’union pour accompagner le président. Sinon on ne pourra pas le juger à la fin de son mandat. Actuellement il n’arrive pas à travailler à cause de tout ce qui se passe. J’aimerais qu’on le laisse travailler.

Au moment de la compagne, ils ont dit que c’est un grand manager donc, il faut le laisser montrer qu’il est un grand manager. Je ne suis pas pour un coup d’État dans le football parce que cela n’arrange personne. Si on arrête de jouer aujourd’hui c’est le Burkina qui perd économiquement. Les gens ne le savent peut-être pas mais les joueurs comme les anciens joueurs apportent beaucoup au pays.

Libreinfo.net: Qu’est-ce qu’il faut faire pour résoudre ce problème selon vous?

Boureima Maïga: Je pense qu’il faut organiser une assemblée générale. Il ne peut pas y avoir deux capitaines dans un bateau. Il faut un patron qui dirige et les autres le suivent. Si ce n’est pas le cas, seule une assemblée générale peut départager les gens selon le règlement de la FIFA.

Et cela permettra aussi de changer les règlements. Nous avions dit lors de la campagne que ces règlements vont créer des problèmes. Il y a beaucoup qui sont dans le bureau qui ne sont pas des acteurs de football.

Je pense qu’il faut mettre les dirigeants des clubs dans le bureau pour éviter ce genre de problème. Je pense que la meilleure solution actuellement c’est l’organisation d’une assemblée générale et la formation d’un nouveau bureau avec les acteurs du football.

Je m’attendais à voir les leaders du football burkinabè demander l’apaisement mais hélas. Aujourd’hui c’est un problème d’intérêt qui affecte le football. Il faut des textes qui ne permettent pas au président de choisir les membres de son bureau. Le football est comme une association et il faut que ça continue comme cela. Et vous allez voir qu’il n’y aura plus de problème.

Libreinfo.net : Il se dit qu’il y a certains joueurs qui viennent en retard à la sélection nationale. Avez-vous entendu parler de cela?

Boureima Maïga : j’ai parlé de ça plusieurs fois. Et cela a failli me créer des problèmes. Je ne veux pas revenir sur ça parce que l’affaire est toujours en justice. L’affaire est très très sérieuse, il y a des journalistes qui ont évoqué ça plusieurs fois.

Il y a des joueurs qui ne respectent pas les règles de l’équipe nationale. Alors que dans leurs clubs ils respectent les règles. Et même lors du dernier match des étalons il y a eu ce même problème de retard des journaux en ont parlé. Ce qui est dommage c’est qu’il n’y a pas de sanctions. Et on a vu des joueurs qui disent qu’ils ne veulent plus de leur team manager.  Ce qui n’est pas le travail d’un joueur. C’est le travail de la fédération. Le travail d’un joueur c’est de venir à l’heure, c’est de donner l’exemple et de jouer pour son pays.

Libreinfo.net: Qu’est ce qui peut être à l’origine de cela?

Boureima Maïga : C’est le non-respect seulement. Et certains veulent faire la fête. Moi j’ai beaucoup de respect pour des joueurs comme Sadio Mané, Aristide Bancé j’ai été son dirigeant. Je le connais très bien, même un seul jour il n’est pas venu en retard.

Il respecte tout ce qu’on lui dit de faire. Aussi, ces joueurs savent qu’il n’y a personne en sélection pour prendre leur place. S’ils savent qu’ils seront renvoyés, ils n’oseraient pas venir en retard. Les joueurs doivent respecter le règlement quelque soit l’entraîneur.

Il y a des choses qu’on doit oser dénoncer pour que les gens changent. Tout le monde ensemble pour la discipline des étalons. Désormais, tout joueur qui vient en retard doit être écarté quelque soit son statut pour donner l’exemple à tous les autres.

Libreinfo.net: De façon générale, comment avez-vous apprécié le comportement des joueurs ainsi que celui du staff technique à la Can?

Boureima Maïga : 50% des comportements ont été bons. Mais avec la sortie de Aristide Bancé on a appris beaucoup de choses qui nous ont quand même déçu. Avant même la sortie de Bancé, des journaux avaient parlé des comportements que des gens ont eu au Cameroun.

Il y a même eu des problèmes de vestiaire et ce n’était pas normal. Ce qui s’est passé au Cameroun n’est pas honorable pour un pays. La première faute vient de l’encadrement qui n’a pas pu sanctionner ce genre de comportement bien avant la can.

La seule sanction qu’on a vu dans la sélection s’était contre Hassane Bandé. Il a été sanctionné pour une indiscipline qui n’a été expliquée. Après ça, il y a eu beaucoup d’actes d’indiscipline mais qui n’ont pas été sanctionnés. A un moment donné le chef de sécurité doit sortir pour dire ce qui se passe pour que les gens arrêtent.

Ce n’est pas pour gâter le nom des joueurs mais c’est pour donner l’exemple à la nouvelle génération. C’est vrai que la fédération est comme le papa, elle doit protéger les joueurs mais à moment donné il faut parler pour que les gens changent.

Cependant sur le terrain ils se sont battus. Ils ont bien joué. Il y avait des choses à corriger mais je pense que ce n’est pas trop grave.

La fédération doit prendre des dispositions pour permettre aux joueurs de prendre leurs visas dans les pays où ils jouent. On peut donner le visa pour un ou deux ans à chaque joueur.

Libreinfo.net: Quelle appréciation faites-vous de la non reconduction de Kamou Malo?

Boureima Maïga : Pour moi le résultat de Malo n’est pas mal. Mais il ne faut pas juger la fédération. Il y a des choses dont la fédération ne va pas sortir pour dire.

Je pense que Kamou Malo c’est une partie remise. Il a appris des choses à la can. Il y a eu des erreurs. Tout le monde fait des erreurs et ses erreurs peuvent être pardonnées. Je pense qu’on ne l’a pas renvoyé.

Il y a eu un appel d’offres. C’est la première fois que je vois ça au Burkina. Il peut postuler. Il est favori. Je ne sais s’il a postulé ou pas. La fédération veut une nouvelle dynamique pour que prochainement on puisse faire les appels d’offres pour que les gens viennent avec la motivation. L’entraîneur aussi doit montrer qu’il a envie de continuer en postulant. Je pense que s’il a postulé il est favori.

Libreinfo.net: La fédération est à la recherche d’un nouvel entraîneur. Selon vous quel doit être le profil de cet entraîneur?

Boureima Maïga : J’ai amené un entraîneur qui a joué la finale. J’ai amené Paul Put et il a joué la finale. C’était mon ancien entraîneur que j’avais proposé. Je peux dire que je suis bien placé quand même pour donner mon avis. Aujourd’hui on a besoin d’un entraîneur qui a du caractère qui peut diriger cette équipe nationale.

Si on n’arrive pas à régler ce problème de retard et de discipline, ça sera compliqué. Il faut quelqu’un qui va avoir le courage de dire à un joueur que je ne te mets pas et donner les raisons. Le profil, on doit le chercher un peu partout dans le monde.

L’entraîneur n’a pas de nationalité. N’importe quel entraîneur qui répond aux critères de notre football et qui a la capacité de gérer l’équipe nationale doit être appelé. Parce qu’il n’y a pas de vedettes, tout le monde doit être au même niveau. S’il y a quelqu’un qui se met au-dessus alors ça ne marchera pas.

On doit être intègre. Je pense que la fédération va choisir la bonne personne pour l’équipe. Il faut un sélectionneur qui fait seul sa sélection sans qu’il ne soit influencé, qui est capable de mettre un joueur dehors quand il déconne.

J’ai appris qu’il y a 64 candidats, je pense que la fédération fera le bon choix. La fédération même doit s’organiser aussi. Le problème de visa des joueurs ne doit plus se poser.

Libreinfo.net: Pensez-vous que les étalons pourront se qualifier pour la can de 2023?

Boureima Maïga : Je pense qu’ils ont une obligation de se qualifier. Nous sommes parmi les quatre  meilleures équipes d’Afrique. Nous sommes parmi le top 10 du classement FIFA. Nous avons les joueurs qu’il faut. Je pense que nous sommes bien. Mais il ne faut pas sous-estimer une équipe.

Les étalons sont conscients qu’ils doivent écrire leur histoire. La seule chose qu’il leur reste c’est ramener la coupe. L’entraîneur qui vient à l’obligation de les qualifier à la can et à la coupe du monde. Il n’y a pas de raisons pour que les étalons ne soient pas en Côte d’ivoire en 2023.

Si les étalons ne se qualifient pas ça sera un échec pour tout le staff. Il y a Edmond Tapsoba qui a dit lors d’une interview qu’ils ont l’obligation de se qualifier donc je pense qu’ils sont conscients. Je pense maintenant qu’il faut mettre la barre haute pour que les étalons partent jouer la finale et nous ramène la coupe.

Libreinfo.net: La fédération serait en voie de changer d’équipementier notamment Tovio. Que pensez-vous de cette situation?

Boureima Maïga : J’en ai entendu parler. J’ai vu des critiques négatives et positives. Il faut que les gens comprennent que le football doit progresser dans tous les domaines. Lorsqu’on a des joueurs de qualité, il faut chercher du matériel de qualité. Je ne dis pas que Tovio n’est pas la qualité.

Les gens se basent sur le fait que c’est un équipementier burkinabè, Tovio est fabriqué à l’extérieur comme puma. Si c’est un équipement burkinabè qu’on veut il faut qu’on change aussi parce qu’il y a plusieurs marques burkinabè. Il ne Faudrait pas qu’on se focalise sur un seul équipementier pour dire qu’on va rester toujours avec la maison.

Si c’est le cas, c’est que c’est du business sinon on doit permettre aux autres maisons d’avoir aussi le marché. Je pense que la fédération a fini son contrat avec Tovio. Elle doit chercher la meilleure offre qui l’arrange. Si la fédération n’a pas reconduit avec Tovio je pense qu’elle a ses motifs.

Peut être que la fédération a trouvé un équipementier plus moins cher et aussi avec de la qualité. L’avis des joueurs compte également. Je ne dis pas que les joueurs ne veulent plus de Tovio.

Il faut que les gens comprennent que la fédération ne peut pas toujours sortir pour dire ce qui se passe. Dans le football, il ne faut pas être raciste. Il faut être ouvert dans tous les domaines. Il faut regarder ce qui est bon pour l’équipe. Il ne faudrait pas que les gens fassent une polémique autour de ça.

Ce sont les affaires si Tovio arrive à s’entendre avec la fédération, elle va reconduire le contrat dans le cas contraire la fédération ira chercher ailleurs. En 2013 on a joué avec puma, après c’était avec Kappa.

Ce n’est pas obligé qu’on joue avec un équipementier burkinabè. Si c’est un équipementier burkinabè aussi il y en a plusieurs, il y a Cash sport et autres. Il y a au moins une cinquantaine de marques burkinabè. Et chacun veut aussi avoir le marché. La fédération cherche seulement la meilleure offre.

Librinfo.net: Comment avez- vous apprécié la crise entre Aristide Bancé et le groupe de Bertrand Traoré?

Boureima Maïga : Très mal parce que ce poste est réservé pour eux même qui jouent aujourd’hui. J’ai eu la chance d’être team manager. Ce rôle est très délicat. Tu es combattu par les joueurs à cause du problème de la discipline. C’est le seul problème, le team manager gêne quand il veut discipliné les joueurs.

Ils n’aiment pas ça du tout. Bancé a joué avec certains d’entre eux donc il n’y a pas de problème entre eux. Bancé a dit que venir à la sélection ce n’est pas aller en vacances. Ce qui veut dire qu’il a beaucoup de choses à dire. C’est dangereux que dans une équipe de foot un groupe se lève pour dire qu’il ne veut pas travailler avec son team manager.

Si c’était tous les joueurs on pouvait comprendre. Et même ça, il faut passer par l’entraîneur. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils ont perturbé le travail de l’entraîneur, c’est ce qui me fait mal. J’ai eu ce problème lorsque j’étais team manager.

Certains ont tout fait jusqu’à ce que j’ai été renvoyé. N’importe qui, qui va venir et qui va vouloir instaurer la discipline aura les mêmes problèmes. Même ceux qui disent qu’ils ne veulent plus de Bancé, s’ils prennent sa place demain ils auront le même problème.

Imaginons qu’un autre groupe s’élève pour dire qu’il ne veut pas Bertrand comme capitaine cela ne va pas créer un autre scandale? Evitons de décider à la place de la fédération.

Libreinfo.net: Vous êtes un manager qui a plusieurs joueurs à l’international. On apprend que Edmond Tapsoba est pisté dans d’autres championnats en Europe est-ce vrai ?

Boureima Maïga :  Effectivement je suis le manager de Edmond Tapsoba et d’autres joueurs comme Hassane Bandé et Abou Ouattara. J’ai estimé qu’ils sont arrivés à certains niveaux. Donc j’ai fait une collaboration avec d’autres personnes qui pouvaient les amener au sommet.

Aujourd’hui je ne regrette pas parce que Edmond fait partie aujourd’hui des meilleurs joueurs de l’Afrique et du monde. C’est une fierté pour moi. Edmond Tapsoba est sollicité par plusieurs clubs dont l’Atletico de Madrid.

Nous sommes en train de discuter. Je voyage ces jours-ci à cause de ça. Son club actuel le veut toujours. Le club veut créer une équipe autour de lui. Nous sommes toujours en discussion pour trouver un terrain d’entente pour qu’il puisse toujours progresser avec le club.

Il a fait une bonne Can et il joue dans un bon club qui ne veut pas vendre ses joueurs et qui a l’ambition de devenir un grand club. Notre objectif avec Edmond c’est d’arriver dans l’un des quatre grands clubs du monde. Et pour y arriver il faut travailler. Il travaille dur pour ça.

Libreinfo.net: avez- vous des nouvelles de vos autres joueurs ?

Boureima Maïga : oui chaque jour, chaque semaine j’encourage les joueurs. J’ai quatorze joueurs. Je leur donne des conseils. Je ne peux pas être avec tout le monde en même temps. Certains disent que je suis tout le temps avec Edmond.

Je leur explique et ils comprennent. J’essaie d’aller les encourager dans leurs clubs. A un moment, j’étais tout le temps avec Bandé. Ils sont confiés à des amis et partenaires de haut niveau qui travaillent avec moi.

Ils sont tous encadrés aujourd’hui. Je voyage maintenant seulement pour les intérêts et lorsqu’ils m’invitent dans leurs clubs. J’étais avec Joffrey, c’est une pépinière qui vient de partir. Je dois le suivre d’ici deux ans, il sera solide. Sinon j’ai des nouvelles de tous mes joueurs.

Libreinfo.net: votre club Salitas Fc est en difficulté au niveau du championnat. Comment expliquez-vous cette situation ?

Boureima Maïga : on est dernier du championnat. Il y a des moments de difficultés et quand ces moments arrivent les gens critiquent. Les étalons ont bien joué à la Can mais le match de classement a mis tout à zéro comme s’ils n’avaient pas bien joué.

Et peut être c’est ça qui a coûté les postes des encadreurs. L’erreur de Salitas FC c’est que nous avons beaucoup misé sur des joueurs qui n’ont pas donné satisfaction. Aussi, nous avons changé trop d’entraîneur c’est ce qui nous a coûté cher.

Je pense que si on arrive à se maintenir ce sont des leçons qu’on doit tirer. Le Faso foot n’est pas aussi facile que ça. Nous avons mis des jeunes qui ne connaissent pas le championnat et qui n’arrivent pas à s’adapter.

Nous avons également mis des anciens joueurs qui n’arrivent pas à s’adapter aussi. Sinon nous n’avons aucun d’autres problèmes. Nous sommes un club vendeur. On vient de vendre notre meilleur attaquant Bouassi. On a vendu Dramane Sanou et Joffrey. On a laissé partir Dylane. Le championnat n’est pas professionnel pour garder les enfants des gens ici.

Qui peut dire qu’il n’est pas fier de Edmond, de Bertrand, de Dayo, et de Hervé Koffi. Nous sommes fiers d’eux parce qu’ils vont venir investir au pays, économiquement cela nous aide. Lorsque vous jouez un championnat vous dépensez peut-être 150 millions pour être Champion.

Je vous jure qu’à la fin du championnat vous avez 12 millions 5 cent mille. C’est le business ou bien c’est la passion. Moi je ne suis pas dans les choses de passion sinon un jour on va fermer.

Beaucoup de clubs sont fermés à cause de ça. Si ce problème n’est pas réglé un jour, tout le monde va abandonner le football. J’ai la chance d’avoir beaucoup d’opportunités de vendre les joueurs.

Ceux qui n’ont pas la chance de vendre les joueurs vont faire comment. Il faut monter à 100 millions pour le premier, pour qu’il ne perd pas. Sinon à un moment donné tu donnes les primes de 30 mille et à la fin du championnat tu as dépensé 30 millions pour les primes. Pour le salaire tu mets 5 ou 6 millions.

A la fin du championnat on te donne 12 millions pour aller rivaliser avec les grands clubs comme TP Mazembé c’est impossible.

Libreinfo.net: Vous êtes prêt à descendre en deuxième division ?

Boureima Maïga : nous allons nous battre. Mais si nous descendons nous allons retravailler pour monter c’est tout. Je connais des grands clubs qui sont tombés et qui ont remonté. Cela va nous permettre de mieux nous organiser comme ce qu’on avait fait au début.

Rahimo FC était descendu mais aujourd’hui ils sont premier. Pour moi, on doit mettre l’accent sur la formation et le reste va venir. Pour l’avenir du football burkinabè il faut l’unité. Et que chacun mette de l’eau dans son vin. Il faut aider le président de la fédération à travailler.

A la fin de son mandat chacun pourra le juger. Aussi, que les problèmes du football ne soient pas renvoyés en justice. Les problèmes du football doivent être réglés à la fédération soit on crée un tribunal de sport pour juger, ou on envoie le problème à la CAF soit à la FIFA ou au niveau du TAS. Si on continue à aller tous les jours avec les dossiers au niveau du tribunal normal je pense qu’un jour on sera sanctionné par la CAF ou la FIFA c’est là qu’on va tous regretter.

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