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Burkina: Ouagadougou, des artisans au bord du gouffre

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Au Burkina, des artisans sont en difficulté en raison de l’insécurité. Ce qui explique la mévente des produits des acteurs de la filière. Constat.

Par André-Martin Bado

Au quartier Dapoya à l’arrondissement 2 de la ville de Ouagadougou au Burkina, il existe un marché des artisans appelé « Bagdad ». Ce lieu de commerce abrite de nombreux artisans qui vendent des sculptures, des tableaux, des bijoux traditionnels, des textiles faits de vêtements traditionnels et des objets en cuir.

A notre arrivée dans ce marché le jeudi 7 septembre 2023 vers 16 heures, nous constatons que l’ambiance est morose. Les artisans assis derrière leurs stands ont le regard plongé dans le vide. Les clients sont rares sinon quasi-inexistants.

« Ca ne va pas », soupire Émile Compaoré, un vendeur de sculptures en bronze. « On a plus de clients, les gens n’ont pas d’argent pour payer des objets d’art.» fait-il savoir.

Burkina insécurité
Émile Compaoré, un vendeur de sculptures en bronze

M. Compaoré explique, en effet, que cette mévente est due à l’insécurité. «Avant je pouvais vendre au moins 30 objets d’art par jour mais aujourd’hui avec l’insécurité, même 5 objets par semaine j’arrive plus à écouler» dit-il, déçu de la situation sécuritaire qui a un impact négatif sur son activité commerciale.

À côté de lui, Karim Nikiéma , vendeur des colliers traditionnels exprime son désarroi: «C’est difficile de joindre les deux bouts.»

Il ajoute : « Depuis la crise sécuritaire,on a plus de clients vu que nos clients viennent de l’extérieur , On a perdu plus de la moitié de notre chiffre d’affaires. C’est très difficile pour nous de subvenir aux besoins de nos familles.»

Burkina insécurité
Karim Nikima, vendeur de colliers traditionnels

Plus loin, Assami Kiemtoré, vendeur de la vannerie et des pagnes traditionnels, est assis sur un banc, portable à la main. Il a l’air soucieux, comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules. Cela témoigne de la morosité du marché. Lorsque nous l’abordons, il dit de façon brusque : « désolée, il n’ y a pas le marché, c’est compliqué de vendre.»

Il fait savoir que: « dès les premières attaques terroristes, nos ventes ont chuté amèrement car les touristes se font rares, ils ont peur de venir au Burkina.»

Quant à Assami Compaoré, vendeur de bijoux et sculptures en bois , il explique qu’en plus de la situation sécuritaire, il y a eu deux coups d’état qui ont rendu plus difficiles le travail des artisans.« Avant, on travaillait jour et nuit pour répondre à la demande, aujourd’hui, c’est plus possible.»

Il témoigne: « ça ne va pas , on ne sait pas comment on va faire pour s’en sortir. On a peur de devoir fermer nos boutiques parce qu’ on n’a pas où aller.»

«C’est dur , voici la rentrée qui est là, nos enfants doivent aller à l’école. Comment faire s’il n’ y a pas de marché.» se plaint- t-il.

Il informe que l’insécurité a également conduit à la fermeture de nombreux marchés artisanaux. « C’est dommage » regrette-t-il. « L’artisanat est une richesse pour notre pays. Mais il faut que les autorités prennent des mesures pour le protéger ».

Ces artisans espèrent que la situation se stabilise bientôt afin de pouvoir retrouver une activité normale. « Il appelle à la responsabilité de tous pour lutter contre l’insécurité » conclut-il en poussant un grand soupir.

www.libreinfo.net

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