Home A la une Burkina crise sécuritaire: La commune de Kaya connait une baisse de recette

Burkina crise sécuritaire: La commune de Kaya connait une baisse de recette

Burkina Kaya Insécurité
Le maire de Kaya, Boukary Ouédraogo: L'insécurité a joué sur l'économie de notre commune"

La crise sécuritaire qui frappe le Burkina Faso depuis 2015 n’est pas sans conséquences sur les budgets des communes qui accueillent Personnes déplacement internes (PDI). La commune de Kaya dans la province du Sanmentenga, région du Centre-nord, subit l’impact de cette crise sécuritaire.

Par Frank Pougbila

Depuis quelques années, la région du Centre-nord est en proie à des attaques terroristes. L’une des conséquences de cette insécurité est l’afflux de personnes déplacées internes à Kaya, le chef-lieu de la région et de la province du Sanmatenga. Kaya accueille ainsi près de 320 mille réfugiés selon certaines sources.

Le maire de la commune de Kaya, Boukary Ouédraogo, confie que l’arrivée massive des personnes déplacées a réduit le taux d’accès à l’eau potable « qui n’était d’ailleurs pas reluisant ». En plus, l’usage continu des ouvrages entraîne leur dégradation accélérée. Par ailleurs, la pression sur les ressources en eau potable est forte en période de chaleur et les populations risquent de se rabattre sur l’eau non potable. « Ces situations vont alimenter les conflits au tour des points d’eau, entre les usagers », souligne le maire. De même, les ouvrages d’assainissement et d’hygiène sont insuffisants. Et les utilisateurs des ouvrages disponibles sont en surnombre. Ce qui fait que la pratique de la défécation à l’air libre s’accroît.

Les autres problèmes sont l’absence de structures chargées de l’évacuation et du traitement des déchets domestiques. D’où, le développement des maladies hydriques telles que la diarrhée, le choléra, les hépatites virales, les dysenteries. La crise sécuritaire a fait que l’accès aux services et prestations de santé publique se sont dégradés. Le Maire déclare que la crise a occasionné l’accroissement des patients et le débordement dans les infrastructures sanitaires.

Dans le domaine de l’éducation, le bourgmestre remarque que l’arrivée des personnes déplacées internes a réduit fortement la capacité d’accueil des infrastructures scolaires. Conséquence, les effectifs sont devenus pléthoriques, les salles de classes insuffisantes, des élèves déscolarisés et des enfants non scolarisés.

Impact économique

Certaines zones pourvoyeuses de taxes sont rendues inaccessibles du fait de l’insécurité. Les manques à gagner concernent les activités commerciales agricoles, artisanales, les produits manufacturés et forestiers non ligneux. A écouter M. Ouédraogo, ces produits qui s’échangeaient sur certains marchés sont devenus rares. Les fermetures de marchés, l’abandon des zones de production sont autres conséquences. Résultat, baisse des recettes de la commune.

Pour s’adapter à cette situation, certains commerçants sont obligés de changer de localité pour s’approvisionner ou d’écouler leurs produits. Le maire souligne que dans le Plan communal de développement, l’ensemble des activités identifiées par les acteurs en vue de relever les défis de développement était estimé à 6 milliards 295 millions 421 mille FCFA sur la période 2018-2022. « Pour sa quatrième année de mise en œuvre, les difficultés rencontrées sont la crise sécuritaire et la crise du covid-19 qui ont impacté fortement le budget communal », a dit M. Ouédraogo.

www.libreinfo.net