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Burkina Faso: « avant de parler de dialogue il faut d’abord instaurer la confiance entre l’Etat et ses citoyens » citoyen

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Burkina dialogue
Image d'illustration

Le conseil des ministres du 13 avril 2022 a adopté un décret pour créer la Coordination nationale des comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix. La création de ces comités a été annoncée le 1er avril par le président de la Transition, Paul-Henri Damiba lors de son adresse à la nation.  L’objectif selon lui, est de mettre en place un mécanisme de discussion avec les fils du pays qui ont rejoint les groupes armés. Mais Qu’est-ce que les citoyens pensent de cette initiative ?

Par Rama Diallo

Le ministre d’Etat , ministre de la Cohésion sociale et de la Réconciliation nationale, Yéro Boly a animé une conférence le 19 avril pour expliquer davantage l’objectif de la mise en place des comités locaux de dialogue avec les Burkinabè qui sont dans les groupes armés et qui veulent revenir à la « raison ». Une initiative qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Libre info a recueilli quelques avis des citoyens concernant la question.

Selon Euloge Coulibaly, dialoguer n’est jamais une mauvaise chose. Habituellement, les gens disent que tous les conflits finissent par un dialogue. L’idée de créer des comités pour échanger avec tout le monde est bien. Cette approche inclusive est quelque chose de bien pour le retour de la paix, soutient-il.

Cependant, il s’interroge sur la forme du dialogue. « Il y a une différence entre une idée et sa réalisation. L’idée peut être bonne mais dans la réalisation il faut se demander si on est suffisamment préparé. Est-ce que les personnes cibles sont disposées à cette forme institutionnelle de dialogue? Est-ce que les communautés qui vivent ensemble n’ont pas une façon de dialoguer?», s’interroge M. Coulibaly.

Il estime que lorsque les organisations naissent au sein des populations, cela promet des choses plus durables que lorsque l’initiative vient de l’Etat.

Il y a toujours une différence entre une initiative de l’administration et une initiative locale. Il serait intéressant d’encourager les formes d’organisations locales villageoises, propose Euloge Coulibaly.

«Je suis sceptique à la réussite de cette initiative. Parce que les communautés ont leurs propres organisations et ont souvent de la méfiance par rapport aux formes d’organisations étatiques. », a-t-il ajouté.

Quant à Hassane Bancé, il pense qu’avant de parler de dialogue il faut d’abord instaurer la confiance entre l’Etat et ses citoyens. Selon lui, les trois premiers mois après le coup d’Etat, le gouvernement devrait mettre l’accent sur l’installation de l’autorité de l’Etat. Il croit que la lutte contre le terrorisme doit passer par la discipline dans tous les domaines.

Il nous raconte une anecdote «Récemment, je partais en voyage. A un poste de contrôle j’ai assisté à une discussion entre les forces de sécurité et un chauffeur de tricycle qui transportait des animaux. J’ai demandé ce qui se passait le chauffeur de tricycle me dit que ces papiers sont en règle et on lui demande de payer 1000 FCFA. Finalement, le jeune a payé et il a dit c’est comme ça on va continuer à vous tuer. Il n’a plus pitié des forces de défense et de sécurité. C’est grave, les rackets continuent. Dans ces conditions, on ne peut pas lutter contre le terrorisme » a-t-il poursuivi.

Il faut instaurer la confiance. La guerre ne se gagnera pas seulement par les armes ni par le dialogue. Les deux doivent être engagés en même temps, a conclu Hassane Bancé.

La mise en place des comités de dialogue est une bonne chose. Mais le souci est qu’est-ce que les chefs terroristes vont laisser ceux qui veulent partir en vie ? questionne une étudiante qui désire rester dans l’anonymat.

Selon elle, il serait difficile que cette initiative du gouvernement marche. Parce que ces jeunes qui veulent quitter ces groupes armés seront tués par leurs chefs pour ne pas donner leurs secrets. Aussi, elle s’inquiète car d’après elle, les groupes armés ne sont pas maîtrisables et chaque fois des groupes armés naissent.

L’étudiante exhorte les autorités à inclure toutes les composantes de la société dans la recherche de solutions contre le terrorisme. Pour le moment, elle reste sceptique pour la réussite de l’initiative du gouvernement.

Selon le ministre Yéro Boly en charge de la réconciliation nationale, l’idée des comités locaux de dialogue est née suite à une volonté de certains combattants de retourner à la « maison». Il a expliqué qu’aucun sou ne sera versé en contrepartie à qui que ce soit.

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