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Burkina Faso : Aucune loi n’empêche l’Autorité de contrôle d’État d’auditer l’Assemblée nationale, Philippe Nion

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L’audit de l’administration publique du Burkina Faso se fera en deux vagues. La première vague des audits concerne trois institutions de la République à savoir la Présidence du Faso, le Premier ministère et l’Assemblée nationale. Sans oublier les ministères des Sports, des Infrastructures, des Mines, de l’Urbanisme, des Finances. Ce lundi 11 avril 2022, lors d’une de conférence de presse de l’ASCE-LC (Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption), tenue à Ouagadougou, le contrôleur général d’État, Philippe Néri Nion, a confié que la Défense et la Sécurité seront auditées “prochainement”. Cette opération a été commanditée par le chef de l’État Paul-Henri Damiba. 

Par Nicolas Bazié

C’est une opération qui mobilise 120 auditeurs constitués des 23 contrôleurs d’État que compte l’ASCE-LC et des inspecteurs techniques des ministères. En plus, pour que l’audit de l’administration publique soit une réussite, la police judiciaire, la police nationale et la gendarmerie joueront leur partition.

Ainsi, selon le contrôleur général d’Etat Philippe Néri Nion, ces audits concernent les régies d’avance, les frais de missions à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le carburant, le lubrifiant, les marchés publics et la gouvernance.

A l’écouter, il s’agit d’identifier les points forts, les points faibles, les dysfonctionnements et les causes y relatives et de faire ensuite des recommandations d’amélioration.

Le contrôleur général d’Etat a fait noter que trois alternatives sont possibles dans cette opération. Premièrement, c’est faire le constat « de simples dysfonctionnements ou certaines irrégularités mineurs», tout en interpellant la structure auditée, à élaborer un plan d’actions de mise en œuvre des recommandations formulées.

Deuxièmement, indique le contrôleur général d’Etat Nion, les audits vont permettre de déceler les irrégularités majeures ou graves, non constitutives d’infractions pénales, mais présomptifs de fautes de gestion.

Au troisième niveau, il s’agira de faire ressortir des irrégularités majeures ou graves constitutives d’infractions pénales. En ce moment, précise M. Nion, des enquêtes judiciaires pourraient être diligentées, sous la supervision du procureur du Faso.

« Cet audit est une enquête purement administrative, et non judiciaire pour le moment », a clarifié le contrôleur général d’État. Il s’est voulu claire : « Ce n’est pas une chasse aux sorcières ».

S’il y a une affaire qui a fait couler beaucoup de salive, c’est l’audit de l’Assemblée nationale. Alors que certaines opinions pensent que c’est une manière indirecte de vouloir ‘’coincer’’ l’ancien président de l’institution, Alassane Bala Sakandé, le premier responsable de l’ASCE-LC, quant à lui, voit les choses autrement.

A l’en croire, l’audit ne s’adresse pas aux individus, mais au processus, au système de contrôle interne, au dispositif de gestion de risques et à la gouvernance.

A la question de savoir si l’ASCE-LC a la possibilité d’auditer l’Assemblée nationale, la réponse de Philippe Nion est limpide comme l’eau de roche : « Aucune loi n’empêche l’ASCE-LC de vérifier l’Assemblée nationale ». Il est allé plus loin en signifiant que tout comme la Cour des comptes, l’ASCE-LC peut auditer le parlement sans soucis.

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