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Burkina Faso : Bokashi, Composte aérobic, des engrais locaux alternatifs à la cherté des engrais chimiques importés

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Bokashi
Saïdou Ouédraogo, animateur et formateur à la Confédération paysanne du Faso (CPF)

La flambée des prix des intrants agricoles devient insupportable pour beaucoup d’agriculteurs du Burkina Faso. Pour survivre, des producteurs ont trouvé des alternatives en misant sur la fabrication des engrais organiques. Bokashi, composte aérobic, ce sont des fertilisants locaux que Saïdou Ouédraogo, agriculteur et éleveur, fabrique pour fertiliser ses sols. Nous l’avons rencontré le 29 juin à Tabou, commune de To, province de la Sissili.

Par Daouda Kiekieta

Avec 10.000 FCFA, Saïdou Ouédraogo, animateur et formateur à la Confédération paysanne du Faso (CPF), peut fabriquer en 15 jours, une tonne de Bokashi pour fertiliser ses sols.

Le Bokashi est un engrais fabriqué à base des matières premières locales. Cet engrais a les mêmes « effets fertilisants » que le NPK et l’Urée chimiques importés, selon M. Ouédraogo. Habillé en blanc sur sa moto de couleur noir, il nous a rencontré à la sortie de la commune de To en allant vers Léo. Nous avons ensuite été conduits au village de Tabou où se trouve l’un de ses champs.

Saidou Ouédraogo
Saïdou Ouédraogo, agriculteur et formateur à Tabou dans la Sissili

Sur le terrain, les employés de Sieur Ouédraogo, étaient en plein labour avec un tracteur de couleur vert. Le champ, d’une superficie de 4 hectares, sur lequel nous marchons, doit accueillir incessamment des semences du sorgho.

Pour Saïdou Ouédraogo, les agriculteurs doivent profiter de la crise des intrants pour développer des initiatives locales, afin de réduire leur dépendance des engrais chimiques importés. Selon M Ouédraogo, en un mois, un producteur peut fabriquer des tonnes de Bokashi et de composte aérobic , engrais locaux.

« Le plus simple, c’est le Bokashi qu’on peut fabriquer en 15 jours avec des ingrédients locaux facilement accessibles. L’eau, la levure dolotière, le sucre blond, les feuilles sèches du karitier, la bouse de vache, le son de maïs, la cendre, l’argile, les fientes de poules, sont entre autres les matières premières nécessaires à la fabrication du Bokashi. Avec ces ingrédients, suivant les quantités, vous pouvez produire des tonnes et des tonnes d’engrais organiques », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que la campagne agricole commence très difficilement en ce qui concerne l’acquisition des intrants comme l’engrais, les produits pesticides. « Dans ce village, le sac d’engrais revient à 35 000 FCFA alors que la saison dernière, le prix était de 18 000f à 20 000f. Le carton de l’herbicide appelé colle qui coûtait 24 000 f est passé à 60 000 f cette année », a rétorqué l’animateur et formateur à la Confédération paysanne du Faso (CPF).

Des agriculteurs se tournent vers les spéculations les moins exigeantes en engrais chimique

Par ailleurs, la flambée des prix des intrants oblige les agriculteurs à trouver des issues en matière de variété de spéculations. Certains se tournent désormais vers la production des spéculations les moins exigeantes en engrais chimique comme le mil, le soja, le sorgho, etc. 

« Le maïs consomme beaucoup l’engrais (NPK et l’urée). Pour avoir une production acceptable pour un hectare de maïs, il faut au moins 4 sacs d’engrais dont 3 sacs de NPK et 1 sac d’Urée », a indiqué Saïdou Ouédraogo, ajoutant que « Beaucoup de ses collègues ont réduit la production du maïs, pour produire ce qui consomme moins d’engrais, notamment le sorgho, le petit mil ».

« J’ai emblavé 3 hectares de mil, il me faut 5 sacs de 50 kg d’engrais chimiques. Si c’était du maïs, il fallait une dizaine de sacs », soutient Adèle Zongo, productrice à Tabou.

Les producteurs de plusieurs provinces du pays s’efforcent de s’adapter à la situation difficile

A la veille de notre rencontre avec Saïdou Ouédraogo et les agriculteurs de Tabou, c’est-à-dire le 28 juin, nous étions à Imasgo, province de Boulkiemdé.

Ce jour-là, les membres de la coopérative des producteurs de maïs de Imasgo, étaient en formation sur les pratiques agroécologiques. Selon Benjamin Ouédraogo, président de cette coopérative, la formation visait à doter les participants, les connaissances en fabrication d’engrais locaux pour faire face à la rareté des intrants importés.

Benjamin Ouédraogo
Benjamin Ouédraogo, président de la coopérative des producteurs de maïs de Imasgo

Lors de notre rencontre d’échanges avec des producteurs de la région du Plateau-Central, le 27 juin dernier, beaucoup d’entre eux ont déjà préparé des engrais organiques pour fertiliser les sols.

C’est le cas de Olivier Zoungrana de Watinooma, dans la commune de Nagréongo, province d’Oubritenga. Il affirme avoir préparé deux fosses d’engrais local pour cette saison.

« J’ai deux fosses de fumure organique que j’ai préparées avant la saison pluvieuse. J’utilise cet engrais en complément de l’engrais subventionné qui est difficile à avoir et très cher sur le marché », a-t-il dit.

De la province de la Sissili, à la province d’Oubritenga en passant par le Boulkiemdé, les agriculteurs tentent, tant bien que mal, à s’adapter à la cherté et à la rareté des intrants et équipements agricoles.

En même temps, ils n’ont de cesse de déplorer l’insuffisance des intrants et équipements agricoles subventionnés par le gouvernement burkinabè.

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