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Burkina Faso : disparition de huit mineurs à la mine de Perkoa, 19 jours après peut-on croire au miracle « chilien »?

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mine de Perkoa
Image d'illustration de la mine de Perkoa

Les efforts de sauvetage des huit mineurs encore coincés dans la mine souterraine de Perkoa dans la province du Sanguié, région du Centre-Ouest, n’ont pour le moment rien donné. Et ce, depuis les inondations dans l’éboulement de cette mine le 16 avril 2022. Deux semaines et cinq jours après, le miracle du Chili peut-il se reproduire à Perkoa au Burkina Faso ?

 

Par Nicolas Bazié

Cela fait exactement 19 jours (ce jeudi 5 mai) qu’ils sont piégés sous terre. Malgré les fouilles au quotidien, retrouver les huit mineurs victimes emportés par des inondations sur la mine de Perkoa, devient presqu’une mission impossible.

Le 16 avril 2022, ce jour-là, une grosse pluie s’est abattue sur plusieurs localités du Burkina Faso, dont Perkoa dans la région du Centre-Ouest. Alors que la majorité du personnel de la mine de zinc de cette localité a pu être évacué, après les fortes pluies qui ont inondé les galeries, les victimes, qui se trouvaient à 520 mètres sous terre, n’ont pu s’échapper.

Le même jour, Trevali Mining, la compagnie minière canadienne active dans la production de zinc à Perkoa, a annoncé la disparition de huit de ses travailleurs. Les opérations de sauvetage démarrées le 21 avril n’ont pas encore permis de retrouver les huit mineurs piégés sous terre : six Burkinabè, un Zambien et un Tanzanien. Les recherches sont toujours infructueuses et les chances de les retrouver vivant se réduisent.

Le 22 avril, le premier responsable de la société minière Trevali, Ricus Grimbeek s’est rendu sur la mine, pour toucher du doigt les efforts de recherche et de sauvetage des portés disparus. « Nous ne cesserons pas nos efforts tant que nous n’aurons pas retrouvé nos collègues disparus », a déclaré le patron de Trevali.

En tout cas, il avait été donné de savoir que « les refuges peuvent supporter certaines conditions de vie pendant deux semaines », par ce qu’il y a « de l’eau et de l’oxygène ».

Le 23 avril, une première délégation gouvernementale s’est rendue sur les lieux, et a pu discuter avec les travailleurs et les responsables de la mine. Les familles des victimes, angoissées et inquiètes, ont demandé aux responsables de la mine de multiplier les efforts pour les retrouver.

Huit jours après la visite de la première délégation gouvernementale, soit le 1er mai 2022, c’est le premier ministre Albert Ouédraogo himself, qui se rend à Perkoa. Après un constat, son message est sans appel : « Ce qui s’est passé, c’est une certaine irresponsabilité des responsables de la mine. Parce qu’il y a un certain nombre d’actions qui ont été entreprises quelques jours avant l’incident, notamment des dynamitages sur la mine à ciel ouvert, ce qui a fragilisé la galerie et qui a favorisé cette inondation ». Ce qui reste à confirmer selon lui.

Le Premier ministre a estimé qu’il y a eu des tâtonnements dès les premiers moments de l’incident et il n’y a pas eu non plus un dispositif de sécurité sérieux. Dans tous les cas, une « enquête judiciaire a été déclenchée », a indiqué le chef du gouvernement qui ajoute que des mesures conservatoires ont été prises, pour empêcher les premiers responsables de la mine de quitter le pays.

Le mardi 2 mai, le pompage de l’eau a permis d’enregistrer un recul de l’eau dans la mine d’environ 20 m.

Le gouvernement dans un communiqué datant du 4 mai, a annoncé l’installation d’un comité de crise, délocalisée dans la province. Le communiqué souligne que ce comité va se tenir plus près du lieu du drame, suivre de près les actions de recherches et apporter un soutien aux familles.

Le miracle du Chili peut-il se reproduire à Perkoa ?

Cependant, 19 jours après le drame de Perkoa, le miracle du Chili peut-il se reproduire ? En effet, le 5 août 2010, 33 mineurs de San José au Chili avaient été pris au piège dans une mine au nord du pays, à la suite d’un éboulement souterrain. Ils sont restés coincés à 600 mètres sous terre. Mais au bout de 69 jours, soit plus de 2 mois, ils ont refait surface, tous vivants.

Au Burkina Faso, on ne perd pas espoir. On croit encore que tout est possible pour peu que les autorités et la société minière se donnent la main pour accélérer les secours. Après cet incident, il faudra tirer les leçons des catastrophes naturelles sur les sites miniers et préparer secours d’urgences adaptées.

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