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Burkina Faso : fête du Ramadan, « pour s’acheter un poulet, c’est la croix et la bannière», Nayiri Tagnabou

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Les fidèles musulmans du Burkina Faso vont fêter le Ramadan le 2 mai 2022. Une fête, dans une période de cherté des produits. Ainsi, Libreinfo.net a fait un constat dans certaines artères de la ville de Ouagadougou, pour toucher du doigt la réalité. Que ce soit la volaille ou les condiments vendus au marché, la cherté est au rendez-vous, et les clients se font rare. 

Par Nicolas Bazié

A la veille de la fête du Ramadan, à Ouagadougou, dans quelques points de vente de volaille ou de condiments, le marché est morose. Nous sommes au quartier Sinyiri dans l’arrondissement 11 de la Commune de Ouagadougou. Sous un soleil de plomb, nous nous dirigeons vers  »Nõonse yaar », entendez par là, « le marché des poulets».

Avant d’arriver au marché, nous rencontrons Nayiri Tagnabou qui était allé s’acheter quelques poulets. Nous décidons de l’accoster pour savoir comment il prépare sa fête. « Le Ramadan c’est demain. Comme vous le voyez, je suis allé acheter des poulets pour la fête», nous raconte-t-il, avant de déclarer que « pour s’acheter un poulet, c’est la croix et la bannière».

Dans les discussions, monsieur Tagnabou nous fait savoir que les poulets sont chers. « Croyez-moi tout est cher. Si je vous donne le prix de ces poulets que j’ai achetés, vous n’allez pas croire», a-t-il laissé entendre avec 5 poulets accrochés au guidon de sa moto. Il poursuit que : « Pour le prix, le total de ces 5 poulets que vous voyez s’élève à plus de 16 000F». Cependant, pour lui, naturellement, il faut fêter. La fête s’annonce bien en tout cas, a-t-il dit.

Nous finissons de discuter avec Nayiri Tagnabou, et nous décidons d’entrer dans le marché, pour nous assurer des prix de la volaille, auprès d’un vendeur. Abdourahamane Ouédraogo, est un vendeur de poulets et de pintade. Svelte, avec une taille d’environ 1,65 m, il nous révèle que les prix des poulets vont de 3750F à 5000F.

« La fête c’est demain, mais il n’y a pas de clients, et pire, il y a manque de poulets pour vendre», a dit le jeune homme qui ajoute que depuis le matin il n’a vendu que 10 poulets seulement. « Les temps sont tellement durs au Burkina maintenant qu’il est difficile de s’en sortir. L’an passé nous avons vendu plus que ça. Mais comme la fête n’est pas encore finie, on attend de voir», a-t-il renchérit.

Pendant nos échanges, un homme arrive. « Je veux trois poulets », indique-il au vendeur qui lui répond: « Je vous donne 3750 F l’unité». L’acheteur refuse et propose le sien: « 3000 F c’est bon ». Abdourahamane Ouédraogo le vendeur a dû accepter parce que les clients son rares.

Dans ce marché de poulets, à défaut d’acheter ses poulets pour aller à la maison, il y a des jeunes sur place qui sont prêts à les arranger. Ils gagnent 100f sur chaque tête de poulet. Ce qui facilite la tâche à beaucoup de clients qui acceptent les services de ces jeunes.

Après  »Nõonse yaar », nous prenons la direction du marché  »Katre yaar ». Nous rentrons dans un brouhaha où il est difficile de se déplacer. Nous arrivons devant une femme qui vend des tomates et des ognons. Elle s’appelle Alima Zinaré.

Elle nous confie qu’il y a peu de clients, parce que beaucoup de gens veulent les condiments mais n’ont pas assez d’argent pour en acheter. « Les clients crient à la cherté des condiments. Ils ont raison mais ce n’est pas simple. Le panier de tomates que vous voyez, je l’ai acheté à 60 000 f pour revendre en détail. Le sac de d’ognons a été acheté à 30 000 f. Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas de notre faute aussi», a expliqué madame Zinare.

Plus loin, nous rencontrons Mariam Ouédraogo, une vendeuse de pommes de terre. « Je vend des pommes de terre, à mon niveau, les clients viennent tout doucement », a-t-elle dit, déclarant que le kilogramme est à 600F. « J’ai acheté le sac de 50 kilo à 25 000F. J’attends toujours de voir s’il y aura plus de clients».

Sa voisine qui était à côté, quant à elle, soutient qu’elle n’a rien eu depuis le matin. « Même 5F, je n’ai pas encore eu. Pourtant, il me faut rentrer à la maison le soir avec quelque chose sinon les enfants risquent de ne pas manger», a-t-elle affirmé. Visiblement, cette affaire de clientèle est une question de chance.

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