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Burkina Faso : justice avant réconciliation, quand les dires de Blaise Compaoré le rattrapent 

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réconciliation
Photo d'illustration de l'ex- Président du Faso Blaise Compaoré

Blaise Compaoré disait que « si la brèche de l’impunité n’est pas fermée, il ne peut y avoir de vraie réconciliation». Ces propos, qui datent de 2011, trouvent leur sens dans le contexte actuel du Burkina Faso marqué par la question de la réconciliation nationale.

Par Nicolas Bazié 

Les mots les plus usités présentement au Burkina Faso, sont «paix», «justice» et «réconciliation». Mais réconciliation avec qui?

« La justice et la paix ne peuvent être envisagées indépendamment l’une de l’autre. Si la brèche de l’impunité n’est pas fermée, il ne peut y avoir de vraie réconciliation » disait l’ancien président Blaise Compaoré, dans un discours à la Haye aux Pays-Bas, à l’occasion de la conférence au sommet sur la diplomatie de la paix, de la justice internationale et l’ordre mondial. 

Le 6 avril 2022, dans le procès Thomas Sankara, l’ancien chef de l’État,  Blaise Compaoré est reconnu coupable de « complicité d’assassinats » et d’« atteinte à la sûreté de l’Etat », par le tribunal militaire. Il a écopé de l’une des plus grosses peines: la prison à vie. Ce procès marque ainsi la fin d’une impunité de 34 ans.

Aujourd’hui, alors que le Burkina Faso a plus que jamais besoin de paix, plusieurs opinions demandent une amnistie ou une grâce présidentielle pour Blaise Compaoré qui est condamné par la justice. Un mandat d’arrêt a même été émis contre lui.

Elles justifient leurs positions par le fait que la participation du Président Compaoré à la «réconciliation nationale peut contribuer à résorber les maux du pays». 

Impossible de faire ainsi, disent certains qui trouvent que l’ancien président doit rejoindre ses co-condamnés en prison. Ils fondent leurs points de vue sur le triptyque « vérité-justice- réconciliation».

Les hommes de droit comme Me Guy Hervé Kam, Me Prosper Farama, sont unanimes sur une chose: « une décision de justice a été rendue, elle doit être respectée quelque soit la personne qu’elle a visé ».

Ils ne sont pas allés du dos de la cuillère pour clamer haut et fort que l’ex homme fort du pays, qui a régné pendant 27 ans à la tête de l’État, devrait être arrêté et déféré en prison. 

Pourquoi Blaise Compaoré lui-même ne s’assume pas en se présentant à la justice ?

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