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Burkina Faso : la vente des plantes, un métier noble secoué par le terrorisme, selon les jardiniers 

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La vie à Ouagadougou n’est toujours pas aisée. Pour bien tenir, il faut trouver un boulot capable de générer de l’argent. C’est le cas des jardiniers ( vendeurs de plantes) qui occupent presque les grandes routes de la capitale surtout celles à proximité des points d’eau. Nous avons rencontré quelques-uns pour tirer le voile sur ceux-là qui se battent jour et nuit pour que dame nature éblouisse. 

Par Aminata Ouédraogo, stagiaire 

« Au-delà de la dimension lucrative, la vente des plantes est d’abord un amour pour la nature» ont déclaré les vendeurs de plantes que nous avons rencontrés.

Julien Zouré est un vieux vendeur de plantes à dans le quartier huppé Ouaga 2000. Il totalise dix ans de carrière. Entouré de différentes espèces d’arbres, à savoir, des manguiers, des cocotiers, des citronniers, des fleurs,ce dernier respire visiblement l’air pure.

D’une fraîcheur incomparable, le parfum naturel des fleurs nous accueille depuis le goudron. Les différentes couleurs de fleurs donnent l’impression qu’il est enveloppé par un arc-en-ciel.

Dans son jardin, les plantes ont des prix variés en fonction de leurs tailles. Il faut débourser entre 100 f à 1000f pour s’acheter une. Seuls les cocotiers coûtent 3000 f et plus. Selon M. Zouré, « le prix est abordable» et est à la portée de tous.

Vendeur de plantes
Image de plantes dans un jardin à Ouagadougou

Malheureusement, la situation sécuritaire délicate ne favorise pas le marché. «A cause de la flambée des prix des produits de première nécessité, les gens ne se tournent plus vers les plantes. Présentement, quand on parle des reboisements, les gens trouvent que c’est quand ton ventre est plein que tu peux planter un arbre», indique Julien Zouré.

Chez notre vendeur, les plantes sont bien jolies mais les clients manquent. Ce qui n’arrange pas M. Zouré.

Le regard perdu, monsieur Zouré relève une autre difficulté à laquelle il fait face. « Notre souci, c’était l’espace que nous occupons et l’accès à l’eau pour entretenir les plantes. Les espaces ne nous appartiennent pas, c’est pour l’État. D’un moment à l’autre, il peut décider de nous déguerpir».

Les effets du terrorisme qui se ressentent sur cette activité. « Nos potentiels acheteurs sont ceux de la province. Actuellement, avec l’insécurité, eux même se cherchent», déplore le vieux Zouré.

Depuis trente ans, Ousseni Guigma est spécialiste des plantes. A notre arrivée dans son jardin, il causait tranquillement avec ses quatre employés sous un arbre. Ces jeunes vacanciers utilisent le temps libre qu’ils ont pour apprendre le métier.

Les plantes qui donnent des fruits, telles que le manguier, le citronnier, la papaye, le tangelo, s’achètent le plus en ces périodes mais pas comme les années antérieures. « Il y a des jours où nous vendons 500 arbres. Cette année le terrorisme à tout mélanger, sinon dans le passé, à ces temps-ci, vous n’allez pas trouver quelqu’un pour échanger », a souligné ousseni Guigma.

Néanmoins, il dit remercier Dieu, car il arrive à payer ses quatre employés en raison de 1000f par jour et à s’occuper de sa famille.

Dans la pépinière de Issaka Kaboré à Tanghin, un quartier de la ville de Ouagadougou. Là -bas, nous tombons sur un client qui est venu acheter plus de vingt manguiers. Difficile de lui arracher un mot sur la somme qu’il a reçue. Dans nos échanges, c’est le même son de trompette. « C’est le terrorisme qui a tué le marché des plantes, sinon facilement tu peux avoir 1 million dans l’année. Pour les manguiers, je produis souvent 2000 plants», confie le jeune jardinier.

Les vendeurs de plantes à Ouagadougou rêvent…

Le rêve de tous les jardiniers avec qui nous avons échangé, c’est de trouver un espace propre à leur nom. Les abords des voix les exposent de tous types de danger. Ils appellent l’État burkinabè à vouloir bien aménager un lieu, avec des retenues d’eau et à le mettre à leur disposition. Ainsi, les gens viendront directement sur leur lieu de travail pour faire les achats.

Le plus grand rêve, c’est que les Burkinabè intègrent les plantes dans leur culture. « C’est dommage que les Burkinabè ne connaissent toujours pas le rôle des arbres. Ailleurs, pour couper un arbre que tu as planté dans ta cour, il faut l’autorisation des agents de l’environnement, sinon tu risques la prison», a déclaré un client.

En plus, ils invitent les jeunes à se lancer dans le métier et encouragent ceux qui y sont déjà. «Ils ne le regretteront jamais », a déclaré Maurice Zongo, vendeur de plantes à côté du parc urbain «bangr weogo».

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