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Burkina Faso : « Les militaires n’ont pas apporté une plus value sur le plan sécuritaire », Pr Abdoul Karim Saïdou, politologue

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Le Balai citoyen en collaboration avec d’autres organisations de la société civile a organisé une conférence publique le samedi 28 mai 2022 à Ouagadougou. L’objectif de cette conférence était de susciter les débats autour de la conduite de la Transition dans un contexte de recrudescence des attaques terroristes.

Par Daouda Kiekieta

Alors que l’un des arguments avancés par les militaires pour justifier le putsch du 24 janvier dernier était l’aggravation de situation sécuritaire, les résultats sur le plan sécuritaire se font toujours attendre. Des organisations de la société civile(OSC) veulent s’imprégner de tenants et les aboutissants de cette Transition.

« Quelle trajectoire pour la Transition », c’est sous ce thème général que les trois panelistes Pr Abdoul Karim Saïdou, Abdoulaye Barry et Boureima Ouédraogo se sont penchés pour analyser la conduite du pouvoir traditionnel actuel.

Pour l’ensemble de ces panelistes, trois mois après le Coup d’État, les autorités peinent toujours à proposer des alternatives crédibles pour sortir le pays des griffes des terroristes.

Selon le politologue, Pr Abdoul Karim Saïdou, les militaires n’ont pas apporté une plus value sur le plan sécuritaire. « Je ne vois pas une amélioration significative en matières de sécurité. Autant sous le régime précédent on avait des victoires et des échecs, autant sous ce régime de transition on a des victoires et des échecs. », a-t-il dit.

Mieux, le pouvoir actuel ne fait que suivre les sillons tracés par le président Roch Kaboré. « Puisque c’est la politique de sécurité nationale adoptée sous le régime précédent qui est mise en œuvre actuellement et considérée comme politique publique. Même l’agenda de la transition est largement inspiré de cette même politique sécuritaire élaborée sous le régime précédent à la suite du forum national sur la sécurité », explique le politologue.

Cet avis est partagé Abdoulaye Barry, analyste politique et paneliste du jour. Pour lui, « ni le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ni la Transition en cours n’ont réussi à fédérer les Burkinabè autour de l’essentiel qu’est de sauver le pays du danger ». Cela est lié au manque de patriotisme et de désintéressement au niveau des gouvernants surtout.

« C’est injustifiable que nos honorables députés travaillent trois mois et perçoivent douze mois de salaire . C’est pourquoi nous avions proposer la gratuité des mandats. Cela n’avait pas pour objectif de misérabiliser ces derniers, puisqu’ils percevront des primes de 30 000f par jour pour les 90 jours de session et continueront à toucher leurs salaires d’origine », explique-t-il.

Boureima Ouédraogo, journaliste d’investigation estime que le bilan de la restauration promise par les militaires est « chaotique ». « La trajectoire empruntée par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) est loin d’être un processus de restauration de l’intégrité territoriale. C’est plutôt une trajectoire chaotique », soutient-il.

Et pour preuve, poursuit-il, même « les OSC qui soutenaient le MPSR ne savent plus à quel saint se vouer ». C’est pourquoi ce paneliste propose entre autres, le retour pacifique d’un civil au pouvoir, une durée de Transition de 18 mois, la dissolution du gouvernement actuel et la mise en place d’un gouvernement resserré et désintéressé et le retour des militaires dans les casernes.

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