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Burkina Faso : les sociétés minières à l’épreuve du terrorisme font craindre un ralentissement de l’économie

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sociétés minières
Photo d'illustration d'un site d'exploitation d'une mine au Burkina Faso

Les sociétés minières sont dans le collimateur des groupes armés terroristes au Burkina Faso. Que ce soit directement ou indirectement, des attaques terroristes visent de plus en plus les mines d’or dans certaines zones du pays alors qu’elles étaient longtemps épargnées. Chose qui pourrait apporter un coût dur à l’économie nationale, surtout quand on sait que les mines contribuent à la mobilisation des recettes de l’État.

Par Nicolas Bazié

Les attaques terroristes se multiplient au Burkina Faso, et n’épargnent pas les compagnies minières. Elles subissent aussi de plein fouet, la furie des hommes à la gâchette facile et qui ne jurent que par le sang.

Le 9 juin 2022, dans la commune de Namissiguia, dans la province du Yatenga, région du Nord, la mine d’or Riverstone Karma SA, n’aurait jamais imaginé qu’elle subirait une attaque terroriste meurtrière. Une société minière rachetée par le consortium Néré Mining entre les mains de la société Endeavour mining, il y a seulement quelques mois.

Des hommes armés non identifiés ont fait irruption sur la mine, et ont ouvert le feu. Un employé de la mine et un soldat du 12e régiment d’infanterie commando (12e RIC) basée à Ouahigouya ont trouvé la mort. L’armée a annoncé à son tour qu’elle a tué 24 terroristes dans la riposte. C’est la première fois depuis le début du terrorisme en 2016, qu’une mine d’or est la cible directe d’une attaque terroriste.

Attaque d’Inata, 57 morts

La mine d’Inata située dans la région du Sahel est l’une des importantes sociétés minières du Burkina Faso. Malheureusement depuis des années, elle est sous la menace terroriste. Le 14 novembre 2021, cette mine a été prise d’assaut par les groupes armés terroristes. Le lourd bilan est resté dans l’histoire du pays. Ils ont attaqué le détachement de la gendarmerie chargé de protéger la mine. Au moins cinquante-sept personnes ont perdu la vie dont 53 gendarmes et 4 civils. Depuis lors, cette société minière est restée fermée.

Fermeture de la mine de Taparko,

La mine située dans la commune de Yalgo, région du Centre-nord a annoncé l’arrêt de ses activités le 12 avril 2022 dans un communiqué. En effet, cette annonce fait suite aux attaques récurrentes des groupes armés terroristes sur la principale route nationale Dori (région Sahel) Kaya (Centre-nord). Ces attaques terroristes ont contraint la société russe Nordgold à fermer pour des « raisons de sécurité »  la mine de Taparko.

Dans la foulée, quelque 400 à 500 salariés sont mis d’office au chômage technique, avait révélé la direction du site. Après l’annonce de l’arrêt des activités, la Chambre des mines du Burkina (CMB) avait rencontré le président de la Transition Paul Henri Damiba pour lui faire part de leurs inquiétudes. « La plupart des messages nous ont rassuré sur la bonne continuité de nos opérations d’une part et d’autre part sur la sécurité de nos personnels et c’est cela le plus important », affirmait le président de la chambre des mines du Burkina Adama Soro, le 14 avril dernier.

Des attaques terroristes contre des convois de la société minière ESSAKANE

Le 29 octobre 2021, trois bus de la société minière IAMGOLD/Essakane S A et deux camions ont été attaqués et incendiés, par des individus armés non identifiés, sur l’axe Dori-Essakane Il n’y a pas eu de perte en vie humaine mais la société avait déclaré des dégâts matériels importants.

37 morts et 60 blessés

En novembre 2019, une embuscade contre un convoi transportant des employés de la société minière canadienne Semafo, dans l’Est du Burkina Faso a fait 37 morts et 60 blessés.

Ce convoi était composé de cinq bus qui transportaient du personnel, des entrepreneurs et des fournisseurs liés à la compagnie minière, et ils étaient escortés par des militaires.
L’attaque particulièrement sanglante s’est produite à 40 kilomètres de la mine d’or de Boungou (propriété de Semafo) située dans la région de l’Est. L’ancien président Roch Kaboré exaspéré par la situation sécuritaire avait fini par annoncer dans son discours à la nation suite à cette attaque la création des volontaires de défense pour la patrie (VDP).

L’or, une bouée de sauvetage de l’économie burkinabè

S’en prendre aux sociétés minières, c’est asphyxier en partie l’économie nationale burkinabè. L’or contribue assez sinon énormément à renflouer les caisses de l’État. La contribution directe au budget de l’État est passée de 190 milliards de francs CFA en 2016 à 276 milliards de francs CFA en 2019 selon Oumarou Idani, ancien ministre des Mines.

« La production va augmenter, nous serons autour de 2 000 milliards de francs CFA de recettes d’exportations. Le secteur minier représente en moyenne 15% des recettes directes du budget de l’État », avait-il fait savoir.

En 2020 par exemple, le secteur minier a contribué à hauteur de 10,4% au Produit intérieur brut du Burkina. C’est montré à quel point l’or est importante l’économie du pays.

Lire aussi: Mines : Inquiétudes autour de la mine de Karma au Burkina Faso

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