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Burkina Faso: marche de protestation le 3 mars contre la multinationale française Bolloré (Consortium Burkina 2050)

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Consortium Burkina 2050
Image d'illustration

Mis en service en 1954 et long de 1260 Km, le chemin de fer reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire, notamment sa gestion, est considérée comme un dossier très sensible à cause de sa complexité et de ses dimensions multiples. Ce 22 février 2022, au cours d’une  conférence de presse tenue à Ouagadougou, le Consortium Burkina 2050 conduite par Dr Nestorine Sangaré, demande à l’État burkinabè de rompre la convention signée en 2016 et promulguée le 31 décembre 2018. Car soutient-elle, le groupe Bolloré ne respecte pas ses engagements et ne paye pas ses dettes à l’Etat burkinabè.

Par Nicolas Bazié

L’affaire chemin de fer Burkina Faso-Côte d’Ivoire, ne cesse de faire des rebonds.  Ce dossier brûlant est au cœur de discussions à Ouagadougou au sein des structures de la société civile réunies autour du « Consortium Burkina 2050 », composé du Centre de recherche et d’intervention en genre et développement (CRIGED) de l’ex-ministre de la femme, Dr Nestorine Sangaré, responsable du Consortium et du Syndicat des cheminots du Burkina.

Dénonçant le non-respect des conventions par la multinationale française Bolloré dans la gestion du chemin de fer Burkina Faso-Côte d’Ivoire, le Consortium Burkina 2050, prévoit une marche le 3 mars 2022 à Ouagadougou pour rappeler le respect des engagements pris par le groupe Bolloré dans la gestion du chemin du fer.

Le consortium s’interroge sur la rentabilité et l’apport de cette voie ferroviaire gérée depuis 1995 par Bolloré sur l’économie burkinabè. Pour Nestorine Sangaré, il y a 27 ans maintenant que la Société internationale de transport africain par rails (SITARAIL) de l’homme d’affaire français Vincent Bolloré, gère ce réseau ferroviaire qui n’apporte presque rien à l’économie nationale. Pourtant, Bolloré ne compte pas céder le contrat à une autre entreprise.

Consortium 2050
Le Consortium 2050 demande la rupture du contrat entre l’Etat burkinabè et le groupe Bolloré dans la gestion du chemin de fer Burkina-Côte d’Ivoire.

« Bolloré monopolise ce réseau ferroviaire pour ses services et à son propre profit », explique l’ex-ministre de la femme. C’est la raison pour laquelle le Consortium Burkina 2050 tient mordicus à ce que la convention soit rompue afin de confier sa gestion à l’État burkinabè ou à une autre entreprise.

Ce qui trouble le sommeil de l’ancienne ministre sous Blaise Compaoré, ce sont les dettes de la Sitarail envers l’État burkinabè, en termes de droit d’usage et de redevance. Des dettes selon le Consortium, qui s’élèvent à plus de cinq milliards (5 753 596 597 FCFA).

En plus de cela, Bolloré avait promis investir 400 millions d’euros soit plus de 262 milliards de francs CFA, pour la réhabilitation du réseau du chemin de fer Ouaga-Abidjan. Mais jusqu’en février 2022, cette promesse n’a pas été respectée.

Visiblement, estiment les conférenciers, la multinationale fait ce qu’elle veut sans être inquiétée. « Le préjudice est énorme et tout se fait dans une opacité totale », a déclaré Dr Sangaré. Au lieu que l’Etat du Burkina mette en application les clauses de déchéances pour fautes graves, l’on a l’impression que libre champ est donné à l’entreprise de préserver ses intérêts au détriment de ceux du Burkina.

Plusieurs gares ont été fermées de Ouagadougou à Abidjan et le développement local est mis en péril, a indiqué Nestorine Sangaré. A l’entendre, Bolloré fait la sourde oreille lorsqu’on parle de la prolongation du chemin de fer jusqu’à Tambao.

Nestorine Sangaré
Dr Nestorine Sangaré, première responsable du Consortium 2050.

Concernant le non-respect des clauses du contrat, Mme Sangaré croit que le Burkina Faso peut décider de tout arrêter, puisque dans ledit contrat, il est clairement signifié que si 1 ans après, il n’y a pas d’investissements, le contrat peut être interrompu. Elle dit ne pas comprendre pourquoi l’Etat burkinabè n’exploite pas cette opportunité pour rompre le contrat.

Pour l’ancienne ministre de la femme, il revient aux Burkinabè de se lever et d’aider le pays à entrer en possession de ses biens. « On ne peut pas venir dans un pays pour défendre des intérêts régionalistes », a-t-elle martelé, ironisant que « Bolloré est juste une famille qui nous fait chier comme ça ».

Le consortium insiste sur sa marche pacifique prévue pour le 3 mars 2022, pour protester contre la gestion floue de cette voirie par la Sitarail, une multinationale française.

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