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Burkina Faso : poursuivie pour manifestation illégale, Yéli Monique Kam plaide coupable

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Yéli Monique Kam Justice
Yéli Monique Kam, Coordonnatrice du Mouvement M30 Naaba Wobgo

Après la marche du 12 août qui s’est terminée en course poursuite, le M30 Naaba Wobgo était devant le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouaga I, le 16 août 2022. Le mouvement est accusé d’organiser une marche qui n’a pas été autorisée. Yéli Monique Kam qui en est la coordonnatrice dit plaider coupable.

Par Nicolas Bazié

Accusé d’avoir organisé une marche illégale dans la ville de Ouagadougou le 12 août dernier, le M30 a plaidé coupable au palais de justice le 16 août 2022. « On était dans les mains de la justice et on a reconnu les faits puisque nous avons posé l’acte et nous avons été pris en flagrant délit. On a plaidé coupable…», explique à Libreinfo.net Yéli Monique Kam.

«Je fais l’objet de poursuites pénales et nous sommes deux. Le procureur dit que nous avons été pris en flagrant délit de tenir une manifestation interdite, nous avons été pris sur les faits et que ces faits sont constitués», fait savoir la coordonnatrice du M30.

La deuxième personne poursuivie est Hermann Zoungrana qui avait été arrêté par la police nationale le 12 août puis relâché le 16 août.

La justice n’a pas rendu sa décision, l’affaire est renvoyée au 26 août 2022, « nous avons été entendus et nos conseils vont se préparer pour défendre le fond du dossier», précise Yéli Monique Kam.

Selon elle, il leur est aussi imputé des faits de troubles à l’ordre public.«Nous avions pourtant pris toutes les dispositions pour encadrer notre événement qui était pacifique. Nous voulions tout simplement traverser la zone pour remettre un message et non marcher sur elle. Nous avons dit au tribunal que nous n’avons pas été compris dans notre démarche»,justifie Madame Kam.

Les circonstances qui ont plaidé en leur faveur est le déroulé de l’évènement, si on en croit madame Kam qui affirme qu’au moins sept institutions dont la présidence du Faso ont été au préalable saisies avant la manifestation.

Elle et ses camarades ont expliqué à ces institutions “les méfaits de la politique étrangère de la France”. Et d’ajouter qu’ils sont également entrés en contact avec l’ambassade de France, pour signifier qu’ils ont un message d’interpellation à donner. Ce qui a été accordé selon Yéli Monique Kam. Elle indique que l’Ambassadeur de France leur a appelé quatre fois.

Selon elle, le combat continue. « Cela ne nous empêche pas de continuer notre combat, ça nous a même éclairé sur les voies prévues par la loi qu’on devrait exploiter. Ça été très instructif», a-t-elle déclaré.

Yéli Monique Kam et ses camarades semblent être déterminés à aller jusqu’au bout dans leur lutte. Le mouvement indique-t-elle, « usera de toutes les voies judiciaires nationales et internationales contre les décisions impopulaires portant atteinte au droit constitutionnel et démontrer que ce que nous faisons est pour l’intérêt général».

Rupture des accords de coopération avec la France 

La rupture des accords de coopération avec la France est l’autre exigence du M30, en plus de la demande du départ de l’ambassadeur de France au Burkina Faso Luc Hallade.

« Lorsqu’on parle de rupture des accords, est-ce que c’est individuellement que nous gagnons? C’est plutôt la nation qui gagne. Si nous avons pu prouver qu’il y a des déséquilibres dans ces accords et qu’ils sont problématiques , c’est tout le monde qui gagne», soutient Yéli Monique Kam, la coordonnatrice du mouvement du 30.

Elle ajoute: « Il est dit dans notre Constitution que tous les accords doivent être passés et validés par les représentants du peuple . Pourtant, le dernier accord qui donne l’installation du détachement militaire français de Komboinsin n’est pas passé devant le Conseil national de la Transition (2015)». « C’est notre ambassadeur et l’Ambassadeur de France à l’époque Gilles Thibaut qui ont signé l’accord à Paris», révèle-t-elle.

C’est pourquoi, dit la coordonnatrice, le mouvement demande la rupture des accords de coopération du 24 avril 1961 avec la France et le démantèlement du détachement militaire français à Kamboinsin, un quartier de Ouagadougou.

L’aide au développement, un problème qui trouble le sommeil des membres du M30

La problématique de l’aide au développement doit être sérieusement étudiée, suggère Yéli Kam. « On vous parle de 100 milliards, 200 milliards alors que ce sont des commissions de rançons qu’on paye aux gens pour fermer la bouche. Et ils ont leurs carnets de santé, les bourses pour les enfants, des appartements là-bas. Ils ne peuvent pas servir la nation puisqu’il y a leurs intérêts en jeu», dénonce la Yennega de l’éducation.

Une autre marche est prévue le 19 août prochain, pour exiger toujours le départ de l’ambassadeur de France et la rupture des accords de coopération avec la France entre autres. « Nous allons écrire au président de la délégation spéciale pour demander une autorisation», a fait savoir la coordonnatrice Kam.

Lire aussi: Burkina Faso : « le pouvoir du Président Damiba est fini», Abdoul Nassirou Sanfo

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