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Burkina Faso : propos « erronés» des autorités, des étudiants réagissent au campus de Zogona 

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Propos erronés
Le Premier ministre Albert Ouédraogo (milieu), lors de son entretien avec les journalistes le 23 août 2022

Le Premier ministre Albert Ouédraogo a affirmé avoir entrepris des démarches préalables auprès de la famille Sankara et du Conseil Supérieur de la magistrature (CSM) sur la venue de Blaise Compaoré. Ce qui a été démenti par le CSM et la famille Sankara. Au regard de toutes ces contradictions autour de ce sujet, Libreinfo.net a recueilli l’avis des étudiants de l’Université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou. 

Par Raïnatou Maïga(stagiaire)

L’avis des étudiants diverge sur les propos «erronés» du chef du gouvernement Albert Ouédraogo. Alors que certains condamnent ces propos, d’autres, quant à eux, lui trouvent des excuses.  

Arrow Gabignana, étudiant en Master 2 en droit, s’inquiète de la situation.

Il déclare que des propos pareils « de la part d’une autorité d’un tel niveau, s’il tient des propos qui sont après démentis, on s’inquiète de leur appel à la confiance des populations vis-à-vis des autorités. Parce que la confiance ça ne se décrète pas, la confiance c’est un mérite et peut se construire à travers les actes. A un moment donné, leur parole n’aura plus de poids et tout cela participe à l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat, ce qui n’est pas du tout intéressant. »

Selon M. Gabignana « les autorités gagneraient à adopter une posture de vérité. Sinon gouverner dans le mensonge ne dure pas. La vérité n’a jamais été toujours bonne à dire, mais au moins quand vous dites la vérité, votre interlocuteur va essayer de vous comprendre », a-t-il conseillé.

Dans la même dynamique, Mouniratou Ouédraogo, étudiante en SVT, soutient que « Si le premier ministre les avait consultés, le conseil et la famille Sankara n’allaient pas dire qu’ils n’étaient pas informés de la venue de Blaise ». 

« Si le gouvernement sait qu’il a fait venir venir Blaise, sans consulter la famille Sankara et le CSM qu’il s’assume pour que la situation ne s’empire pas. Si on est en infraction, on reconnaît, on demande pardon et ça s’arrête là », a-t-elle ajouté.

Armand Sawadogo, étudiant en 3e année de Droit, est plus focalisé sur le courage du Conseil Supérieur de la Magistrature qui a eu selon lui, le cran de démentir les dires du chef du gouvernement.

« On a constaté ces dernières années que le pays perdait peu à peu foi en sa justice. Notamment l’investiture du président de la Transition actuelle a été l’un des éléments qui a fait déborder le vase. D’aucun ne croyait plus véritablement à une justice indépendante et libre dans ce pays», confie Armand Sawadogo.

Et de poursuivre : « C’est un bon signe que le Conseil Supérieur de la Magistrature puisse s’affirmer clairement. Se départir de pareille manœuvre, c’est-à-dire une opération qui consiste à ramener des exilés politiques qui ont fait l’objet d’une condamnation. L’acte du gouvernement est une entrave à la justice et il aurait été, pour ma part, désolant que le conseil ne fasse pas un pareil communiqué. C’est un bon signe qui va réconcilier les Burkinabè avec leur justice et espérons-le avec leur histoire », a-t-il indiqué.

D’autres tentent de justifier les agissements du ministre Albert Ouédraogo

Contrairement aux autres interventions, Seydou Toé et Sawadogo Irène tentent de justifier les agissements du ministre Albert Ouédraogo.

Toé, étudiant en 3e année de droit, pense que le Conseil supérieur de la magistrature n’aurait pas dû réagir ainsi.

« Nous sommes dans un contexte très difficile. Même si les propos sont faux, je me dis que le CSM pouvait quand même approcher le Premier ministre pour l’entendre avant de faire ce communiqué. A mon avis, le ministre en le faisant ainsi, n’a pas mal fait. En tenant de tels propos, il s’inscrit dans la mesure d’une réconciliation. »

Même son de trompette chez Irène Sawadogo, étudiante en deuxième année en Science exactes et Appliquées (SEA). Elle trouve que l’affaire est louche.

« Nous on ne sait pas s’il est allé ou pas. C’est vraiment une affaire qui est floue.  Le ministre peut y aller mais la famille ne veut pas dire la vérité. Et puis aussi, cela dépend de qui il est allé voir. Il peut aller dans la famille mais est-ce que ce sont les personnes qu’il devait approcher qu’il a eu. Si le ministre est allé, il y a d’autres personnes qui l’ont accompagné. Donc ces personnes devraient témoigner», foi de Irène Sawadogo.   

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