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Burkina Faso: Reporters sans frontières dénonce « les velléités de caporalisation qui minent le fonctionnement » du CSC

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Reporters sans frontières
Image d'illustration de manifestants devant le CSC

Cela fait maintenant trois mois que le Conseil supérieur de la communication burkinabè ne fonctionne plus. Reporters sans frontières (RSF), dans écrit publié le 8 août 2022, a dénoncé « les velléités de caporalisation qui minent le fonctionnement » du régulateur des médias dans le pays.

Par Nicolas Bazié

Reporters sans frontières demande au président de la Transition Paul-Henri Damiba « de cesser cette obstruction et de promouvoir la liberté de la presse » au Burkina Faso. N’ayant pas encore pris le décret de confirmation du nouveau président du CSC élu, le chef de l’État empêche donc le Conseil supérieur de la communication (CSC) de poursuivre ses activités, indique l’organisation non gouvernementale internationale.

C’est une affaire dont le directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de RSF, Sadibou Marong a du mal à comprendre. « Il est inédit de voir un président empêcher le bon fonctionnement d’une instance de régulation qui joue un rôle crucial dans la promotion de la liberté de la presse, particulièrement dans un pays traversé par une crise sécuritaire dangereuse pour les médias ». Il poursuit en ces termes : « Si les autorités du Burkina Faso ne veulent pas montrer une posture synonyme d’une volonté de caporalisation du CSC, elles doivent se mettre au-dessus de la mêlée et prendre sans délai le décret de confirmation de son nouveau président ».

Reporters sans frontières dit s’être entretenue avec plusieurs journalistes et organisations de médias qui ont dénoncé cette lenteur et estimé que, dès l’instant où la justice reconnaît la régularité de l’élection du nouveau président, le chef de l’État doit la rendre valable.

Parlant de justice, il faut rappeler que Danielle Bougaïré, principale adversaire de Abdoulazize Bamogo, élu président du CSC en mai 2022, avait porté plainte en justice pour dénoncer ce qu’elle qualifie de vices de procédure dans la démission de celui-ci. Le Tribunal administratif de Ouagadougou a jugé non fondée et rejeté sa requête, le 23 juin 2022.

Selon l’ONG internationale, les professionnels de médias estiment que la situation actuelle handicape la régulation du secteur médiatique et menace la crédibilité et l’indépendance du CSC. Dans cette même optique, le 3 août dernier, des organisations professionnelles ont mis « en garde le président sur ses velléités de dissolution et de caporalisation du seul et unique organe de régulation des médias du pays. »

Idrissa Birba est un journaliste et président de Nouveaux droits de l’homme (NDH), une organisation de défense de la liberté de la presse. Il déclare à RSF que le blocage du CSC « met mal à l’aise tous les acteurs des médias. (…) Toute suppression de cet organe de régulation serait une erreur historique grave ».

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) est composé de neuf membres, dont un président et un vice-président. Sa mission, veiller au respect de la déontologie en matière d’information, promouvoir la liberté d’expression et garantir le droit d’accès des organes de presse aux sources d’information.

Le Burkina Faso occupe actuellement la 41e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2022.

Lire aussi: Burkina Faso : éventuelle dissolution du CSC, des organisations professionnelles des médias « mettent en garde »

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