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Burkina Faso : Vivre dans la faim est le quotidien des déplacés internes vivant à Panzani (Ouagadougou)

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Déplacés internes
Fatoumata Kirakoya, déplacée interne vivant à Panzani

Le Burkina Faso est devenu l’épicentre de la crise sécuritaire dans la région du Sahel ces dernières années. Cette situation a entraîné le déplacement massif de certaines populations des zones touchées par le terrorisme. Selon les derniers chiffres publiés le 30 septembre 2022 par le CONASUR (Conseil nationale de secours d’urgence), le pays enregistre plus de 1,7 millions de personnes déplacées internes. Quelles sont les conditions de vie de ceux qui ont trouvé refuge la capitale, Ouagadougou ?

Par Rama Diallo

Le soleil se lève sur Panzani, un quartier non loti de Ouagadougou qui abrite des déplacés internes. Assise sur une natte dans sa maisonnette, le regard avide et les lèvres sèches, la dame Fatoumata Kirakoya est en train de réfléchir sur les moyens de se procurer la ration du jour pour elle et ses enfants.

Déplacée interne, Dame Kirakoya vit dans une pièce unique, couramment appelée « entrée-couchée », avec ses cinq enfants. La location mensuelle de la pièce est de  5000 F CFA qu’elle a du mal à payer. La quadragénaire parvient quelque peu à subvenir à ses besoins grâce à la vente de sable. Mais cette activité est compromise car les propriétaires terriens de l’endroit ne veulent plus qu’elle y ramasse le sable.

Originaire de Kelbo, region du Sahel, Mme Kirakoya raconte qu’elle et sa famille sont arrivées à Ouagadougou en 2020 après que des hommes armés aient fait irruption dans leur village. Elle explique : « Un matin, des hommes armés sont arrivés chez nous et ils ont commencé à tirer. Pris de peur nous avons fui. Mon mari a eu tellement  peur, qu’arrivé à Ouagadougou il est tombé malade et est décédé deux mois après. »

Désormais veuve, dame Kirakoya indique recevoir rarement des dons de personnes de bonne volonté :« Parfois des gens viennent à la mosquée pour partager des vivres. Quand on partage, chaque ménage reçoit un kilogramme et ça c’est vraiment rare. Régulièrement on attend à la radio que des gens viennent faire des dons à Panzani. Mais comme les sites de déplacés sont nombreux à Panzani, peut -être que les autres reçoivent régulièrement des vivres.

A proximité de la cour de la veuve Kirakoya, se trouve un autre ménage de déplacés. Mme Adeline Zalle et son conjoint disent avoir fui les exactions des terroristes pour se retrouver à Panzani.

Déplacée interne
Adeline Zalle

A force de penser à sa situation, Mme Zallé, mère d’un enfant, dit avoir tout le temps mal à la tête. Elle dit revenir de Tampouy, un autre quartier éloigné de sa maison et semble toute fatiguée, assise sous un arbre. Elle demande un médicament anti-douleur à sa voisine. « Je me sens très mal à force de réfléchir » explique-t-elle. « Je viens de Tampouy où se trouve la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS).

J’avais appris que des vivres y étaient distribués. Je me suis réveillée très tôt, aux environs de 4h du matin pour m’y rendre. Malheureusement je n’ai rien eu là-bas. Je ne sais pas ce qu’on va manger aujourd’hui. Mon mari, lui, il va sur les chantiers de construction pour faire le manœuvre ; mais, ces temps-ci, quand il sort, il ne gagne rien. C’est très compliqué pour nous en ce moment. » reconnaît Mme Zallé.

Le responsable du site des déplacés internes de Panzani 2, M. Moustapha Kirakoya explique que des personnes de bonne volonté et des associations vont souvent sur leur site pour octroyer des dons. Cependant, il déplore le fait de n’avoir jamais reçu de l’aide de l’Etat burkinabè.

Aucun enfant du site de Panzani 2 n’est inscrit dans une école publique

La rentrée scolaire a débuté au début du mois d’octobre au Burkina Faso. Malheureusement, cette année, plusieurs enfants en âge d’aller à l’école sur le site des déplacés de Panzani 2 n’ont pas la chance d’aller à l’école.

Le responsable du site de Panzani 2 explique : « Cette année aucun enfant de ce site Panzani 2 n’est inscrit au public. Avant la rentrée, je suis allé voir le directeur de l’école publique de Panzani pour qu’il inscrive nos enfants mais il m’a dit qu’il n’y avait plus de place. Je suis reparti le voir le 17 octobre ; il m’a encore fait savoir qu’il y avait plus de place. Les parents qui ont des gens pour les aider sont allés inscrire leurs enfants dans le privé. Ceux qui n’ont personne pour les aider ont encore leurs enfants à la maison ».

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Moustapha Kirakoya

Moustapha Kirakoya dit avoir recensé cette année plus de cent enfants en âge d’aller à l’école. Il a fait savoir que l’année dernière, la scolarité de certains enfants du site a été prise en charge par une personne de bonne volonté. Et cette année encore, cette personne a décidé de prendre en charge la scolarité des mêmes enfants.

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