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Burkina Faso: Yirgou, Solhan, Arbinda, Inata, Seytenga et Gaskindé, jamais de responsabilités situées dans ces tragédies

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Attaque terroriste
Image illustrative

Le Burkina Faso est secoué de tous les côtés par les groupes armées terroristes qui troublent la quiétude et la prospérité du pays. Depuis 2016, la liste funeste des drames ne cesse de s’allonger chaque année avec des bilans effroyables mais jamais de responsabilités situées. Il n’est pas rare d’entendre les autorités affirmer après un massacre des terroristes qu’il y a eu un dysfonctionnement au niveau de l’armée. Cependant, il n’y a jamais de coupable, même les enquêtes annoncées ne sont jamais terminées, “elles sont toujours en cours”. 

Par Nicolas Bazié

Qu’est-ce qui ne va vraiment pas dans cette histoire du terrorisme au Burkina Faso? La question ne trouvera certainement pas de réponse, mais beaucoup de Burkinabè se la posent. Après chaque massacre, les «condamnations fermes» pleuvent et chose bizarre, aucune responsabilité n’est située.

Tuerie de Yirgou 

Pour preuve, en janvier 2019, après une attaque armée à Yirgou dans le Centre-Nord du pays, où des Koglweogo sont indexés, l’affaire est toujours pendante en justice. 210 personnes avaient perdu la vie, selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation  des communautés (CISC). Un chiffre qui dépasse largement les 49 morts avancé par le gouvernement à l’époque. 

Des milliers d’âmes ont dû fuir la localité pour se réfugier dans d’autres zones. Malgré la gravité de cette violence, qui avait soulevé  une indignation au sein de la société, l’affaire est toujours dans les tiroirs de la justice. Or, il s’agissait, selon plusieurs observateurs, de la plus grave violence intercommunautaire jamais enregistrée au Burkina Faso.

Massacre de Solhan

Après Yirgou, les Burkinabè avaient dit « plus jamais ça». C’était sans compter sur les terroristes. En juin 2021, à Solhan, dans le Nord du pays, le sang d’innocents a coulé. Ce jour-là, 160 personnes civiles, hommes, femmes et enfants ont été tuées, selon plusieurs sources. Cependant, le gouvernement avait parlé de 132 morts. C’était l’attaque la plus meurtrière enregistrée dans le pays, depuis le début des violences terroristes en 2016.

Le président du Faso d’alors, Roch Kaboré, avait décrété un deuil national de 72 heures. Pourtant, des témoignages sur place faisaient croire que les FDS ont été contactées bien avant mais n’ont pas fait le déplacement dans la localité pour contrer les terroristes. Là encore, c’est le silence total sur les responsabilités des uns et des autres.

47 morts sur l’axe Dori -Arbinda

Sur l’axe Dori Arbinda, des groupes armés terroristes ont attaqué un convoi mixte le 18 août 2021 à non loin de Gorgadji. 47 personnes avaient perdu la vie dont 14 soldats. Dans la riposte, l’armée avait tué 58 terroristes. Dans cette attaque, plusieurs informations qui ont fait état de légèreté au cours du convoi n’ont toujours pas eu de réponse.

31 femmes massacrées à Arbinda

En décembre 2019, des terroristes ont attaqué le détachement militaire de Arbinda, dans la région du Sahel. La contre offensive a permis de tuer 80 terroristes si on croit les autorités militaires. Cette attaque, d’une « rare intensité» a duré plusieurs heures.

«Dans leur fuite, les terroristes ont lâchement assassiné 35 civils, dont 31 femmes, et blessé six personnes», avait précisé dans un communiqué, l’ancien ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Rémis Dandjinou.

53 gendarmes tués à Inata

Tout portait à croire que c’était la mort de trop. Ce qui ”bloquait la circulation sanguine » des Burkinabè, c’était la manière dont 53 gendarmes ont été tués dans une attaque terroriste à Inata dans la province du Soum, région du Sahel. 

Le 14 novembre 2021! Les burkinabè étaient loin de s’imaginer dans un jour de deuil indescriptible. Il était déjà trop tard, dans la matinée de cette date sinistre, lorsque les renforts sont arrivés à la base du détachement de gendarmerie d’Inata. 

Manque de matériel, d’effectifs, de provisions…, c’est une attaque meurtrière qui a mis en lumière le malaise qui régnait dans les rangs. La colère était palpable et insoutenable chez les burkinabè.

Les autorités avaient exigé un rapport sur ce drame, afin de situer les responsabilités. Des autorités militaires ont été relevées de leurs fonctions. C’est sans doute cette attaque qui a précipité  la chute du régime de Roch Kaboré, un peu moins de deux mois après, soit le 24 janvier 2022. 

Le 12 mai 2022, le Parquet militaire a fait savoir que l’enquête sur l’attaque du détachement (dans la province du Soum) suit son cours, afin de caractériser les faits et situer les responsabilités.  

«13 personnes ont été entendues en qualités de témoins, pour des faits susceptibles d’être qualifiés de mise en danger de la vie d’autrui, abstention de porter secours à des personnes en péril, refus d’obéissance ou tous autres infractions que l’instruction viendrait à découvrir », a affirmé la procureure militaire, Pascaline Judith Zoungrana. Jusqu’à ce jour, c’est silence radio.

Et tous demandent la publication du rapport d’enquête. Cependant, la reponse du president Damiba est claire “ tout le monde est coupable” a t-il déclaré à New York devant des burkinabè curieux de savoir ce qui s’est passé ce jour 14 novembre. 

Tuerie macabre à Seytenga

Le 11 juin 2022, c’était le jour du marché à Seytenga, dans la province du Séno, région du Sahel. Dans la soirée, des dizaines d’hommes armés pénètrent dans le centre de la ville et commencent à tirer sur tout ce qui bouge. 86 civils seront massacrés sans état d’âme. Des milliers de personnes ont rejoint Dori, chef-lieu de la région du Sahel. 

Le chef de l’Etat Paul Henri Damiba avait réaffirmé son engagement « à traquer, à dénicher et à mettre hors d’état de nuire tous les auteurs de ces crimes odieux». Ce dossier est également flou. La suite? On la connait. Les responsabilités n’ont jamais été situées malgré les doigts pointés contre le détachement militaire de la zone qui aurait été informé au préalable.

Un convoi de ravitaillement violemment attaqué à Gaskindé

Comme si tous ces massacres ne suffisaient pas, les terroristes vont s’en prendre à un convoi de ravitaillement à Gaskindé, dans la province du Soum, région du Sahel, le lundi 26 septembre 2022. 

11 militaires ont été tués et une cinquantaine de personnes civiles portées disparues, selon le gouvernement. Le 28 septembre 2022, le ministre délégué chargé de la défense, Silas Keïta a affirmé qu’il y a eu malheureusement des complicités.. 

« Pour l’instant, nous allons nous taire sur les actions en cours», a-t-il fait savoir. Et de déclarer: « Il y a eu des complicités malheureuses dans cette attaque. Nous sommes sous le choc. Nous voulons rassurer que les opérations menées hier, ont été menées avec rigueur », soutient le ministre délégué, le général Silas Kéita. Dans cette situation, l’on espère encore que les responsabilités seront clairement situées contrairement aux autres attaques barbares.

La spirale infernale des violences terroristes s’est aggravée, jusqu’à faire du Burkina Faso, l’épicentre des violences dans le Sahel. Les massacres ont créés de force, de nombreux orphelins, de veuves bref, de milliers de déplacés internes à travers le pays. Mais, jamais, il n’y a eu de justice pour toutes ces victimes, aucune responsabilité n’est située après toutes ces tragédies. 

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