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Burkina gouvernement Transition: quels défis pour les « 25 élus » au repas de Damiba?

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Burkina gouvernement Transition
Le Président de la Transition du Burkina Faso Paul-Henri Damiba et tous ses ministres au sortir du premier conseil de prise de contact. @Présidence du Faso.

Fin des travaux agaçants pour le chef des putschistes, Paul-Henri Sandaogo Damiba, devenu Président de la Transition. Il a pu mettre en place la première institution importante de la Transition à moins d’un trimestre de prise de pouvoir. Le gouvernement très attendu est composé de 25 ministres dont les noms ont été dévoilés le 5 mars 2022 dans un décret présidentiel lu à la télévision nationale.

Par Siébou Kansié

Il ne reste plus qu’à commencer le travail qui attend. Tout est allé si vite…et bien? …et mal? On ne le sait pas d’abord. Le Président Damiba a fait les choses militairement. A moins de deux de mois, tout a été défait et refait. Le gouvernement légal est tombé, un autre pas légal s’est dressé. Il s’est forgé la légalité et tout est en train de se mettre sur les rails. Quelle rapidité! Quelle prouesse!

Après la nomination du premier ministre de la Transition, Dr Albert Ouédraogo dont la nouvelle est tombée comme un couperet un certain 3 mars 2022, la liste des membres de son gouvernement n’a pas tardé. Elle tombe 48 heures après, le 5 mars, un peu tard dans la nuit.

Une liste de 25 ministres qui est en phase avec les exigences de la charte de la transition adoptée bien avant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un gouvernement en mode resserré comme ce fut le cas du dernier gouvernement de l’ex-Président Roch Kaboré. Il comptait 25 ministres en plus du premier ministre d’alors, Dr Lassina Zerbo.

Contrairement au Mali et en Guinée, au Burkina Faso, les membres clés du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), l’organe du putsch, ne sont pas dans le gouvernement.

Mais l’équipe du Dr Albert Ouédraogo, est fortement panachée comme l’on pouvait s’y attendre. On y retrouve des militaires et des civils. C’est un gouvernement de guerre.

La dénomination de certains ministères a été un tout petit peu, réajustée. Un nouveau ministère a été crée: celui des Affaires Religieuses et Coutumières. Un homme de bonnet rouge, le Dawelg Naaba Boalga Issaka Sourwema nommé à sa tête.

De gros chantiers attendent les chefs d’unités de Damiba

Le gouvernement d’Albert Ouédraogo de prime à bord, est composé de bosseurs. Des têtes bien connues de tous, y sont. Quels défis donc, pour ces 25 élus au repas du « seigneur »?

Du ministre de la défense en passant par celui de l’enseignement supérieur, de l’Education nationale, de la fonction publique, entre autres, tous, semblent être des hommes qui comprennent déjà les défis, les enjeux qui les attendent.

A la défense par exemple, le général Aimé Barthélémy Simporé, ministre reconduit à la tête du ministère de la défense nationale et des anciens combattants, connait déjà  le département et les défis qui l’attendent.

Le premier très attendu de tous, c’est la reconquête, la restauration de l’intégrité du pays envahi par des terroristes. Le territoire national doit être sécurisé afin que les déplacés retournent chez eux.

Au niveau de la fonction publique, le Président Damiba a jeté des galettes chaudes à Bassolma Bazié. C’est un ministère qui ne finit jamais de gérer ses problèmes.

Le projet de la remise à plat des salaires attend. La fameuse question de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) dont M. Bazié avait défendu le dossier pendant qu’il était le premier responsable de la Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B),attend également.

Que dire des problèmes de corruption, des lenteurs administratives défendus par le syndicaliste d’antan, lui qui a tenu des combats à des générations de ministres?

Chez Lionel Bilgo, les enseignants du ministère de l’Education nationale attendent beaucoup de reformes dans le ministère.

Son prédécesseur le Pr Stanislas Ouaro avait entamé le projet de reformes éducatives à l’issue des assises nationales de l’Education tenues en 2021. Beaucoup d’acteurs qui ne trouvaient pas cela participatifs, s’y étaient opposés. Que fera Lionel Bilgo?

Dans l’enseignement supérieur, des crises subsistent dans presque toutes les universités publiques. A l’Université Nazi Boni de Bobo, des étudiants demandent le départ du président de l’Université après les violents affrontement entre la police et des étudiant en fin d’année 2021.

A Ouagadougou, c’est l’argent qui manque pour payer l’aide aux étudiants. Au-delà de ces questions, il y a celles de fond sur les retards, les chevauchements d’années. Il y a du boulot.

Que dire du ministère de la réconciliation nationale! L’ex-Président Roch Kaboré est parti avec sa suite, alors que Zéphirin Diabré bouclait son grandissime chantier de réconciliation nationale.

De gros investissements ont été mobilisés pour conduire ce projet de réconciliation nationale dont les assises devaient se tenir en février.

Que fera le nouveau ministre Yéro Boly? Va-t-il tout abandonner pour aller sur de nouvelles bases? Et la question du retour de l’ex-Président Blaise Compaoré qui était aussi sur le bon chemin? Va-t-il accélérer ce dossier, lui qui a été un ex-ministre sous Blaise Compaoré?

Du travail, il en existe également dans les autres ministères au point où, personne n’aura de répit jusqu’à la fin du mandat de la Transition.

Le Président Damiba qui aura des comptes à rendre aux Burkinabè à la fin du mandat transitoire, ne laissera certainement aucun ministre, si on en croit ses discours, freiner son élan, ses actions lui permettant d’atteindre ses objectifs.

C’est donc dire pour les ministres désignés, que l’heure est plus aux réflexions dans le sens d’apporter du sang neuf dans son ministère qu’aux réjouissances.

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