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Burkina : les structures de microcrédits au cœur du développement des activités des femmes

structures de microcrédits
Image d'illustration

Dans le souci de lutter contre la pauvreté au Burkina Faso, des structures publiques et privées de microcrédits participent au développement en octroyant des prêts aux femmes. Ces prêts permettent aux femmes d’être autonomes et indépendantes. Libre info s’est approché de quelques structures de microcrédits et de femmes pour échanger sur les avantages et les difficultés liés aux crédits octroyés aux femmes.

Par Rama Diallo, stagiaire

« Le fonds m’a permis d’agrandir mon activité commerciale et de multiplier mes activités génératrices de revenus. Au début, j’ai eu quelques soucis avec les délais de remboursement. Je n’arrivais pas à respecter les délais, ce qui fait que je devais payer des pénalités à chaque fois. La période de remboursement est de douze mois. Le vrai souci est que le remboursement se fait dès le mois suivant l’obtention du crédit. Alors que ce n’est pas évident que le prêt ait générer des revenus dès le premier mois. Le temps d’attente pour le décaissement est long et va au-delà de 45 jours. C’est avec le FAARF que j’ai pris le crédit. Actuellement j’ai fini de rembourser le prêt. Pour le moment je n’ai pas l’intention de prendre un autre prêt. Le taux d’intérêt était à 10% » témoigne Assata Diabaté.

Le Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes (FAARF) a été créé en 1990. Il fait la promotion de l’activité socio-économique des femmes afin de leur permettre de participer davantage au processus de développement. Ce fonds est exclusivement dédié aux femmes pour faciliter leur accès aux crédits.

Les conditions d’accès aux crédits du FAARF sont : être une femme burkinabé ayant une activité génératrice de revenu, ne pas être salariée du public ou du privé, avoir une carte d’identité burkinabé valide. Le FAARF offre ces crédits à des groupements et associations composés de 10 personnes et chaque personne peut recevoir au maximum 200 000 FCFA, pour le groupement, le montant est compris entre 50 000 et 3 000 000 FCFA.

Pour renouveler le crédit, par membre l’augmentation par pallier de 100 000 FCFA sans dépasser 50 0000 FCFA.  Pour le groupement le prêt maximum est de 10 000 000 FCFA. Pour le groupe solidaire, par membre le montant maximum est de 200 000 FCFA. Pour le renouvellement de crédit par membre l’augmentation par pallier est de 100 000 FCFA sans dépasser 1 000 000 FCFA. Pour les individuelles, le premier crédit va de 5 00000 FCFA à 1 000 000 FCFA. Pour renouveler, le prêt l’augmentation par pallier est de 250 000 FCFA sans dépasser les 3 000 000 FCFA sur 24 mois. A partir de 1 000 000 FCFA, un aval s’avère nécessaire pour les nouvelles clientes.

Au niveau du FAARF, le taux d’intérêt est de 5% pour un crédit d’une durée de 6 mois. Pour un crédit d’une durée de plus de 6 mois et moins de 24 mois, le taux d’intérêt est de 10% l’an.

Kadi Zongo, une restauratrice, nous parle avec un sourire aux lèvres de son expérience avec COOPEC GALOR. « J’avais un petit kiosque mais grâce au prêt que j’ai pu obtenir avec COOPEC GALOR, j’ai pu l’agrandir et embaucher deux filles. Pour obtenir le crédit, j’ai d’abord ouvert un compte et deux mois après j’ai déposé une demande de crédit. Et c’est au bout d’un mois que j’ai obtenu le prêt. Il faut dire que j’avais déposé d’abord une garantie. Le remboursement se fait chaque jour. Chaque soir, il y a une femme qui passe prendre 500 FCFA. J’ai emprunté deux cent mille et j’arrive à m’en sortir. Le taux d’intérêt est de 12% ».

L’association Bangré Ziiga a également contracté un crédit avec COOPEC GALOR. Bibatou Zoungrana, la présidence revient sur les difficultés rencontrées après l’obtention du crédit. « Les femmes de notre association font la couture, fabriquent du savon et de la pommade. L’association existe depuis 2007 mais c’est en 2014 que nous avons commencé à prendre des prêts. Ce qui a permis à chaque femme de l’association d’agrandir son atelier. Moi personnellement, au début j’arrivais à payer mon crédit mais après je suis tombée malade. J’ai donc été obligée de fermer mon atelier. Les agents du microcrédit sont venus chez moi, je leur ai expliqué mon problème et ils m’ont compris. Mon mari m’a aidé à payer le reste. Au début c’est avec la COOPEC GALOR qu’on prenait le crédit mais leur système de remboursement ne nous permet pas de nous en sortir. Plusieurs femmes ont eu des soucis avec leurs agents. Jusqu’aujourd’hui, l’association doit deux cent mille à COOPEC GALOR. Nous étions oubliées de changer de structure. D’ici là nous allons finir de payer. La nouvelle structure qui nous a donné le prêt est Belwet. Cette année notre association a obtenu un prêt de plus de 21 millions.  Avec la nouvelle structure il n’y pas de garantie ni d’un aval. Nous devons payer le crédit sur une année et pour le moment tout se passe bien. Chaque femme arrive à verser sa quotepart. Le taux d’intérêt est de 10% ». Elle rappelle que Le FAARF donne des prêts ne dépassant pas 1million et que ce montant n’arrange pas l’association.

Dembega Albert, gérant de COOPEC GALOR revient sur les conditions d’accès aux crédits pour les associations, à savoir, disposer d’une épargne obligatoire 25 % minimum du montant sollicité, disposer d’une garantie financière ou matérielle, avoir un aval ou d’une caution solidaire de remboursement. Les montants alloués vont de 50.000 à 25.000.000 FCFA avec un taux d’intérêt de 12,5%.

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