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Burkina/situation nationale : entre la sécurité et les élections quel camp a choisi le pouvoir du MPP?

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Le Burkina Faso traverse une période cruciale de son histoire. Quatre régions et pas des moindres, les régions du Sahel, du nord, du centre-nord et de l’Est ont des territoires sur lesquels l’Etat n’a plus le contrôle et qui sont devenues des zones de non droit où se déroulent tout type de crimes. Après que les administrations publiques et scolaires aient fermées boutique, c’est au tour des populations de ces zones de se déplacer en masse dans les villes, leurs villages étant pris pour cible par les groupes terroristes. Partout dans ces régions, de gens fuient. Presque tous les corps de métiers de la fonction publique burkinabè dénoncent des injustices et revendiquent l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Des grèves et des sit-in sont observés sur toute l’année dans plus d’une dizaine de corps de métiers différents. Face à la situation qui n’est visiblement pas loin du chaos, le pouvoir du mouvement du peuple pour le progrès (MPP) semble bien avoir priorisé les élections de 2020 au détriment de tous ces problèmes dont certains conditionnent la tenue de ces mêmes élections.

Il faut préciser que depuis la création de la Haute-Volta en 1919 devenue Burkina Faso en 1984, jamais une crise aussi importante n’a été observée sur son territoire. Plus de 600 morts ont été enregistrés selon un décompte des victimes d’attaques terroristes, avec plus de 170 447 mille déplacés internes selon des chiffre donnés par les services de coordinations des affaires humanitaires (OCHA). Mais, c’était encore qu’au mois de juin avant que la situation ne s’empire au centre-nord entraînant le déplacement de plus trente mille personnes venues de trente un village depuis le mois de juillet selon la Mairie de Barsalogho.
On a au sahel une urgence humanitaire doublée d’une menace terroriste. A l’est, des foyers de résistances terroristes malgré la foudre otapouanou qui a laissé semble-t-il de graves séquelles aux terroristes après son passage en mars dernier. Au centre-nord, l’opération Doofu qui s’étend aussi dans les deux autres régions (Sahel et le Nord) n’aura pas réussi à maîtriser la situation en témoigne les milliers de gens qui fuient leurs villages chaque jour pour s’installer dans les zones urbaines.

La société burkinabè se porte mal. Tous les corps de métier de la fonction publique ont eu et ont toujours des revendications, les médecins iront encore en grève après plusieurs grèves observées depuis le mois de mai. Les avocats étaient observés un mouvement d’humeur, suspendant leur participation aux audiences pénales, les enseignants aussi, les financiers, les administrateurs civils etc.

Des milliers de personnes se déplacent dans les campagnes au centre-nord, au nord et au sahel. Ce qui implique une production agricole menacée pour un pays dont l’agriculture est la principale activité des populations rurales. Le pouvoir du MPP pris entre la spirale des violences terroristes entraînant des déplacements massifs de la population et des revendications sociales renforcées, semble bien avoir choisi de dormir sur ses lauriers la nuit et battre campagne le jour pour la réélection du président Kaboré pour une élection encore incertaine au regard de la détérioration de la sécurité dans la moitié du pays.

Les populations qui se déplacent sont laissé à elles-mêmes, les terroristes frappent dans les zones nord et centre-nord quand ils veulent et comme ils veulent sans une réponse appropriée. L’impression que les gens ont, c’est comme si le problème est observé en vue d’être exploité en faveur de quelqu’un que cette situation arrangerait. Pendant que le chaos s’installe peu à peu, ce qui semble préoccuper le plus les acteurs politiques du MPP, c’est la réélection du président Kaboré.

Le MPP est-il en campagne ?

Au cours d’un rassemblement des jeunes du MPP à Koudougou, le samedi 8 juillet dernier, Bachir Ismaël Ouédraogo ministre de l’énergie qui exécutait des pas de danse, scandait aussi la réélection sans conteste du président Kaboré pour un nouveau quinquennat en 2020.

Les inaugurations d’édifices publiques en grand pompe accompagné de médiatisation à outrance, les dons des pays étrangers, le départ des pèlerins du hadj 2019 etc., sont des occasions que les dignitaires du pouvoir du MPP ne manquent pas pour battre campagne.

C’est ainsi qu’on apprenait de la bouche même du ministre des infrastructures lors de l’inauguration de l’échangeur du Nord que l’idée de construire des échangeurs dans la ville de Ouagadougou venait de Roch Marc Christian Kaboré quand celui-ci occupait le même ministère dans les années Blaise Compaoré.

Du coup, le gouvernement actuel semble s’être lancé dans une campagne électorale d’envergure au Burkina et même à l’extérieur du pays et au grand dam des innombrables problèmes sécuritaires, humanitaires, administratif etc.

Certains ministres vont même oser affirmer que le bilan obtenu par le président Kaboré en trois ans, n’est égalable à celui d’aucun autre chef d’État burkinabè.

Quel déphasage avec la réalité dirons certains ! Surtout quand n’importe qui des burkinabè sait que Thomas Sankara dans une certaine époque où les choses étaient beaucoup compliqués que de nos jours a réussi avec des moyens rudimentaires locaux à atteindre l’autosuffisance alimentaire en moins de trois ans. Aujourd’hui, la balance commerciale du Burkina Faso est déficitaire. C’est connu et su de tous !

L’inauguration de la route Tougan-Dédougou qui a rassemblée les trois quarts du gouvernement, dans la région de la Boucle du Mouhoun en juin 2019 annonce l’ouverture voilée d’une campagne électorale avec des ministres, des députés qui chacun de son côté tentant de tester sa capacité de mobilisation à travers l’organisation de meeting de soutien dans l’attente d’une élection menacée par une crise sociale profonde.
La partie organise d’ailleurs le 21 juillet prochain, “un giga meeting de soutien au président Kaboré ” en Côte d’Ivoire. L’objectif visé, est la réélection de celui-ci en 2020 à la tête du pays par tous les moyens. Un pays dont la moitié du territoire est menacé et dont les populations fuient tous les jours depuis le mois de janvier 2019.

Le dialogue politique initié avec l’opposition discutera en partie de cette élection de 2020. Ce qui montre à quel point, pour les ténors du MPP, la réélection de Roch Marc Christian Kaboré en 2020 est une priorité au-dessus de la sécurité, de la santé et du bien-être des burkinabè.

Peut-on tenir une élection dans de telles conditions sécuritaires ?

Les conditions sécuritaires actuelles sont-elles favorables à l’organisation d’une élection ? Le constat sur le terrain est évocateur. Dans les régions visées par le terrorisme, il existe des zones sur lesquelles l’État n’a plus le contrôle.Les populations ont fui, les braquages et les attaques sont récurrents dans ces localités.


Si la situation sécuritaire actuelle du pays reste en l’état, on se demande bien, comment faire voter tous les burkinabè en âge d’accomplir leur devoir quand une partie de la population fuit, et s’installe un peu partout dans le pays et même à l’extérieur ?

Pour que les résultats d’une élection soient représentatifs de la volonté populaire, il faut qu’elle connaisse la participation de la majorité de la population. Dans le cas où une partie de cette population n’est plus dans la possibilité de participer au scrutin, la priorité n’est-elle pas de sécuriser d’abord ses zones d’habitations pour qu’elle puisse y retourner et attendre les élections pour lesquelles il reste encore du temps, au moins une année ?

Il reste encore plus d’une année avant que le mandant du président Kaboré n’arrive à terme. Plus le phénomène des déplacements des populations est négligé, plus il prend de l’ampleur et conditionne même la tenue d’élections et remet en question leurs crédibilités au cas où elles se tiennent malgré tout.

Qui est-ce que les uns et les autres comptent gouverner quand ceux-ci s’enfuient et vont jusqu’en Côte d’Ivoire pendant que ceux-là moisissent dans les camps de déplacés sans le minimum vital?Sur une moitié du territoire peut-être!Le Burkina Faso s’imagine-t-il organiser une élection comme celle du Mali sur une partie de son territoire ?
La Rédaction
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