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Burkina vie chère : « J’ai remplacé mon savon habituel de bain et de lessive par « cabakourou »»( Adjara Seremé)

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Le prix des savons a également augmenté.

Au Burkina Faso, les prix des produits de première nécessité ont connu une augmentation depuis un certain temps. Les produits comme le sucre en poudre, le savon, le riz, et l’huile, subissent régulièrement une hausse de prix. Qu’est-ce qui explique cela ?  Quel est l’impact de cette flambée des prix sur la vie des ménages ? Des acteurs s’expliquent.

Par Rama Diallo

L’augmentation des prix des denrées de première nécessité est un véritable casse-tête pour les populations burkinabé. Suite à cette hausse incontrôlée des prix des denrées alimentaires, certains Ouagalais n’arrivent plus à se procurer les trois repas journaliers.

Dans la famille de monsieur Yacouba Ouédraogo, tous les membres ne sont plus bénéficiaires du déjeuner, le repas de midi. Il est exclusivement réservé aux enfants. Les adultes se contentent d’un seul repas par jour, le dîner.

« Je suis un chauffeur de taxi. Avant, je déposais 1 000 francs CFA pour toute la journée. Maintenant, à cause de la cherté de la vie, je dépose 1500 francs CFA pour uniquement la nourriture du soir. Au début quand ma femme m’expliquait, je croyais qu’elle me mentait. Après, j’ai compris qu’elle me disait la vérité », explique M. Ouédraogo.

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Le bidon d’huile de 20 litres est  à vingt mille francs actuellement. Il coûtait 125 00 F, soit une hausse de 7500F explique Olivier Ziba, un boutiquier.

Les prix ont flambée, l’on ne peut plus rien acheter sur le marché. Le kilogramme de riz est passé de 350 francs à 500 francs présentement, indique Adjara Seremé. Selon elle, le savon de 200 francs est passé à 250. Chez elle, l’argent de popote est 1 000 francs. Une somme insuffisante pour couvrir les dépenses. Elle achète chaque soir, un kilogramme de riz à 500 francs. La monnaie restante est dépensée dans les condiments pour la sauce.

Tasseré Guigma, lui, est un commerçant. Il a une boutique. Il nous signifie que depuis de mois d’avril 2021, les prix des produits s’augmentent à une très grande vitesse. D’après lui, en novembre 2021, le sac de riz de 50 kg était à 17 750 francs. En février 2022, le même sac est passé à 20 000 francs. La boite de lait concentré qui était à 800 francs est passée à 1000 francs en 2022.  1 kg de sucre en poudre coûte actuellement 600 francs sur le marché alors qu’en octobre 2021, le même kilogramme coûtait 450 francs dans sa boutique.

Monsieur Guigma rappelle que même les prix des condiments (les tomates, oignons et autres), ont augmenté. Le boutiquier Tasséré Guigma voit ses recettes baisser de jour en jour depuis le début de l’année 2022. « Je peux passer toute la journée sans vendre pour dix mille francs. Tellement les produits sont devenus chers, nous ne gagnons plus de bénéfices. Les gens n’achètent plus rien. », se lamente-t-il.

Du côté de la clientèle, c’est la baisse du pouvoir d’achat qui explique ce fait.  Chez Adjara Seremé, la rareté des finances a conduit à un réajustement des dépenses familiales. « Mon savon habituel qui était à 200 F coûte maintenant 250 F. Je l’ai changé par le savon de fabrication locale communément appelé « cabakourou » qui « dure plus » pour ma lessive et le bain ».

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Les produits de première nécessité dans les boutiques et yaars ont flambé.

Les prix des produits ont grimpé au point où plusieurs boutiques ont des difficultés de fonctionnement du fait de certains produits qui ne s’achètent plus. Le bidon d’huile de 20 litres est  à vingt mille francs actuellement. Dans les mois antérieurs (année 2021), le même bidon coûtait douze milles cinq cent francs, soit une hausse de 7500F, explique Olivier Ziba, un boutiquier.

« Je n’ai presque plus de marchandises à cause de l’augmentation des prix chez les grossistes. Le comble, est que le commerce ne marche plus comme avant, les gens n’ont plus d’argent pour venir faire les achats. Je peux venir au marché et repartir à la maison avec seulement cinq mille francs comme recettes de la journée », a laissé entendre le commerçant Ziba.

Pour l’opérateur économique Roch Nagalo, c’est la crise sécuritaire due au coronavirus qui explique cette situation. « Le confinement n’a pas permis à beaucoup de structure de fonctionner et de produire normalement comme il se devait. Également, au niveau des industries de transformation, il n’y avait pas assez de main d’œuvre à cause du confinement », précise le secrétaire général du Syndicat national des commerçants du Burkina Faso, Roch Nagalo.

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L’opérateur économique burkinabè Roch Nagalo, secrétaire général du Syndicat national des commerçants du Burkina Faso.

Une autre réalité selon M. Nagalo qui justifie ce fait, est la flambée du coût du transport maritime. Les prix des  matières premières ont connu également une hausse à cause de la covid-19, relève  l’opérateur économique.

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