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Edito : Caisse des dépôts et Consignation (CDC),attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

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Caisse des dépôts et consignations
Le siège de la Caisse des dépôts et consignations à Ouagadougou

Créée en 2017, la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso a pour missions d’assurer la collecte et la mobilisation de ressources financières longues, ainsi que le financement des projets d’investissements structurants notamment, en matière d’infrastructures économiques et sociales, de même que la restauration des entreprises à caractère stratégique en difficulté. Au regard de plusieurs difficultés, le gouvernement a décidé le 17 août 2022 de la suspension immédiate des activités de la CDC-BF, de la réalisation d’un audit et de la mise en place d’une commission à l’effet d’analyser les procédures pour sa dissolution. 

Par La Rédaction

Le gouvernement de transition a procédé le mercredi 17 août 2022 à la suspension des activités de la Caisse des dépôts et consignations (CDC-BF). Deux motifs « officiels » ont principalement justifié la décision. D’une part, il y aurait « une absence de consensus » entre la CDC et ses partenaires financiers (CNSS, CARFO, La Poste Burkina…).

En clair, ses organismes refusent de confier les épargnes qu’ils collectent, à la CDC qui se trouve, de ce fait, dans l’incapacité (cela ne date pas d’hier) de remplir sa mission de financement des investissements publics.

D’autre part, des problèmes d’ordre juridique mettraient l’institution dans « une quasi illégalité ». En perspective, les autorités affirment vouloir se donner les moyens d’ausculter le montage juridique de la CDC avant une relance éventuelle ou avant la mise en place d’une autre institution de financement du développement.

A moins d’un retournement de situation, nous assistons donc à un enterrement de première classe d’un dispositif pour le moins innovant de financement portées sur les fonts baptismaux par le régime post insurrectionnel de Roch Marc Christian Kabore.

Avec pour une ambition aussi noble que celle de financer le développement du pays par des ressources locales durables en réduisant, du coup, la part des financements extérieurs dans l’économie nationale.

Sans être dans les secrets des dieux, on peut parier que les autorités de Transition ne sauraient ou ne voudraient aller à l’encontre d’un tel idéal de développement.

Et s’il faudrait que le vent de dégagisme qui souffle à la tête de certaines institutions et sociétés d’Etat n’épargne pas la direction actuelle de la CDC-BF, il faut songer néanmoins à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, en préservant ce mécanisme qui a suscité tant d’espoir, d’attentes mais aussi de sacrifices divers depuis quelques années.

En effet, les raisons avancées par le gouvernement relèvent parfois du paradoxe. Qui sont-ils ces « patrons » aussi forts face à des autorités « intraitables » au point de « refuser » de se conformer à une disposition légale qui confie l’administration des dépôts, des consignations, des fonds de retraite à une institution publique spéciale, la CDC-BF ?

La Transition, conseillée par un ancien directeur national de la BCEAO a-t-elle échoué à convaincre ses super patrons friqués de libérer les épargnes ? Ou laisse-t-elle faire parce qu’elle ne croit simplement pas à « ce machin » mis en place par le pouvoir déchu? L’avenir nous le dira.

A propos de la deuxième raison avancée, pourquoi l’arrimage à l’Assemblée nationale gène-t-il autant au ministère des Finances avant même l’avènement de la Transition ?

Les statuts de la CDC dénient-t-ils tout pouvoir de représentation à l’actuelle Assemblée législative de Transition (ALT) dans le Conseil de surveillance de l’institution ?

Jusqu’à plus ample informé, il nous semble, pour notre part, que cet ancrage institutionnel à la Représentation nationale se présente comme le meilleur verrou de sauvegarde des épargnes permettant d’éviter que cet outil de souveraineté ne soit à la merci de manipulations de tous ordres, par les puissants du moment. Cela, en tirant leçons des expériences malheureuses antérieures.

Et pourtant ! De nombreux burkinabè se sont pris à rêver à l’annonce des premiers investissements de la CDC pour 2020. Si le chantier du barrage de Samendeni (encore inachevé) a trainé plus d’une dizaine d’années avant la réalisation de la première phase, si le projet d’aéroport de Donsin ressemble aujourd’hui encore à une arlésienne… c’est peut-être par manque d’un outil endogène de financement du développement.

Le Burkina Faso devrait -il continuer à tendre la sébile comptant sur la mansuétude internationale pour financer ses projets structurants ?

La décision de suspension des activités de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui fait le bonheur de tous ses usuriers des temps modernes « louant » nos épargnes juste pour les intérêts, semble nous y condamner. A moins d’un autre sursaut patriotique!

Pour notre part, dissoudre la CDC relèverait d’une erreur historique majeure dont les auteurs pourraient avoir à s’expliquer à un moment donné de l’histoire du pays.

Il conviendrait plutôt que l’Etat revoit sa copie, qu’il prenne une décision indépendamment des rapports de force du moment, des pressions diverses et des lobbyistes politico-économiques qui en voient que leurs intérêts.

Il pourrait ensuite envisager une réforme profonde des textes qui régissent le fonctionnement de la CDC toujours dans l’esprit de renforcer sa crédibilité, sa résilience plutôt que de la placer sous les fourches caudines de l’administration publique.

Lire aussi: Burkina Faso: vers la dissolution de la Caisse des dépôts et consignations (CDC)

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