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Catastrophes naturelles: 106 228 personnes sinistrées dont 50 052 très vulnérables en besoin d’assistance d’urgences

« La situation de catastrophes naturelles que traverse le Burkina Faso a déjà provoqué 41 décès et 112 blessés à la date du 18 septembre 2020. » C’est Marie Laurence Ilboudou, ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire qui a annoncé ces chiffres au cours d’un point de presse sur la situation humanitaire au Burkina. C’est le mardi 22 septembre 2020 à Ouagadougou.

Par Georges Youl,stagiaire        

La situation humanitaire actuelle du Burkina Faso est caractérisée par des déplacements massifs de populations. Cela est due d’une part à la crise sécuritaire que connais le Burkina Faso, et d’autre part aux catastrophes naturelles (inondations, vents violents) ayant causées des sinistrés et des démunies.

Dans le but d’apporter une réponse qui prend en compte les secteurs prioritaires, le gouvernement a déclaré l’état de catastrophe naturelle et a par la même occasion débloqué  5 milliards de FCFA.

Bilan de la situation sécuritaire au Burkina Faso

A la date du 08 septembre 2020, le Burkina Faso enregistre 1 034 609 personnes déplacées internes(PDI). Ceux-ci sont constitués de 16,72% d’hommes, 22,9% de femmes et 60,38% d’enfants tous répartis dans 257 communes.

En ce qui concerne les catastrophes naturelles, on dénombre 13 régions, 36 provinces et 116 communes touchées. A la date du 18 septembre 2020, le Burkina Faso compte 106 228 personnes sinistrées dont 50 052 personnes très vulnérables ayant besoin d’une assistance d’urgences.       

A cela s’ajoute 12 378 maisons d’habitations détruites, des pertes d’animaux, plus de 500 tonnes de vivres détruits ou emportées par les eaux et plusieurs hectares de champs inondés.

En réponse à cette situation sécuritaire, le gouvernement à procéder entre autres à la distribution de kits articles ménages essentiels à 9 439 ménages, à la scolarisation de 152 392 enfants de 3 à 7 ans et à la prise en charge de 64 318 enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aigüe sévère ou modérée. A ce jour, 7 356 tonnes de vivres ont été distribuées à 500 434 personnes démunies.

Face à la situation de catastrophe naturelle, l’Etat burkinabè a procédé à l’enregistrement de toutes les personnes sinistrées sur l’ensemble du territoire et à l’évaluation de leurs différents besoins. C’est ainsi que 400 tonnes de riz, mil, maïs et haricot ont été distribuées (distribution en cours) à 18 750 personnes sinistrées, soit 36% de couverture des personnes les plus vulnérables.

Les critères de prise en charge des personnes sinistrées

A en croire la ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire, ce ne sont pas toutes les personnes sinistrées qui bénéficient de l’aide de son ministère. «Nous nous travaillons sur la vulnérabilité ; il y a des personnes qui sont des déplacées, mais qui ne sont pas vulnérables. On ne s’occupe pas de ceux-là». «Notre premier critère de d’enregistrement des sinistrés c’est l’indigence, la vulnérabilité. Ceux qui sont dans les zones inondables (zones déclarées officiellement inondables) ne sont pas passibles d’être enregistrés car ils ne devraient pas se trouver dans ces zones, a-t-elle expliqué.

Outre le critère de la vulnérabilité, il faut être également dans les zones d’accueils pour bénéficier de la prise en charge de l’Etat. Hélène Marie Laurence Ilboudou/Marchal a précisé cela en ces termes : «l’Etat ne viendra pas en aide aux personnes déplacées internes de Ouagadougou ; faire de Ouagadougou une zone d’accueil va créer une situation d’insécurité. Ouagadougou et Bobo-Dioulasso ne peuvent pas être des zones d’accueil, même s’il y a des gens qui sont en situation précaire». Elle a expliqué qu’il faut que ces derniers rejoignent les zones d’accueil pour pouvoir bénéficier de l’aide de l’Etat.

Par ailleurs, la ministre a également expliqué que lorsqu’un particulier veut venir en aide aux personnes sinistrées, ce dernier doit faire un écrit pour entrer en contact avec son ministère pour être orienter vers les zones les plus appropriées. « Si un particulier décide d’aller seul, c’est sa liberté, je ne peux l’empêcher, mais il ne bénéficiera pas de l’accompagnement de mon ministère » a-t-elle insisté.

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