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Cohésion sociale : à Bourasso dans la province de la Kossi les communautés fument le calumet de la paix

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Bourasso a abrité le 25 mars 2021 une cérémonie de réconciliation entre les fils et filles de cette commune située à une vingtaine de kilomètres de Dédougou dans la Province de la Kossi. Présidée par le Gouverneur de la Boucle du Mouhoun, Edgard Sié Sou, la cérémonie officielle a enregistré la présence des autorités administratives, coutumières et religieuses de la région. Cette réconciliation entre les habitants de Bourasso a été initiée et conduite à terme par la Coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale (CJPaCS).

Par Tatiana Kaboré, de retour de Bourasso(Kossi)

C’est par des prières et des bénédictions que la cérémonie de réconciliation entre les fils et filles de la commune de Bourasso a débuté. La recherche de la paix et de la cohésion sociale au sein des communautés est très importante. C’est dans ce but que la CJPaCS a initié cette journée de réconciliation pour traduire son engagement de pèlerin de la paix au profit des communautés par des approches endogènes autour des leaders. Cette cérémonie qui est le couronnement d’une concertation s’annonce comme un témoignage public entre les frères d’une même localité qui veulent vivre ensemble et conjurer la haine et la violence dans leurs différentes cohabitations selon la Coalition Jam.

A l’occasion, plusieurs personnes sont intervenues, à savoir Jean Baptiste Traoré, le chef de canton de Bourasso, qui a remercié toutes les autorités présentes et la coalition Jam qui ont « Sacrifié leur temps en ce jour pour nous accompagner dans notre marche vers la réconciliation entre les filles et fils de notre commune pour l’aboutissement d’une démarche collective que j’ai de concert avec l’ensemble des leaders d’opinions de Bourasso entamé dès le mois de janvier. Un processus de réconciliation, de paix et de cohésion sociale sous l’égide d’une caravane initiée par la Coalition Jam qui signifie en Fulfudé « la paix ».

Aimé Sosthène Coulibaly, Maire de la commune de Bourasso, a salué les différentes autorités coutumières, religieuses, les autorités administratives et la coalition Jam. « Ce jour marque un tournant décisif dans l’histoire de la commune et restera gravé dans ses annales en ce sens qu’il va favoriser le bon vivre ensemble entre les fils et les filles. Cette journée de réconciliation rentre en droite ligne avec la volonté du Chef de l’Etat qui prône le dialogue et la culture de la paix entre les fils et les filles de la Nation. ». La réconciliation dont il est question est selon M. Coulibaly, « l’aboutissement d’un processus de consultation et de concertation depuis déjà trois mois avec les échanges préliminaires avec la Coalition Jam lors d’une rencontre à Dédougou. La première marche de réveil de notre commune est sans doute la réconciliation entre ses fils et ses filles. Et cette réconciliation ne peut se faire sans le pardon ; le pardon c’est la guérison des blessures du cœur, une hygiène intérieure par laquelle nous retrouverons la liberté de s’aimer en se débarrassant du poison de haine. »

La cohésion sociale au Burkina Faso
La population de Bourasso, sortie massivement pour prendre part à la cérémonie de réconciliation.

Les protagonistes de la crise que sont le maire de la commune de Bourasso Aimé Sosthène Coulibaly, le chef de canton Jean-Baptiste Traoré et le chef de terre Elysée Traoré ont procédé à la signature des actes d’engagements à perpétuer les valeurs de paix. « En ce jour jeudi 25 mars 2021, nous populations de la commune de Bourasso, prenons l’engagement devant Dieu, maître de la paix et les hommes de laisser derrière nous la crise qui nous opposait. Aussi nous nous engageons à rétablir une fraternité sincère et confiante, à œuvrer pour une paix durable, pour une cohésion sociale, gage de développement de notre chère commune » ont-ils proclamé.

Quant au problème qui avait divisé les protagonistes, les parties prenantes n’ont pas voulu revenir sur ces mauvais souvenirs. Tout en respectant cette démarche, la Coalition Jam a voulu en quelques mots partager le récit de l’histoire qui a divisé les fils et filles de cette commune. Tout serait parti d’une mésentente entre la famille des propriétaires terriens dont est issue le Maire et la famille de la chefferie traditionnelle.

L’arrivée à Dédougou le 8 janvier 2021 dans le cadre de sa caravane de la paix et la cohésion sociale a été une occasion de réunir les protagonistes. Cette étape initiale d’échanges a abouti à l’acceptation par les différentes parties de faire la paix pour l’intérêt général des populations de la commune.

Kardjata Diallo, porte-parole de la coalition Jam a invité les populations qui vivent ce même problème à communiquer pour qu’une solution puisse être trouvée pour le bien-être de tous. « Nous invitons tous les membres des communautés qui se sentent stigmatisés d’avoir une grandeur d’esprit et de s’exprimer parce que quand on ne parle pas, on ne sait pas que vous souffrez. Et d’aller vers les groupes pour exposer les problèmes afin de pouvoir trouver des solutions. C’est ce que nous avons fait ici à Bourasso ».

Aimé Sosthène Coulibaly, maire de Bourasso, tout heureux de cette réconciliation pense que « C’est l’acte le plus attendu. Sans entente, sans paix, sans cohésion sociale, sans sécurité dans une entité territoriale, vous conviendrez avec moi qu’on ne peut rien faire. Aujourd’hui la commune de Bourasso ouvre une nouvelle page de son histoire. Ce n’est pas la signature des actes mais plutôt le changement de nos comportements qui va vraiment témoigner de l’intérêt de cette journée. ».

Selon lui, cette mésentente et ce manque de cohésion sociale dans la commune ont entraîné de graves conséquences. « Je veux citer par exemple le lotissement qui n’a pas aboutit, parce qu’on ne parle pas le même langage, il y a ensuite la crise liée à l’insécurité avec la fermeture de nos écoles ou la population avait mal compris et s’en prenait à la mairie. Pour dire à quel point nous attendons cette paix, cette cohésion sociale ».

Jean-Baptiste Traoré, chef de canton de Bourasso, et l’un des protagonistes de cette crise ajoute « nous voulons vraiment la réconciliation totale, la véritable paix. La paix est de l’or, sans cette paix on ne peut pas progresser, ni réaliser un projet ».

Edgard Sié Sou, Gouverneur de la Boucle du Mouhoun, s’est dit heureux d’avoir présidé cette cérémonie de réconciliation.  « Il faut dire que le tissu social était vraiment déchiré ; il était vraiment délabré. Je crois que la coalition Jam a eu les bons fils pour venir recoudre ce tissu. ».  Il a profité de l’occasion pour sensibiliser les populations : « Je profite de cette occasion pour lancer un appel à l’ensemble des filles et fils de cette commune afin que ce processus de réconciliation qui a été scellé aujourd’hui puisse être entretenu. De faire en sorte qu’on ne parle plus de mésentente et qu’on parle plutôt de paix retrouvée pour que le développement de Bourasso puisse se poursuivre ».La cohésion sociale au BurkinaLa cérémonie s’est achevée par la plantation d’arbres dans la cour de la mairie de la commune de Bourasso.

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