Home Sécurité Région de l’Est : Namounou, poumon économique de la Tapoa sous l’hydre terroriste 

Région de l’Est : Namounou, poumon économique de la Tapoa sous l’hydre terroriste 

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mairie de Namounou
La mairie de la commune de Namounou dans la province de la Tapoa, région de l'Est.

La commune de Namounou, située dans la province de la Tapoa, région de l’Est, a été victime d’une incursion de plusieurs hommes armés le mercredi 16 février 2022. Des sources locales à Libreinfo.net estimaient à 200 personnes, les membres de ces groupes armés. S’ils ne s’en ont pas physiquement pris aux populations contraintes à suivre une prêche à la grande mosquée de la localité, les infrastructures publiques en ont fait les frais. La mairie de Namounou a été incendiée et les installations des réseaux téléphoniques saccagées. Retour sur cette journée troublante du mercredi pour les populations de Namounou et cette insécurité qui s’enracine dans la Tapoa.

Par Moudass, collaborateur

A l’instar des autres communes de la province de la Tapoa, région de l’Est du Burkina, la commune de Namounou située à 27 kilomètres de la ville de Diapaga, est frappée par le terrorisme. Depuis 2016, la population de ce centre commercial et poumon économique de la province de la Tapoa, vit le calvaire sous le regard impuissant des autorités locales.

La commune de Namounou est une zone commerciale importante pour la province de la Tapoa. Son marché hebdomadaire est fréquenté par des commerçants de la région de l’Est et d’autres pays comme le Niger, le bénin et le Togo. Ses habitants sont des grands commerçants qui voyagent partout en Afrique. Namounou alimente en marchandises toutes les autres communes de la Tapoa.

Mais la localité est malheureusement prise en tenaille par des hommes armés qui y font leur loi. Des attaques terroristes à ne pas finir. Effet, dans la nuit du 16 au 17 février 2019 aux environs de 19 heures, un groupe d’individus armés non identifiés ont mis à sac le commissariat de police et une école primaire (celle de Timambadi). En octobre 2021, deux autres écoles ont été incendiées dans les localités de Timanbadi et à Palboa par des individus motorisés.

Courant janvier 2022, dans la même commune, Namounou, des policiers en patrouille ont été la cible d’une attaque qui a fait un blessé côté force de sécurité. Depuis cette date, le commissariat de police de la commune de Namounou aurait fermé ses portes. Bien avant ces événements, toutes les écoles à l’exception des écoles franco-arabes et certaines écoles primaires fonctionnant au ralenti, ont mis les clés sous le paillasson depuis fin octobre 2021.

La commune de Namounou s’est vidée de toutes ses autorités communales ainsi que de la plupart des services de l’Etat. La plupart des villages de la commune de Namounou est sous contrôle de ces hommes armés.

Le mercredi 16 février 2022, la commune a été encore envahie par une colonne de motards binômés d’environ 80 hommes selon notre source qui a requis l’anonymat et environ 200 selon des autorités locales.

Ces hommes ont forcé les portes du commissariat dans l’espoir d’avoir des armes. La mairie quant à elle, est partie en fumée. Ces hommes armés se seraient divisés à leur arrivée en trois groupes. Les uns se chargeant de vider les écoles primaires, les autres, d’incendier la mairie et d’organiser des séances de prêches forcées à l’attention de la population. Cette commune est coupée du reste du monde car aucun des réseaux mobiles ne fonctionnent. Les installations auraient tous été sabotées par les assaillants.

L’insécurité toujours entretenue par des groupes armés dans les localités de la Tapoa

Depuis l’apparition du phénomène de terrorisme au Burkina, la région de l’Est en générale et la province de la Tapoa en particulier, est la cible de plusieurs attaques d’individus armés. L’on se rappelle de l’attaque de Boungou le 6 novembre 2019 dirigée contre le convoi de la Société minière SEMAFO, qui a fait 38 morts. Il y a également des enlèvements et exécutions sommaires de personnes ; des incendies de services publics (commissariat, mairies, etc.).

Ces attaques ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines dont le bilan exhaustif officiel n’est pas encore disponible. Plusieurs personnes ont quitté leurs villages pour d’autres zones relativement sécurisées.

Dans les villages, les hommes armés imposent des lois allant de la pratique de la religion islamique à l’adoption de la culture musulmane: port de voile obligatoire pour toutes les femmes; port de la barbe et de pantalons sautés pour tous les hommes; prélèvement de la zakat (aumône légale); fixation de la dot obligatoire à 2000; achat d’armes pour participer à la guerre contre l’État qui est selon eux, leur ennemi principal,…).

Dans la Tapoa, ce sont les groupes armés qui procèdent souvent à certains contrôles routiers des pièces d’identités dans plusieurs communes et villages. Lors de ces contrôles, les fonctionnaires sont pris pour cible.

On se rappelle de novembre 2020 lors des élections présidentielle et législatives, où 244 bureaux de vote ont été fermés pour raisons d’insécurité, maintenant des communes entières en marge des échéances électorales dans cette province selon l’Agence d’Information du Burkina.

Par ailleurs, les communes de Logobou, de Tansarga, de Botou, ainsi que les villages de Tatiangou, de Kongodi, de Lokwari…) sont sous les lois terroristes. A Tansarga par exemple, le poste de contrôle de douanes n’est pas fonctionnel depuis son incendie dans la nuit du lundi 25 mai 2020. Depuis lors, la commune est passée sous le contrôle de ces terroristes qui jouent les faiseurs de sécurité dans la localité.

Les opérations de patrouilles des forces de défense et de sécurité se limitent à quelques communes de la province de la Tapao, notamment Diapaga et Kantchari à la frontière nigéro-burkinabè. Pour les autres communes, la seule solution reste le couvre-feu, toujours en vigueur de 22 heures à 5 heures du matin.

www.libreinfo.net

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