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Culture Burkinabè : Zorgho mérite une visite   

Zorgho Palais Royal
Le palais royal a de quoi réellement visité.

L’Association pour le réveil culturel du Ganzourgou a animé le 13 juin 2021 une conférence publique, sur la sauvegarde et la protection du patrimoine culturel. A la fin de la conférence, une visite guidée du palais royal de Zorgho a été organisée au profit des participants. Une occasion pour Libreinfo.net de plonger dans l’histoire de Zorgho, une ville fondée par le Naaba Tirkoum.

Par André-Martin Bado

Située à 110 km de la capitale, Zorgho, le chef-lieu de la province du Ganzourgou dans la région du plateau-central, se distingue par son dynamisme culturel et touristique. La commune accueille ainsi chaque année une panoplie d’activités culturelles.

On peut citer entre autres le Nabasga du chef de Zorgho, le festival international des rites et tradition et le festival des arts et de la culture du Ganzourgou. Les promoteurs de ces manifestions sont généralement les ressortissants de la localité. Une visite au palais du Naaba Sanem a été une occasion pour Libreinfo.net de plonger dans l’histoire de ce peuple.

Dès la devanture, on est impressionné par les lieux. Un cheval, symbole de la royauté, et un lion représentant la force du royaume, veillent sur le palais. Ces deux statues implantées dans un magnifique jardin côtoient une stèle avec l’effigie de Jardin Bernard Mantienne, un ancien sénateur français dont la ville est jumelée à Zorgho.

Des portraits de chefs traditionnelles exposés à l’extérieur comme à l’intérieur font du palais royal une vaste galerie d’art. Une fois à l’intérieur on est accueilli dans une vaste cour et un Bâtiment à un niveau.

Le palais de Naaba Boulga, le père de l’actuel chef de Zorgho, est un véritable musée qui témoigne du passé et du présent du Ganzourgou.

A l’issue de la visite guidée, nous nous sommes entretenus avec le chef de Zorgho, le Naaba Sanem pour comprendre l’histoire de la chefferie traditionnelle de Zorgho. 26ème roi sur le trône de Zorgho, Naaba Sanem est à sa 48ème année de règne.

C’est un homme accueillant, que nous avons rencontré. Son bonnet, qui n’a pas la couleur rouge et les motifs des coiffes généralement portées par les chefs mossis, attire notre attention. « C’est le même bonnet de chef. La couleur n’est pas rouge parce que j’ai voulu simplement innover » explique Naaba Sanem.

Passionné de musique et de football, il entend œuvrer pour le rayonnement de son royaume à l’image de la brillance de l’or, son nom de règne Sanem (or en mooré). Il souhaiterait construire un musée pour retracer l’histoire de toute la région.

Naaba Sanem Zorgho
Naaba Sanem est un passionné du Football.

Le chef nous raconte que l’anciens palais en banco a été bâti en 1947 par son père, le Naaba Boulga. « Quand je suis arrivé, j’ai fait des retouches. J’ai consolidé l’ancienne construction en banco pour en faire un bâtiment R+1.

 Il y a un ingénieur qui était de passage, quand il a vu ça, il m’a dit que ça ne va pas tenir. Voilà plus de 18 ans que ça tient toujours, si je ne vous dis pas que le bas est en banco vous aller pas croire ».

Un rituel se fait chaque matin au palais. Les parents, les cousins et les notables viennent s’acquérir de la santé du chef et le renseigner sur la vie dans les villages.

Qu’est-ce que le Nabasga ?

Le Nabasga est une fête coutumière célébrée chaque année dès la première semaine du mois de juillet. C’est une fête qui consiste en un rituel de sacrifice pour remercier les ancêtres pour la saison écoulée et implorer leur bénédiction pour celle qui commence.

A cette occasion, le chef reçoit les hommages de ses sujets et des chefs de villages sous son autorité. Le Nabasga est aussi un grand moment de découverte culturelle. Depuis un certain temps, il est devenu une occasion de retrouvailles pour les filles et fils de la province.

Naaba Sanem explique que les chef de Zorgho sont les petits fils du Mogho Naaba Kouda , 9ème empereur des mossés qui régna vers 1358.

Selon la légende, deux fils jumeaux de Naaba Kouda auraient quitté le palais de leur père à Ouagadougou à la recherche d’un fief. Les deux princes se seraient installés dans un premier temps à Baando (village situé actuellement à 3 km de Zorgho), avant de se séparer.

L’un d’eux alla s’installer à Zoungou (25km de Zorgho) et l’autre à la périphérie de Baando. C’est ce dernier, le Naaba Tirkoum, qui fonda la ville de Zorgho. Il prit trois ans, soit de 1401 à 1404, pour organiser et structurer son royaume. Le chef de Zorgho est intronisé à Ouagadougou, par le Mogho Naaba, Chef suprême des mossés. Le patronyme de la famille Royale de Zorgho est Kaboré.

Organisation sociopolitique du royaume 

Le Naaba Sanem de Zorgho est assisté de plusieurs ministres et notables qui jouent un rôle spécifique. Le Tengsoaba Naaba est le premier ministre du roi. Il est le responsable des fétiches royaux et participe de près à la prise de décisions du roi. Le Ouidi Naaba s’occupe de la cavalerie. Le Gounga Naaba est chargé des fétiches et assure la garde des tombes, de concert avec le Dapoya.

Le Baloum Naaba assure le protocole et organise les activités de la cour du chef. Le Pissi appuie le chef pour faire respecter les traditions.

Le Dapoya Naaba assure la sécurité de la cour et procède à des sacrifices. Le Zoukouka Naaba, un cousin du chef est le serviteur le plus proche du chef.

Le Tom Naaba est le premier protocole du chef. Il organise les relations de famille et s’assure de la santé physique du chef. Le Daag Naaba, quant à lui, est le responsable des marchés. Il structure les activités du marché et intervient dans les conflits y relatifs.

Il était chargé des collectes auprès des marchands pour la cérémonie du Nabasga. Le Dagnoën Naaba, c’est le chef de la sécurité des différentes portes d’entrées de la cour. Les griots de la cour sont « les Benda et les Lumsé ».

Facile d’accès, la route étant entièrement bitumée, Zorgho, qui relie Ouagadougou aux régions du Centre-Est et de l’Est, est une commune riche en manifestations culturelles. Avec un palais rempli d’objets et de documents historiques, Zorgho mérite une visite, ne serait-ce qu’une escale en cours d’un voyage.

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