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Diplomatie: les faits qui ont marqué les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso depuis le Coup d’Etat

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relations entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso
Le président de la Transition burkinabè Paul Henri Damiba à gauche et le président ivorien Alassane Ouattara à droite

Depuis le coup d’État orchestré par le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, le 24 janvier 2022, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso n’ont pas connu de remous, même si le président ivoirien n’a pas cautionné le putsch.

Par Nicolas Bazié

Si entre Bamako et Abidjan, les relations diplomatiques sont mal en point, depuis la chute du régime de Ibrahim Boubacar Kéïta, ce n’est pas le cas entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Quand bien même, le président ivoirien Alassane Ouattara condamne le coup de force militaire qui a renversé Roch Kaboré, il entretient une relation renforcée avec les autorités militaires au pouvoir à Ouagadougou.

Les deux pays parlent même de coopération sécuritaire, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. C’est ainsi qu’en mai 2022, le chef d’État-major de la Gendarmerie nationale (CEMGN) burkinabè, le lieutenant-colonel Evrard Somda en personne avait effectué, une visite d’environ trois jours en terre ivoirienne, accompagné d’une délégation de cinq chefs de la gendarmerie nationale.

Le déplacement s’est inscrit dans la dynamique de s’inspirer de l’exemple de « l’organisation et de l’efficacité » de la gendarmerie ivoirienne, dans la lutte contre l’insécurité.

Un autre fait marquant, c’est l’organisation par le lieutenant-colonel Damiba, d’une rencontre d’anciens présidents du Burkina le 8 juillet dernier, au palais de Kosyam à Ouagadougou.

Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Ouédraogo avaient pu prendre part à la rencontre. Par contre, Michel Kafando, Isaac Zida et Roch Kaboré n’y avaient pas pris part.

Ce retour de Blaise Compaoré au bercail, après 8 ans d’exil, est sans doute le fruit d’une diplomatie bien «solide», entre les deux États.

Alassane Ouattara s’est d’ailleurs fortement impliqué dans les démarches, pour le retour au pays de l’ex-président, afin qu’il puisse participer à cette réunion dite de haut niveau, placée sous le sceau de la réconciliation nationale.

Blaise est venu à Ouagadougou à bord d’un avion de l’État ivoirien, accompagné de l’ancien ministre des affaires étrangères d’Alassane Ouattara, Ali Coulibaly, actuellement conseiller à la présidence ivoirienne. En plus, la Côte d’Ivoire a même déployé une sécurité qui l’a accompagnée à Ouagadougou.

Et pour le remercier, selon certaines indiscrétions, le président Damiba a envoyé à Abidjan, son ministre de la Réconciliation nationale Yéro Boly. Ce dernier a été porteur d’un message du palais de Kossyam.

Ensuite, le 26 juillet 2022, Alassane Ouattara a dépêché une autre mission, pour venir avec la fille de Blaise Compaoré pour lire un message de pardon.

Une lettre dans laquelle Blaise a demandé « pardon au peuple burkinabè pour tous les actes» qu’il a commis durant son magistère, plus particulièrement à la famille de Thomas Sankara assassiné en octobre 1987.

Toujours dans le mois de juillet 2022, l’ancien ministre des affaires étrangères, Djibril Bassolé a pesé dans les relations entre l’État ivoirien et celui du Burkina, selon Africa intelligence.

Condamné pour atteinte à « la sécurité de l’État, trahison et intelligence avec une puissance étrangère » dans l’affaire du putsch manqué mené par le RSP, l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré, Djibril Bassolé, est en toute discrétion, le conseillé même de Damiba, révèle notre confrère.

Dans l’ombre, il a également joué le « go-between » entre les deux pays. Et pour un rapprochement sécuritaire en bonne et due forme, l’ancien ministre a préconisé l’organisation d’un sommet conjoint à Korhogo (Nord de Côte d’Ivoire), un carrefour stratégique entre la Côte d’ivoire, le Mali et le Burkina Faso, a déclaré Africa intelligence.

relations entre Burkina et Côte d'Ivoire
Le président ivoirien Alassane Ouattara à droite et le président de la Transition burkinabè Paul Henri Damiba à gauche

En mars 2022, environ deux mois après l’avènement des militaires aux affaires, une délégation missionnée et conduite par Jean de Dieu Somda, ancien ministre délégué à la coopération sous Blaise Compaoré et ancien vice-président de la commission de la CEDEAO, s’est rendue à Abidjan. Cela, suite au rejet par la CEDEAO de la proposition de la durée de Transition.

Pour montrer que la diplomatie suit son cours normal entre ces deux pays frères et voisins, c’est le chef de l’État burkinabè, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba himself, qui foule le tarmac de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, le 5 septembre 2022.

Alassane Ouattara a accueilli Damiba avec tous les honneurs dans une bonne ambiance lors de sa visite à Abidjan. Reçu au palais présidentiel, Damiba a eu des échanges avec son homologue Ouattara.

Lire aussi: Diplomatie: qu’est-ce que Ouagadougou peut attendre d’Abidjan?

Des discussions dans lesquelles les deux Présidents ont convenu de mutualiser leurs efforts, pour mieux couper les tentacules de cette pieuvre qu’est le terrorisme.

C’est dire donc que l’État ivoirien et celui burkinabè ont eu de bons rapports, depuis le 24 janvier 2022.

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