Home Société Disparition de Francis Ducreux : « il avait un projet d’un grand...

Disparition de Francis Ducreux : « il avait un projet d’un grand tour international, Grand prix Thomas Sankara », Lazare Zabré

Disparition de Francis Ducreux
L'Etalon cycliste Mathias Sorgho (à droite) avec le défunt Francis Ducreux lors d'une édition de Tour du Faso.

Le monde du sport burkinabè en général et celui du cyclisme en particulier est en deuil, suite à la disparition de Francis Ducreux, un monument de la petite reine, le samedi 1 mai 2021. Les réactions ne manquent pas de part et d’autre. Voici quelques-unes que Libreinfo.net a recueillies, le dimanche 2 mai 2021.

Par Soumaila Sana

D’entrée de jeux, c’est le patron du département en charge des Sports et Loisirs, Dominique Nana, qui a, dans un communiqué, annoncé que c’est avec beaucoup de regret qu’il a appris le décès, le samedi 1 mai 2021 à Ouagadougou, de Francis Ducreux à l’âge de 76 ans. Un grand amoureux de la petite reine, qui a contribué à bâtir ce qui est aujourd’hui, l’un des plus grands tours cyclistes du continent africain, le tour du Faso, a-t-il indiqué.

Le ministre Nana a, au nom du gouvernement burkinabè et celui du monde sportif exprimé sa vive émotion et présenté ses condoléances les plus attristées à sa famille biologique ainsi qu’à la grande famille du cyclisme Burkinabè et africain. Un hommage lui sera rendu au prochain tour du Faso en reconnaissance de toute sa contribution dans le rayonnement de la petite reine burkinabè, a conclu Dominique Nana.

Quant à Lazare Zabré, premier vice-président de la Fédération burkinabè du cyclisme, il a estimé que la disparation de Francis Ducreux va impacter le Tour du Faso, parce que c’est un partenaire privilégié qui était à la charge de la mobilisation des sponsors. « C’est un grand vide qu’il nous laisse, car l’homme connaissait très bien le cyclisme burkinabè et Africain. Cela fait plus de 21 ans que j’ai connu le regretté et c’est quelqu’un qui a toujours des idées et à chaque fois il apportait de l’innovation dans le cyclisme. Tout dernièrement, nous avions eu des échanges au cours desquels on a parlé d’un projet d’un grand tour international  dénommé Grand prix Thomas Sankara et nous avions même commencé à se préparer pour cela. Récemment nous nous sommes vus et il a dit ceci : écoute, on peut y aller maintenant en contactant les uns et les autres et même la veuve Mariam Sankara », a-t-il soutenu. Le projet en question était de rendre hommage au Président Sankara avec les pays de la sous-région. Il avait également un autre projet, le Tour de l’or, qui allait rallier les différents sites miniers, même si le niveau de préparation n’était pas prêt.

A entendre Martin Sawadogo, directeur technique nationale de la Fédération burkinabè du cyclisme, quand il a appris la disparition de Francis Ducreux, un sentiment de désolation l’a animé. « L’homme était un baobab du cyclisme africain et burkinabè. Il était l’homme de la création du Tour du Faso que j’ai rejoint en 1990 et j’ai beaucoup travaillé avec lui et il était mon mentor car il me donnait beaucoup de conseils au niveau de la gestion technique, en un mot il a été d’un grand apport pour moi et le cyclisme burkinabè », a-t-il confié. Sa disparation brusque en pleine préparation du tour du Faso prochain, aura un impact réel sur les tours en Afrique et au Burkina, foi de M. Sawadogo qui se s’interroge sur l’avenir du cyclisme Burkinabè.

Selon Mathias Sorgho, étalon cycliste, la disparition brutale de Francis Ducreux a laissé les cyclistes sans voix. « Personnellement j’ai été très touché dès que j’ai appris la nouvelle. C’est une perte énorme pour le cyclisme burkinabè et africain en général, de part son engagement pour la réussite des évènements sportifs et son engagement a accompagné la jeunesse. On l’appelait affectueusement papa Francis pour sa générosité envers les cyclistes que nous sommes et il avait l’oreille attentive. J’avais une relation personnelle avec lui depuis 2014, il partageait beaucoup son expérience avec moi à chaque fois qu’il avait l’occasion pour discuter », a-t-il témoigné.

Francis Ducreux après un séjour en France pour des soins est rentré à Ouagadougou le 29 avril dernier. Il est mort le samedi 1e mai 2021 à son domicile dans la capitale burkinabè sis à la patte d’oie. Ancien coureur cycliste professionnel de France de 1968 à 1973, Francis Ducreux est né le 14 février 1945 à Pont-Audemer. Ensuite il s’est converti dans l’organisation des compétions en cyclisme en Afrique.

Il a élu domicile au Burkina Faso dans les années 1980. Ainsi il deviendra le patron du sponsoring des compétitions cyclistes au pays des hommes intègres avec le Tour du Faso et celui de la Boucle du coton et dans d’autres pays d’Afrique. L’on peut citer entre autres, les tours du Togo, de Madagascar, du Bénin, du Mali, du Ghana, du Niger, de la Guinée et de la Mauritanie. Selon les sources proches du cyclisme burkinabè, le défunt qui se faisait appelé Ouédraogo Francis souffrait d’un cancer qui date depuis un certain temps. Le prochain Tour du Faso, prévu pour se dérouler du 29 octobre au 7novembre 2021, sera couru sans l’un de ses pères fondateurs.

www.libreinfo.net