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Edito : la rue a eu raison de deux ministres du gouvernement de Transition

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ministres du gouvernement
Yacouba Dié (à droite ) et Donatien Nagalo ( à gauche )

Deux ministres contestés du nouveau gouvernement de Transition ont été remplacés en Conseil le 09 novembre 2022. Bien avant cela, l’un d’eux, le ministre du commerce, Donatien Nagalo, a rendu sa démission la veille. Leurs nominations avaient suscité des contestations au sein de l’opinion publique. Finalement, ils ont rendu le tablier pourtant le Premier ministre, M. Apollinaire Kyélem, avait affirmé à la télévision nationale qu’il n’y avait rien à leur reprocher.

Par la Rédaction

La probité et l’intégrité restent des valeurs cardinales pour un dépositaire de l’autorité publique. Les hommes et femmes qui prétendent conduire les affaires de l’Etat doivent incarner des valeurs de patriotisme, avoir le sens de l’intérêt général. Malheureusement, la recherche du gain facile et l’égoïsme ont relégué au second plan l’intégrité tant clamée dans « le pays des hommes intègres ».

Népotisme, favoritisme, corruption sont, hélas, de nos jours, les mauvais exemples présentés par des dirigeants du Burkina. Que doit-on dire si des personnalités appelées à diriger les affaires de la République ne le sont pas par leurs compétences et probité mais par leurs proximités amicales, familiales ou autres avec des tenants du pouvoir?

Hier comme aujourd’hui, des ministres ont, soit été appelés à répondre en justice pour leur gestion trouble de la chose publique, soit été récusés par la population après leurs nominations pour avoir été mêlés à des dossiers sales.

MM. Yacouba Dié et Donatien Nagalo, respectivement ministre de l’Urbanisme, des Affaires foncières et de l’Habitat et ministre du Commerce et du développement industriel, avaient été nommés lors de la formation du nouveau gouvernement de Transition en fin octobre 2022.

Dès l’annonce de leurs nominations, des voix se sont élevées dans l’espace public pour mettre en cause leur intégrité et leur probité. A tort ou à raison ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains contestataires disent détenir des preuves contre l’un des deux ministres. De son côté, le gouvernement avait promis de mener des investigations sur l’ensemble des ministres après que ces derniers soient nommés.

En effet, concernant les deux ministres cités, le mercredi 26 octobre 2022, les responsables du Conseil régional de l’économie informelle du Centre (CREI-C) avaient qualifié de « haute trahison » la nomination de M. Donatien Nagalo.

Pour eux, le ministre du Commerce est responsable de faits d’escroquerie. Cette récusation avait été suivie de plusieurs manifestations de commerçants dans plusieurs localités du pays pour demander sa révocation.

M. Yacouba Dié, lui, a été accusé par ses contestataires de mauvaise gestion dans la réalisation des cités du 11-Décembre à Manga, dans la région Centre Sud lorsqu’il était à la tête du Secrétariat permanent de la Politique nationale du logement (SP/PNL).

Le Premier ministre a été une fois de plus contredit

Après des « investigations » annoncées, le chef du gouvernement, M. Apollinaire Kyélem, avait affirmé à la télévision nationale que les deux ministres indexés étaient irréprochables des accusations formulées par la rue à leur encontre. Malgré cela, des manifestants ont continué de réclamer leur “démission”.

Le gouvernement avait-il mené vraiment des enquêtes sur ces deux personnalités avant de les nommer ou devrait-il attendre la voie de la rue pour investiguer de nouveau à leur sujet ? Tout porte à croire que les nominations ont été prises avec légèreté puisque ces deux ministres ont finalement été remplacés en Conseil de ministres le 09 novembre 2022. Bien avant cela, l’un deux, Donatien Nagalo, a rendu sa démission la veille.

La rue a ainsi eu raison sur ces deux ministres et sur le chef du gouvernement. C’est un coup dur pour le tout nouveau Premier ministre, M. Apollinaire Kyélem qui a vu ses propos contredits, une fois de plus, par la population.

Cette affaire rappelle celle de 2014 lors de la nomination de M. Adama Sagnon au ministère de la Culture. Cette nomination avait été alors fortement contestée parce que M. Sagnon avait été procureur dans l’affaire du journaliste assassiné M. Norbert Zongo, sous le régime de M. Blaise Compaoré. Cette situation avait contraint M. Sagnon à démissionner de son poste.

Tout cela est à mettre à l’actif d’un peuple vigilant quant à la bonne gestion de ses gouvernants et ne tolérant plus leurs dérives graves. Malheureusement, certains politiques n’ont pas encore pris conscience de cette veille citoyenne et tentent toujours de tromper la vigilance d’un peuple qui a tant souffert de la mal gouvernance.

Les gouvernements gagneraient à faire de l’intégrité, du don de soi et de la probité les fondements du choix de leurs membres. Des enquêtes sérieuses doivent être menées avant toute nomination au risque de faire face à la colère de la rue. Cela éviterait ces rétropédalages et ces contrevérités qui décrédibilisent le pouvoir, avec pour conséquences la défiance de l’autorité, les tensions sociales et les révoltes populaires.

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