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Élections 2020 : « pour le bien de notre démocratie, débattons honnêtement sur des bases documentées » (Newton Ahmed Barry)

Newton Ahmed Barry,président de la CENI

Le double scrutin déroulé le 22 novembre 2020 au Burkina Faso, a été critiqué dans son organisation par une certaine opinion, estimant que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a échoué dans sa mission. Dans un écrit publié sur sa page Facebook, le président de la CENI souhaite que le débat se mène « honnêtement sur des bases documentées. »

« Depuis le 22 novembre à qui mieux mieux, chacun y va de son expertise, sur les élections (double) qui auraient été ratées par la CENI et son président. Le mot qui revient « dysfonctionnement », manque de professionnalisme.

Au delà de la logorrhée ( je pense à l’expert SERÉ) qui n’aime pas « les CENI » et qui aurait préféré que courageusement ( c’est ce qu’il a appelé dominer les enjeux) la CENI eut déclarée qu’elle ne pouvait pas organiser ce double scrutin, ce qui aurait permis un gouvernement de transition ( Président Roch et PM Zephirin) de prendre les commandes et de sortir le pays de l’ornière terroriste.

Le pamphlet a ceci de hallucinogène, qu’il n’est contraint à la vérité. Ainsi donc, de juré, si ces couplées du 22 novembre ne s’étaient pas tenues, nous aurions immédiatement basculé, par un simple effet d’écluse, dans une transition bicéphale, non contestée « Roch-Zeph »? Je n’ose pas demander par quel mécanisme ?

Bref !

Alors au moins une chose est faisable « évaluer l’ampleur du dysfonctionnement »?

La question est celle-là « combien de bureaux de vote n’ont pas ouverts de la journée ? »

« combien le soir du 22 novembre après la clôture du scrutin n’ont pas pu produire de résultats par absence de documents électoraux ?

Au niveau de la CENI et comme premier responsable, j’en assume évidemment tout dysfonctionnement, aussi minime soit-il.

Pour l’intérêt du débat et pour le bien de notre démocratie, débattons honnêtement sur des bases documentées.

Sur les 13 régions voici la situation :

1.Kadiogo : 3806 bureaux (un seul n’a pas ouvert le matin. Mais il a ouvert et des électeurs ont pu voter jusqu’à 19h, en application des dispositions du code électoral. Depuis lors j’ai saisi le procureur du Faso de Ouagadougou qui a ouvert une enquête)

2.Hauts Bassins : tous les 2402 ont ouvert et ont produits des résultats compilés

Pour ces deux grandes régions du Burkina ce fut une première depuis que le Burkina a renoué avec les élections en 1991. Aujourd’hui, à l’ère de l’Internet, il est difficile de faire de telles affirmations, si elles ne sont pas vraies. Puisqu’il suffit d’un clic pour avoir les données électorales de 2015 et 2012, les plus récentes. Que chacun y aille et puis on ouvrira ensuite le débat.

Les seules régions où tous les bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir ce sont les six régions confrontées au terrorisme : Boucle du Mouhoun, Nord, Sahel, Est, Centre Nord et Centre Est. (Un tableau suivra).

Dans 10 provinces où l’administration publique a déserté, nous avons tenus le double scrutin. Ce qui fait que aujourd’hui, l’assemblée nationale peut siéger au complet. Ce n’est sans doute pas une prouesse, mais c’était de l’ordre de l’improbable.

Devoir de redevabilité !

Nous sommes en train de finaliser ces données qui seront mis à la disposition du public. A titre de rappel, nous sommes l’une des rares CENI où toutes les données sur le processus électoral sont publiquement disponibles et accessibles. Les résultats des élections du 22 novembre le sont déjà : depuis les PV des résultats des bureaux de vote jusqu’aux résultats agrégés au niveau national.

Il est possible, bien sûr, d’être encore plus professionnel que nous ne le sommes. Mais au delà de tout, ce qui est évident c’est que nous faisons les choses le plus honnêtement possible.

C’est ça notre « Label », et depuis 2016, l’histoire nous donne, chaque fois raison. Merci au candidat Tahirou Barry après nous avoir brocardé, aux premières heures des premiers résultats est revenu admettre que « la CENI a travaillé de bonne foi. »

Ahmed Newton Barry, président de la CENI

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