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Elections 2020:L’enrôlement dans ma zone est devenu une mode et tout le monde veut avoir sa carte pour pouvoir voter

Sali Nikiema après avoir fait son enrôlement

C’est la dernière semaine de l’enrôlement biométrique et la révision des listes électorales à Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Débuté le mardi 23 juin, l’opération prend fin jeudi 9 juillet . Malgré les efforts de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour rapprocher les sites d’enrôlement des populations, l’affluence reste encore faible à quelques jours de la clôture. Constat de Libreinfo.net.

Par Siébou Kansié

Mardi 7 juillet , il est 9 heures au palais des sports de Ouaga 2000. Deux opératrices de kits attendent les citoyens pour procéder à leur enrôlement. « Nous avons ouvert depuis 7 heures et n’y a pas d’affluence », nous confie Rabiata Sakandé, l’opératrice de kits.

Quelques minutes après notre arrivée, Pierrette Kyélem arrive. Elle s’installe, remet sa pièce d’identité pour vérification. À moins de 5 minutes, elle reçoit sa nouvelle carte d’électeur. « Enfin ! je pourrai exercer mon devoir de citoyen en novembre prochain » se réjouit-elle.

Ce sont mes enfants qui m’ont indiqué ce site d’enrôlement…

L’absence d’engouement sur ce site d’enrôlement est a priori constatée par Mme Kyélem : « Je m’attendais à voir beaucoup de monde, mais je vois qu’il n’y a pas de monde. Les gens viennent en compte-goutte », constate-elle.

Pourquoi ce fait, Pierrette Kyélem estime que la communication n’a pas été suffisante sur les lieux d’enrôlement dans les quartiers. « Moi, j’ai écouté les publicités à la télé, à la radio. Je m’attendais à ce qu’on dise à tel endroit, tel lieu est un site d’enrôlement et chacun en fonction de son lieu d’habitation peut savoir où aller s’enrôler. Mais les publicités sont passées, j’ai écouté mais je n’ai pas eu satisfaction de ce côté. »

Elle recommande à la CENI de créer plus de conditions favorables qui permettent aux citoyens, surtout les femmes de se faire enrôler facilement. « Là où les femmes sont, il faut les rejoindre pour qu’elles puissent se faire enrôler. S’il y’a des sites d’enrôlement et l’information sur ces sites n’est pas très claire, les femmes vont vaquer à leurs occupations. »

Cédric Oumar Dicko, lui, dit être venu se faire enrôler afin de pouvoir participer au choix de ses dirigeants. Il est convaincu que sa voix portera. Rahim Sia, venu aussi se faire enrôler, a aussi la conviction que sa voix contribuera à changer les choses en novembre prochain. Si l’engouement au Palais des sports de Ouaga 2000, n’est pas satisfaisant, Cédric Dicko Oumar dit être satisfait de l’intérêt que les jeunes de son quartier accordent à cet enrôlement : « L’enrôlement dans ma zone est devenu une mode et tout le monde veut avoir sa carte pour pouvoir voter. » dit-il. Il lance un appel aux citoyens à venir massivement se faire enrôler.

Autre lieu, même constat. Au complexe scolaire ‘’Le Creuset de Ouaga 2000, deux sites d’enrôlement sont ouverts. A notre arrivée à 9 heures 45 minutes, il n’y avait personne et Beranger Bazié, l’opérateur du premier site a foi que les citoyens viendront se faire enrôler. Quelques minutes plus tard, une dame, Asséta Compaoré arrive et se fait enrôler. Elle appelle vivement ses sœurs à venir se faire enrôler sur le fichier électoral afin de porter la voix de la femme au scrutin prochain.

Au deuxième centre d’enrôlement dans le même établissement, les opérateurs de kits s’ennuient même s’ils assurent que l’affluence est moyenne. A 10 heures 25 minutes, nous sommes à l’école primaire ‘’Waog-Taaba de la Patte d’Oie. Là, deux salles de classes servent de sites d’enrôlement. L’ambiance est la même, pas d’affluence et les opérateurs de kits se tournent les pouces.

Au premier site, Sali Nikiéma, a déjà obtenu sa carte de vote. Elle se dit très satisfaite de pouvoir participer aux votes du 22 novembre 2020. « Je suis venu faire l’enrôlement pour les votes du 22 novembre prochain afin de choisir celui que je trouve apte pour diriger notre pays. J’encourage les femmes à venir faire l’enrôlement puisque sans la carte, on ne peut pas choisir, sans la carte, votre voix ne sera pas comptée. J’ai eu ma carte en moins de 5 minutes dans les conditions satisfaisantes. » Elle pense que la faible affluence, est liée à la communication de la CENI, qui ne permet pas de situer les citoyens sur les lieux d’enrôlement situés parfois à côté de chez eux.

Au deuxième site, un seul citoyen, Dramane Tarnagda venu pour établir sa carte d’électeur qui lui permettra de voter pour le changement, dit-il. « Je suis jeune diplômé et je n’ai pas d’emploi. Je suis venu faire ma carte d’électeur pour participer au choix du candidat qui va créer des emplois pour la jeunesse. Je souhaite un dirigeant qui sera là pour son peuple, sa jeunesse. J’appelle la jeunesse à venir faire leurs cartes pour pouvoir voter. »

A l’école primaire B de Dassosgho, l’ambiance est la même : faible d’affluence. Et les opérateurs de kits à l’image de Pascaline Sawadogo, Béranger Bazié, Rabiata Sakandé, espèrent tous que les jours à venir, les gens auront l’information et viendront massivement se faire enrôler avant le jeudi 9 juillet,la fin des opérations.

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