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Burkina élections: les chefs de missions d’observation de la CEDEAO et de l’UA font le bilan

Les commissaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA) ont jugé satisfaisant le déroulement du scrutin électoral du 22 novembre 2020 au Burkina Faso. Ils ont aussi relevé des insuffisances et fait des recommandations à l’endroit de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), du gouvernement, des acteurs politiques et de la société civile. Au cours d’une conférence de presse animé mercredi 25 novembre 2020 à Ouagadougou, ils ont appelé les acteurs politiques au dialogue et au respect des résultats qui seront proclamés par la CENI.

Par Georges Youl et Ramata Diallo

Les chefs de missions de la CEDEAO et de l’Union africaine ont présidé une conférence de presse sur leur mission d’observation du processus électoral au Burkina Faso. Dans une déclaration préliminaire,  ces derniers ont, à tour de rôle fait le bilan de leurs activités.

La mission d’observation de la CEDEAO était présidée par Kabiné Komara, ancien premier ministre de la république de la guinée. Il a d’abord précisé que sa mission, composée de 84 membres, a été déployée dans toutes les 13 régions et 29 provinces du Burkina pour observer les phases pré-électorales, électorales et post-électorales.

« Globalement, le processus électoral ayant conduit aux élections présidentielles et législatives du 22 novembre s’est déroulé dans un environnement paisible sans incidents majeurs, en dépit du contexte général sécuritaire tendu et de certains contraintes logistiques», indique-t-il.

M. Komara a annoncé qu’après une rencontre avec les cinq commissaires de la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui ont quitté la commission, ces derniers ont accepté de reprendre leur poste au sein de la commission.

Francis Behanzin, le commissaire aux affaires politiques paix et sécurité de la CEDEAO a tenu a félicité les observateurs qui ont bravé la peur et se sont rendus contre vent et marées dans les 13 régions pour accomplir leur mission.

Cependant, Kabiné Komara a relevé quelques insuffisances liées au processus électoral. Parmi ces insuffisances, on a le non affichage des listes électorales devant la plupart des bureaux de vote, le non respect de la distanciation sociale, le port du masque relativement faible, la faible participation des femmes (48%) et des jeunes (18 à 25 ans qui est de 9, 48%) au vote et la difficulté des personnes en situation de handicape mobile d’accéder au bureaux de vote.

…invite aux candidats aux élections

« La Mission lance un appel aux candidats aux élections à respecter les résultats issus des urnes et les exhorte à recourir en cas de besoin, aux voies légales pour le règlement de tout contentieux électoral.», conclut  le chef de mission d’observation de la CEDEAO.

L’Union africaine représentée par le chef de la mission d’observation, l’ancien premier ministre rwandais, Bernard Makuza,a déclaré que les élections couplées se sont déroulées dans un contexte de crise sécuritaire, humanitaire et sanitaire. « Malgré ces crises, les élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020 se sont déroulées de manière satisfaisante », a-t-il laissé entendre.

Cependant, il relève quelques faiblesses liées aux déroulements des élections. «Le secret de vote était garanti dans 93% des bureaux de votes observés, mais dans 7% des bureaux de votes visités, l’emplacement des isoloirs ne garantissait pas le secret de vote», a-t-il expliqué. Il aussi mentionné que le personnel électoral n’était pas identifiable par des tenues distinctives par endroits.

«La présence des forces de sécurité a été dans 92% des centres de vote visités et cette présence a été jugée discrète et professionnelle», ajoute-t-il.

Pour finir, Bernard Makuza a appelé les partis politiques et les candidats à respecter les clauses du pacte de bonne conduite auquel ils ont souscrit, de faire preuve de calme et de retenue et de recourir aux voies légales en cas de contestations.

La déclaration des deux missions d’observation intervient deux jours après celle de l’opposition qui dénonçait des irrégularités et fraude massive dans le processus électoral.

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