Home A la une Enseignement supérieur : la fédération des syndicats (F-SYNTER) dénonce ‘‘un blocage’’ de...

Enseignement supérieur : la fédération des syndicats (F-SYNTER) dénonce ‘‘un blocage’’ de leur carrière

la fédération des syndicats: enseignement supérieur, blocage de carrière des Enseignants,F-SYNTER
Ernest Traoré,Porte-parole de F-Synter,Libre info

La fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER) dénonce des décisions injustes du ministère de l’enseignement supérieur. Le syndicat l’accuse de bloquer la carrière des agents en les empêchant de déposer leur dossier au Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). A l’issue d’une assemblée générale tenue ce jeudi 21 janvier 2021, la fédération syndicale déclare qu’elle va se battre pour obtenir gain de cause.

Par Georges Youl, Stagiaire

«Les gens sont indignés par rapport à ces différents textes qui sont pris à l’encontre du personnel. On ne peut pas chaque fois dire qu’on fait la promotion de la recherche et du même coup on prend des textes de façon unilatérale pour bloquer leur carrière» s’indigne Ernest Traoré, porte-parole de la coordination syndicale. Selon ce dernier le ministre par le biais de son secrétaire général, a fait sortir une note le 12 janvier 2021 interdisant aux enseignants à temps plein (ETP) et les ingénieurs de recherche (IR) de déposer leur dossier au CAMES.

En effet, Le dépôts de ces dossiers leur permet de passer le test pour être  assistants ou attachés de recherche. «C’est une manière de nous empêcher d’accéder à certains grades. C’est normal car ils savent bien que cela concerne la carrière du personnel. Ils se disent que si on monte en grade, on aura des salaires (plus élevés NDRL), donc cela va jouer sur la masse salariale, ils sont donc dans leur logique» explique le porte parole.

Selon Bertrand Meda responsable de la coordination recherche de F-SYNTER, depuis 2020, le ministère refuse qu’on nomme  les enseignants qui ont le doctorat au poste d’assistants ou attachés de recherche comme le stipule la loi. «Le ministère sait que s’ils vont au CAMES et qu’ils sont admis comme assistants ou attachés de recherche, il va falloir les nommer, donc il anticipe pour qu’ils n’aillent même pas au CAMES pour ne pas avoir à les nommer» indique t-il. Il trouve incompréhensible que l’Etat annonce chaque fois qu’il est en manque de chercheurs et d’enseignants, qu’il lance même des concours pour les recruter pendant qu’il y a du personnel qui a déjà l’expérience et qui est oublié.

«Il n’est pas question qu’on bloque les dossiers des chercheurs et des ingénieurs. On est ferme, il n’est pas question qu’on accepte cela. Ces textes qu’on utilise de gauche à droite pour bloquer la carrière des gens, il faut les revoir» déclare M. Meda. Il annonce aussi qu’ils vont rencontrer le ministre pour lui faire comprendre leur position sur la question. «Dans les jours à venir, si les choses ne changent pas, nous allons être obligés de nous battre parce qu’on n’a pas le choix» conclut-il.

Ollo Crépin Hien est chercheur enseignant à l’institut des sciences des sociétés. Il dirige aussi la coordination des enseignants à temps plein et des ingénieurs de recherche. Ce dernier se dit confiant sur l’aboutissement de leur lutte. Pour lui, il est inutile de bloquer la carrière des jeunes car c’est le pays qui perd

La fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche dénonce également d’autres actions du ministère qui mettent en question leurs acquis. Si leur rencontre avec Alkassoum Maïga, ministre de l’enseignement supérieur de la recherche scientifique et de l’innovation ne donne pas des résultats satisfaisants, le syndicat compte mettre en place des actions de riposte. Selon le responsable de la coordination syndicale,  une grève n’est pas à exclure.

www.libreinfo.net