Accueil A la une Entreprenariat: à la découverte de Lassina Traoré,enseignant menuisier à Banfora

Entreprenariat: à la découverte de Lassina Traoré,enseignant menuisier à Banfora

Lassina Traoré,enseignant menuisier à Banfora,Libre info

C’étaient les vacances scolaires. Les fonctionnaires qui en bénéficient, les exploitent soit pour des voyages ou être à côté des siens, soit pour mener des activités diverses. Certains enseignants par exemple, mettre à profit ce temps de repos coïncidant avec la saison d’hivernage, pour exploiter des superficies agricoles. D’autres, le consacrent à l’exercice de certaines activités rémunératrices. Lassina Namatien Traoré, lui, a rejoint son atelier de menuiserie à Banfora. Il concilie depuis 2016, l’enseignement et la menuiserie. Il est plus connu comme un menuisier talentueux qu’un enseignant dans la province de la Comoé.

Par Vincent Konkobo, correspondant Comoé

Lassina Namatien Traoré est un enseignant du primaire. Il est en service à Soubaga, une commune rurale située à environ 50 km de Banfora, dans la région des Cascades. Il est passionné de la menuiserie.Il y a consacré une dizaine d’années d’apprentissage. En effet, il a débuté sa formation en menuiserie dans les années 1998-99 à Banfora, lorsqu’il était à l’école primaire.

Il trouvait toujours du temps pour apprendre ce métier pendant les weekends. ‘’Il venait apprendre le travail à chaque fois qu’il n’avait pas cours à l’école, contrairement à ses camarades qui préféraient aller jouer’’, a témoigné Ali Ouattara, son ancien patron. Pendant les vacances, poursuit M. Ouattara, ‘’il se donnait entièrement à ce métier qui le passionne’’. Très vite, M. Traoré excelle et ouvre son atelier de menuiserie en début d’année 2005.

Il obtint également son Brevet d’étude du premier cycle (BEPC) en 2005. En 2013, il s’inscrivit à l’école de formation des enseignants du primaire. Il paye la moitié des frais de formation avec les revenus de son activité de menuiserie.

En 2016, il réussit brillamment au test d’intégration à la fonction publique. Il a été affecté à Soubaga, une commune rurale de Banfora. Depuis lors, M. Traoré affirme passer désormais ses congés et ses vacances dans son atelier. Il envisage y investir pour le moderniser afin d’augmenter le volume et la qualité de son travail. Mais Pendant les classes, il dit confier l’entière gestion de son atelier à son frère ainé pour se consacrer entièrement à l’enseignement.

« Au début, la menuiserie était une passion pour moi. Mais lorsque j’ai été intégré dans la fonction publique, j’ai compris qu’il fallait continuer puisque c’est un gagne-pain et un avantage pour moi parmi mes collègues. Avec ce que j’y gagne, j’arrive à gérer mes petites dépenses et je suis indépendant de mon salaire », a laissé entendre l’enseignant-menuisier.

Lassina Traoré emploie dans son atelier, sept personnes dont trois apprentis qui sont tous des élèves. Il arrive selon son témoignage, à réaliser un chiffre d’affaire d’au moins 100 000 FCFA par mois. « Le marché est acceptable mais n’est pas continu. Il y a des moments où la demande est très forte et des moments où elle est timide. Mais, je ne me plains pas. Je compte améliorer nos conditions de travail en acquérant des machines pour rendre le travail plus rapide et diminuer aussi l’effort physique » a-t-il indiqué.

La qualité du travail de M. Traoré lui vaut des commandes hors de la région des Cascades. « J’ai déjà reçu des commandes dans plusieurs localités du pays telles que Bobo, Bama, Ouagadougou, Koudougou et bien d’autres localités. » En dehors des activités dans l’atelier l’enseignant-menuisier dit offrir d’autres services tels que le plafonnage, le coffrage, parfois de la tapisserie, etc.

 Evariste Ouédraogo est son client : « J’ai connu son atelier depuis 2015 par le biais d’un ami. J’ai commandé mon premier meuble à Banfora avec lui. J’ai présenté son travail à mes amis à Ouagadougou et il a obtenu des marchés. Il exécute bien son travail avec du bois de qualité et à un prix raisonnable. Il est spécial à Banfora puisqu’il excelle bien dans le domaine de l’enseignement et aussi dans son entreprise. Il tend vers sa modernisation. En dehors de son travail, il arrive à mobiliser ses collègues et même d’autres corps au niveau de son atelier et cela contribue à faire la publicité de ce qu’il fait », a déclaré M. Ouédraogo trouvé sur place.

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