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Entretien : « La meilleure démarche pour aller à une réconciliation est celle qui ne s’attarde pas sur notre passé mais qui ne fait pas fi non plus de notre histoire commune » (Roger. T. Sawadogo)

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la réconciliation
Roger. T. Sawadogo, consultant-formateur, auteur du livre « mon rêve est possible si »

Roger. T. Sawadogo est un consultant-formateur, auteur du livre « mon rêve est possible si » qui est une œuvre de développement personnel décrivant le rêve de la jeunesse africaine. Son cabinet dénommé « Elite Afrique » organise du 18 avril au 31 mai 2021 une formation en communication politique. Dans cette interview, il nous parle de sa vie, de ses activités et de sa perception de la démarche de la réconciliation entamée par Zéphirin Diabré. 

Propos recueillis par Tatiana Kaboré

 Libre info (Li) : Qui est Roger. T. Sawadogo ?

Roger. T. Sawadogo (R.T.S) : Après l’obtention de mon Baccalauréat série D en 2012, j’ai poursuivi des études en sciences économiques à l’Université Norbert Zongo où j’ai obtenu la Licence en analyse et politique économique en 2016. J’ai réussi ensuite à un test qui m’a permis de poursuivre mes études dans un cycle Master à l’Université Thomas Sankara. Ayant bénéficié d’une bourse de l’Etat burkinabé, j’ai choisi de diversifier mes domaines de compétences en m’inscrivant dans plusieurs autres programmes de Master. C’est ainsi que je totalise un Master recherche en sciences économiques, un Master recherche en Science politique, un Master professionnel en Communication politique, un Master en coaching et au moins une vingtaine de certificat dans divers domaines. Aujourd’hui, je me présente simplement comme un chercheur, un écrivain, un consultant-formateur et un chef d’entreprises.

 Li : Parlez-nous de votre Cabinet

 R.T.S : Mon cabinet est dénommé « Elite Afrique ». Il évolue dans trois domaines d’activités dont l’économie, la politique et le coaching. En particulier, notre expertise est dirigée vers les projets et programmes de développement, la communication et les stratégies politiques. Nous intervenons surtout dans le coaching de toutes les personnes qui sont en quête de bien-être et de meilleurs résultats dans leurs vies, qu’elles soient hommes politiques, hommes d’affaires, professionnels, élèves ou étudiants. En rappel, l’esprit de Elite Afrique existe depuis 2014 date à partir de laquelle nous avons commencé nos premières activités de formations mais le format actuel du cabinet a été formalisé en 2020.

 Li : Votre cabinet organise du 18 avril au 31 mai 2021 une formation sur la communication politique. De quoi s’agit-il exactement ?

 R.T.S : Notre formation en « Communication Politique » est un programme de très haut niveau, de seize modules, qui bénéficie de l’accompagnements de formateurs de taille de plusieurs domaines. Il y’a le Dr. Poussi Sawadogo, qui est un écrivain et formateur international sur les questions de politique et de diplomatie, de relations internationales, de la communication et la médiation des conflits. A côté, vous avez Adama Amadé Siguiré, un écrivain professionnel qui compte plusieurs livres et qui est chevronné dans les rouages de la communication politique. Vous avez également Adama Amadé Soro qui est un Journaliste expérimenté, un traducteur et un grand chef d’entreprises. Il a une ample maîtrise des grandes questions géopolitiques et internationales. Enfin, vous avez Samdpawendé Ouédraogo, un grand politologue et un professionnel de la politique. Il totalise une vingtaine d’année d’engagement politique et qui maîtrise les enjeux de la communication électorale et politique.

Li : Est-ce que cette formation s’adresse uniquement aux hommes politiques ?

R.T.S : Les hommes politiques sont en première ligne, mais ils ne sont pas les seuls acteurs de la communication politique car par définition, la communication politique regroupe trois acteurs qui ont la légitimité de s’exprimer au sujet de la chose politique. Il y ainsi les hommes politiques, les médias et l’opinion politique même si ce dernier n’existe pas dans la réalité et demeure un « construit social ».

Li : Est-ce qu’il y’a d’autres acteurs qui pourraient être intéressés par cette formation ?

R.T.S : En dehors de ces trois acteurs, sont ciblées dans cette formation toutes les personnes qui veulent apprendre du milieu politique et des professionnels de la politique ou qui ambitionnent de devenir des hommes politiques.

Li : Vous avez publié également un livre intitulé  » mon rêve est possible si… ». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette œuvre ?

 R.T.S : Le livre « mon rêve est possible si » est un livre de développement personnel qui ne décrit pas seulement le rêve de Roger. T. Sawadogo mais le rêve de la jeunesse burkinabé et africaine en général. Ce livre prend pour postulat que tout rêve est possible dans la vie s’il obéit à trois conditions. Il faut d’abord que le ‘’rêveur’’ prenne conscience qu’il est non seulement important à lui-même mais aussi aux autres. Il faut ensuite qu’il prenne conscience que Dieu a mis un potentiel en lui qu’il doit travailler à découvrir et que nous avons nommée la raison d’être. Enfin, il doit savoir que Dieu nous a donné des pouvoirs que nous pouvons utiliser pour nous construire comme on peut les utiliser pour nous détruire. Et c’est seulement en remplissant ces conditions que tout rêve se réalise.

Li : En tant que communicateur politique qu’est-ce que vous pensez de la démarche actuelle pour aller à la réconciliation nationale ?

 R.T.S : Pour parler de réconciliation, il convient de regarder quelques faits marquants de notre pays. Par exemple, la commission de la réconciliation et des réformes mis en place sous la Transition a enregistré pour la période 1960-2015, 5 065 dossiers de divers crimes dont 145 crimes de sang et 106 autres atteintes à l’intégrité ; 983 crimes économiques et autres atteintes aux biens. A cela s’est ajouté, depuis 2016 d’autres atteintes à l’intégrité et crimes récents. La bonne démarche, et la meilleure d’ailleurs, pour aller à une réconciliation est celle qui ne s’attarde pas sur notre passé mais qui ne fait pas fi également de notre histoire commune à tous.

C’est pourquoi, je dégage trois préalables pour rendre efficace notre processus de réconciliation. Il faut dans un premier temps, que tous les fils et filles de notre pays s’asseyent et relisent l’histoire de notre pays car, plus il y aura une divergence dans la lecture de notre propre histoire, plus il y aura une diversité de modèle de réconciliation. Pour les acteurs de cette réconciliation, il faut qu’ils maîtrisent les enjeux de la communication politique pour éviter que, pendant que les uns communiquent pour construire d’autres le font pour détruire.

Dans un second temps, ça c’est ma conviction, la voix de ceux qui seront vus comme victimes doit plus peser dans la balance de notre « modèle de réconciliation » comme cela l’a été en Afrique du Sud par exemple. Le statut de celui qui fait pardon conditionne le niveau de sincérité de notre modèle de réconciliation. Et il ne faut pas qu’on se trompe car, après notre réconciliation on risque d’engager un autre processus de réconciliation pour réconcilier les réconciliés si ces aspects sont écartés dans notre modèle.

Le troisième élément, non moins important bien que cela soit lié aux deux précédents, est l’étendu de notre réconciliation qui doit quitter la sphère politique pour toucher tous les pans de notre société et prendre en compte les questions de développement. Notamment la question de la répartition des richesses nationales entre les générations et les générations futures. Cela nous éloignera davantage des modèles de réconciliation partiel et parcellaire.

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