Home Culture FESPACO 2019 : Convaincue, elle ne veut aucune pitié pour son œuvre

FESPACO 2019 : Convaincue, elle ne veut aucune pitié pour son œuvre

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La 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), continue de dérouler son programme. Dans la salle de ciné BURKINA, c’est le long métrage d’Apolline Traoré, intitulé « Desrances », en compétion pour l’Etalon d’Or de Yennenga, qui est projeté ce 26 février 2019. 

Il est 17h 00 au Ciné Burkina. Les places ont été déjà réservées pour la projection de la soirée, prévue pour 18h 30. A l’affiche « Desrances », le long métrage de la réalisatrice et productrice burkinabè, Apolline Traoré, l’une des rares réalisatrices à la conquête de l’Etalon d’Or de Yennenga, la plus haute marche du podium. A 18h, plus de places dans la salle de projection, même pour ceux qui ont les badges d’accès, les hommes de médias aussi. Voici donc une piste ouverte à toutes les astuces pour accéder à la salle, malgré cette phrase maintes fois répétée par des éléments de la sécurité à l’entrée : « S’il vous plaît, il n’y a plus de places à l’intérieur ». « Non, nous sommes la délégation du Rwanda, le pays invité d’honneur », badinait un groupe de jeunes qui cherchait coûte que coûte à voir ce film. « S’il vous plait, … s’il vous plait, c’est la presse, si nous n’entrons pas, qui va donner l’information », a lâché un confrère d’un média international, caméra à l’épaule. « C’est la merde ! On paye le badge à 25 000 FCFA et on ne peut même pas avoir accès à la salle. C’est la merde ! », avons-nous entendu d’un expatrié. Toutes ces tentatives en vain, et la porte se referma définitivement. Comprenant qu’il n’y a plus de solutions possibles pour accéder à la salle, ils reculèrent.

Projection de film « Desrances » d’Apolline Traoré, la salle de CINÉ BURKINA a refusé du monde

Toutes ces effervescences, montrent combien les cinéphiles tenaient à regarder ce film de cette brave dame. Desrances, le fameux titre du film qui correspond au nom de l’acteur principal dans le scénario, est un long métrage qui relate l’histoire d’un haïtien, Francis, qui a vécu la guerre de son pays dans laquelle il a tout perdu. Se réfugiant en Côte d’Ivoire, Il attendra avec impatience la naissance de son futur fils, l’héritier pour lui donner son nom : DESRANCES. Pour lui, avoir un fils est très important car c’est lui, qui perpétuera sa descendance. Informé qu’Aïssey, sa femme, est sur le point d’accoucher, une guerre civile déclenche en Côte d’Ivoire. C’est la crise de 2011 qui a éprouvé le pays. Les combattants ont investi la ville alors que Francis doit conduire sa femme à l’hôpital pour l’accouchement. Plus tard, Francis constatera que son épouse a disparu. Quel malheur ! Quel destin ! Fuyant la guerre dans son pays, il retombe dans la guerre dans le pays hôte. Avec courage et détermination, il ira à la recherche de sa femme enceinte. Sa fille Haïla, décide de l’accompagner. Ensemble, ils traversent la ville en bravant les nombreux dangers. La suite, sa femme décède à l’hôpital avec son héritier. Haïla, sa fille, lui promettra d’être sa digne héritière. Apolline Traoré confie avoir mis 4 ans pour finaliser cette œuvre. Elle reste confiante, optimiste quant à la qualité de son film qui séduira certainement le jury. La réalisatrice burkinabè reste ferme. Elle ne veut aucun sentiment de pitié ou de reconnaissance parce qu’elle est femme, pour lui attribuer l’Etalon d’Or de Yennenga. « Il y a des moments difficiles parce que j’étais une femme. Mais, je n’ai jamais accepté ma défaite parce que j’étais une femme. Je me suis toujours dis, si je n’ai pas réussi, c’est parce que je ne suis pas assez compétente. Il faut regarder mon film, s’il vous plaît, donnez-le-moi. Mais ne me donnez pas, parce que je suis une femme », souligne-t-elle d’un ton rassurant.

Son challenge, elle l’a dit, c’est de partager son rêve avec le monde et elle pense que le FESPACO en est le catalyseur : « Le festival m’a fait connaître dans mon pays, m’a donné des opportunités de connaître des producteurs, des potentiels financiers. C’est à partir du FESPACO que j’ai montré au peuple africain, ce que j’étais capable de faire », relève-t-elle.

À 43 ans, Apolline TRAORE espère remporter l’Etalon d’Or de Yennenga du cinquantenaire du FESPACO. Si elle y arrive, elle sera la première femme à remporter ce prestigieux trophée du cinéma africain. C’est être aussi auréolée de cet or massif du jubilé d’or dont tous les 20 autres réalisateurs espèrent chacun caresser ce trophée très convoité. Le film en compétition, le long métrage n’est pas le premier de la réalisatrice. Elle a son actif, trois autres films dont Frontière, en 2017 ; Moi Zaphira, en 2013 et Sous la clarté de la lune, en 2004. Le présent film, Desrances, a été réalisé en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Il aurait couté environ 711 millions de FCFA .

Siébou Kansié
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