Home Culture Fespaco 2021 : « On recule ou on avance ?» (Sana Bob, artiste musicien burkinabè)

Fespaco 2021 : « On recule ou on avance ?» (Sana Bob, artiste musicien burkinabè)

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Sana Bob, artiste musicien burkinabè
Sana Bob, artiste musicien burkinabè-Libre Info

Sana Bob est un artiste musicien burkinabè engagé. Son genre musical est le reggae. Il fait partie des artistes choisis qui doivent prester durant la 27e édition du Fespaco. Il donne son point de vue sur l’organisation de ce festival et le choix des artistes musiciens qui fait des gorges chaudes au sein du milieu musical burkinabè.

Par Siébou Kansié

Libre info (Li) : Vous n’avez pas porté de cache nez !

Sana Bob (SB) : Corona virus est devenue une vie quotidienne. Je viens de chanter, je ne peux pas porter un cache nez pour chanter. Je suis en bonne santé et je ne dois pas mettre la maladie dans ma tête matin, midi, soir. Corona virus, je l’ai chanté en cinq langues. Je suis conscient de ça. Mais il faut qu’on laisse ça pour vivre ensemble.

Li : Comment vous trouvez cette 27é édition du Fespaco ?

Sana Bob (SB) : Pour le Fespaco 2021, je suis content mais pas très heureux. Je suis content parce que le Fespaco se tient malgré tout ce qu’on sait (Covid-19 et sécurité).

Je voyage beaucoup. En Europe, on vous dira que le Burkina, le Mali et le Niger sont des zones rouges. Certains pays étrangers conseillent leurs ressortissants de ne pas venir au Burkina. Je remercie les Européens et les autres peuples qui sont venus pour le Fespaco. Il fallait qu’on organise le Fespaco ; si on ne le faisait pas, ce sont nos ennemis (les terroristes) qui gagnaient.

De ce point de vue, je remercie les autorités et surtout Mme la ministre de la culture pour son combat, ses efforts pour que la culture au Faso rayonne.

Mais je ne suis pas très heureux à cause d’une seule chose. Le Fespaco a plus de 50 ans aujourd’hui. On l’a toujours fêté au stade du 4-Août qui a une grande capacité d’accueil ou au stade municipal. Maintenant, c’est au palais des sports que tout se passe.

Si on quitte le palais des sports, on va où ? A la maison du peuple, à la maison de la culture Jean Pierre Guingané, pour terminer au CENASA (Centre National des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel) ?  On recule ou on avance ?

Nous sommes nés trouver que les choses se déroulent là-bas. Je sais que le contexte actuel est difficile mais il faut qu’on travaille à maintenir l’élan des choses pour garder leur dynamique dans l’esprit des gens.

Li : Avez-vous combien de prestation à faire ?

SB : J’ai une prestation. Mais cette prestation unique est déjà grande. Parce que depuis le début de ce mois d’octobre, je joue chaque jour. Il y a le festival « Allons à Kaya » qui commence et je dois aller là-bas. Je dois aller à Bobo-Dioulasso avec un ami qui est venu de Paris. On fait des tournées avec mon album « Vivre ensemble ».

Li : Que pensez-vous du choix des artistes qui doivent prester à ce Fespaco ?

Sana Bob : J’ai plusieurs fois joué à l’ouverture du Fespaco. Il faut donner la chance aussi à d’autres artistes de jouer. L’année dernière le BBDA m’a fait savoir qu’il y a 1000 nouveaux artistes qui ont été enregistrés. C’est une raison de laisser les autres s’exprimer musicalement. Je pense aussi qu’on pouvait organiser dans les quartiers, des lives pour que tous ces artistes apportent leur contribution. Cela allait être bien pour les quartiers surtout pour les personnes qui n’arrivent pas à se déplacer.

Que les artistes qui n’ont pas eu la chance d’être programmés, ne s’inquiètent pas. Peut-être qu’ils seront programmés aux prochaines éditions. On ne pouvait pas prendre tout le monde.

Li : Vous êtes satisfait du cachet qu’on vous a proposé ?

SB : C’est une œuvre sociale que nous faisons. On nous a fait comprendre que chaque Burkinabè doit apporter sa contribution d’une manière ou d’une autre, pour le rayonnement de notre survie dans ce contexte. J’ai accepté parce que si dans le pays ça ne va pas, et qu’on nous propose ce qu’on peut nous donner, il faut accepter. Et là, on ne parle pas de cachet car tout le monde connait le cachet de Sana Bob aujourd’hui. Je suis le parrain du Vivre Ensemble, si on peut donner la joie de vivre, on le fait.

Li : Justement est-ce que le Vivre Ensemble que vous allez chanter ce soir a été bien accueilli par les Burkinabè ?

Sana Bob : Oui ! Le peuple Burkinabè est reconnaissant. Nous organisons des concerts un peu partout au Burkina. En juin 2021, on était à Djibo pour un concert avec Dicko. Combien d’artistes peuvent allez chanter dans une zone comme Djibo aujourd’hui ? Là-bas on m’a donné un âne à la fin de la prestation et ça signifie beaucoup de choses. Je suis très content.

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