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Football Burkinabè : « J’ai été fier de représenter mon pays dans le football et je serai encore fier de le représenter dans la culture », Jonathan Pitroipa, ex footballeur international

Football Pitroipa Burkina
L'ex international Burkinabè, Jonathan Pitroipa prospère désormais dans le monde des affaires.

L’arrêt de sa carrière avec les Etalons, la décision de raccrocher définitivement sa carrière de footballeur et les souvenirs durant sa carrière. Ce sont des sujets que Libreinfo.net a abordé avec le  retraité  des Etalons, Jonathan Pitroipa. Son désir de devenir militaire à son enfance, ses relations avec les capitaines Moumouni Dagano et Charles Kaboré, la qualification des étalons A à la CAN Cameroun 2022 n’ont pas été occultés. Il s’est prononcé également sur la suspension du stade du 4 aout, sa nouvelle fonction en tant que premier responsable et propriétaire d’une maison de production et sur la structure PNP consulting. C’était le mercredi 2 juin 2021 à Ouagadougou.

Entretien réalisé par Sana Soumaila

Libreinfo.net (L.I) : Quelles sont les raisons qui vous ont motivées à prendre la décision de mettre un terme à votre carrière de footballeur ?

Jonathan Pitroipa (J.P) : Il fut un moment où la décision de mettre un terme à ma carrière me trottinait la tête. Avec mon club Paris FC tout se passait bien. Il y a eu un moment où j’ai même renouvelé mon contrat pour deux saisons avec mon club.

Et j’avais prévu qu’après les deux saisons avec Paris FC, j’allais définitivement arrêter. A la reprise de ma dernière saison, tout se passait bien et on engrangeait des points avec un bon classement. Mon idée aussi était d’accompagner Paris FC à progresser, voir remonter en première division.

Le staff technique m’avait bien accueilli et tout était mis en place pour que je sois à l’aise pour jouer. J’ai donné mon apport sur les terrains afin de permettre à l’équipe d’avancer. Et c’est pendant la trêve d’hivernal que tout a commencé, notamment raccrocher avant la fin de la saison qui restait quelques mois. Car je sentais que j’avais envie de faire autre chose et cela allait partir vite et c’est pourquoi j’ai préféré anticiper.

Avec mon club Paris FC, on s’est entendu et tout s’est bien passé et tout continue de bien se passer entre nous. Je suis toujours en contact permanent avec eux. Et j’ai foi qu’à un moment, le club pourra accéder en première division, car il a un bon projet. Car il y a un bon travail qui est abattu là-bas.

L I : Le 17 Novembre 2019 à l’issue du match Soudan du Sud-Burkina Faso, vous aviez annoncé la fin de votre aventure en équipe nationale, alors que le nouveau sélectionneur comptait encore sur vous. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait à l’issue d’un match des étalons à domicile ?

J.P : Honnêtement, toutes les décisions que j’ai eu à prendre ont été bien réfléchies et mûries. C’est comme je le disais plus haut, je sentais la fin de ma carrière en club venir, il fallait déjà que je quitte les étalons. Mais c’est vraiment dommage car j’aurai bien aimé raccrocher devant mon public au stade du 4 août.

Car c’est dans ce même stade que j’ai joué mon premier match avec les Etalons. Malheureusement le programme a décidé autrement. Quant le coach Malo est arrivé à la tête de la sélection nationale, il m’a fait savoir qu’il comptait sur mon accompagnement pour réussir sa mission.

Mais je lui ai fait savoir que j’allais l’accompagner jusqu’à un certain moment afin de lui donner la confiance qu’il a besoin pour la suite. Raison pour laquelle j’ai joué les premiers matchs avec lui, que  j’ai accompagné les jeunes et donné le meilleur de moi-même pour que l’équipe gagne.

J’avais informé certaines autorités de notre football et même le coach était au courant. Mais, j’ai annoncé la nouvelle aux joueurs avant la presse et j’ai voulu attendre pendant un bout de temps, peut-être qu’il pouvait y avoir un changement avant de l’annoncer publiquement.

Mais il y a eu des fuites déjà dans la presse et j’ai préféré l’annoncer publiquement après la victoire contre le soudan du sud. Mais je pense que dans le futur mon public pourra me revoir au stade du 4 août pourquoi pas lors d’un match de gala pour leur faire plaisir.

L.I : Que retenez-vous de votre carrière aussi bien en équipe nationale qu’en clubs ?

J.P : Mon titre de meilleur joueur de la CAN en 2013 avec l’équipe nationale en Afrique du Sud et la finale qu’on a perdue, même si on pouvait la gagnée face au Nigéria en 2013, sont ce  que je retiens de ma carrière. En club, c’est à Renne, club de D1 en France, que je me suis le plus épanoui.

Et tout le monde voyait le joueur que j’étais et qui pouvait créer la différence à tout moment et cela a été un déclic pour ma carrière. Et c’est tout cela fait partie de mes bons souvenirs.

L.I : Vous avez eu une immense carrière de footballeur. Il semble cependant que votre rêve était de porter la tenue militaire.

J.P : Non, j’ai toujours aimé le football depuis le bas âge. Et je ne jouais qu’au foot. Mais les parents mettaient  la pression pour l’école car pour eux il y a plus de chance de réussir à l’école qu’en football.

C’est ainsi qu’après l’obtention de mon certificat d’étude primaire et de l’entrée en sixième, j’ai voulu faire le test d’entrée au Prytanée Militaire de Kadiogo (PMK).

Les études et formation au PMK me permettraient d’être bien outillé et avoir un bon bagage pour mon avenir. Les parents voyaient que j’avais un bon niveau pour intégrer le temple du savoir militaire.

Et comme Dieu sait bien faire les choses, peut-être que je n’étais pas destiné à être militaire, la même année j’ai été admis au test du centre de formation de football, « Planète Champion ». Ce qui veut dire que Dieu avait un plan pour moi et le football était le bon choix.

L.I : Quels ont été les moments les plus durs de votre parcours footballistique en sélection ou en club ?

J.P : La finale perdue face au Nigéria à la CAN 2013 et le carton rouge que j’ai écopé injustement en demi-finale contre le Ghana avec la sélection nationale. Il y a eu la non qualification de l’équipe nationale de la coupe du Monde en 2014 contre l’Algérie à Bilda qui me fait toujours mal.

Il y a aussi la disparition de mon papa après la CAN 2013, surtout à un moment où j’étais au top de ma forme. Et cela a pris un coup sur ma carrière et ne m’a pas permis de progresser comme il fallait, car après le club français Renne, j’aurais dû avoir des meilleures offres que ce que j’ai eues.

L.I : Quelles sont vos relations avec les capitaines, Charles Kaboré et Moumouni Dagano ?

J.P : Etant à l’extérieur, les gens ont toujours une tendance à épiloguer qu’il y a souvent des tensions entre telle personne et telle autre personne. Dans tout groupe, il y a toujours des petites affinités. Pour moi, Charles Kaboré est un ami et nous avons débuté ensemble en équipe nationale.

Et jusqu’à présent tout se passe bien entre nous. Avec « Momo » Dagano, cela a été un plaisir pour moi de jouer à ses cotés et il y a toujours des joueurs qui rêvent de jouer auprès des grands attaquants comme Dagano.

Ce qu’on a partagé en équipe nationale est très important et il y a toujours du respect entre nous. Quant on se croise, on discute de tous ces moments vécus ensemble en équipe nationale qui ne sont que des beaux souvenirs.

Il faut que les gens sachent que ce qu’on dit dehors n’est pas ce qui se passe dedans. C’est toujours mieux de garder certaines choses au fond de soi. Même dans une famille, il y a toujours des discussions mais cela n’a jamais été une raison pour impacter sa cohésion.

C’est parce que chacun veut souvent bien faire et faire plaisir aux supporteurs qu’il y a souvent des petites tensions. Mais en réalité, quand on aime le football, on souhaite être à coté des meilleurs pour gagner. Et je suis dans cette dynamique.

L.I : Comment se passe votre nouvelle vie, c’est -à-dire comme patron d’une maison de production (Shamar Empire) ?

J.P : Shamar Empire fait partie aussi d’un de mes projets que j’ai réalisés. Et c’est comme un peu dans le Foot. Quand j’étais petit j’aimais aussi la musique car le papa a fait un peu de choses dans le milieu musical et avec des amis dans le quartier. Aujourd’hui, j’ai réalisé un autre de mes rêves qui était d’apporter ma contribution à la culture de mon pays.

Donc je n’ai pas créé Shamar Empire pour de la concurrence mais c’est pour apporter une qualité. Permettre aux gens de travailler dans des meilleures conditions de qualités. J’ai été fier de représenter mon pays dans le football et je serai encore fier de le représenter dans la culture.

Shamar Empire n’est pas que la musique, mais il y a d’autres volets, notamment des publi-reportages, la communication.  Ma structure est ouverte et accessible à tout Burkinabè. Ce n’est pas parce que nous avons des grands moyens au niveau du studio que cela n’est pas accessible à tout le monde.

Ma structure est un business, donc il faut que les gens viennent et qu’on discute business et non socialement. Car il y a eu un investissement, donc il faut à un moment aussi qu’il y est un retour à l’investissement.

L.I : Que représente la musique pour vous ? 

J.P : La musique fait partie de ma vie comme le football. La musique m’a accompagné dans carrière. Et quand par moment je ne me sens pas dans ma peau, si j’écoute la musique elle me procure la joie de me surpasser de la mauvaise humeur et d’atteindre les objectifs visés.

La musique a été toujours une source de motivation pour moi. Même avant les matchs il y a des musiques et pour dormir également, il y a de la musique que j’écoute. Donc en un mot j’aime la musique.

L.I : Quel commentaire faites-vous sur la qualification des Etalons à la CAN 2022 ? Comment vous avez trouvé la prestation d’ensemble avec les jeunes qui viennent d’intégrer l’équipe ? Et quelles peuvent être les chances du Burkina dans cette compétition ?

J.P : Le Burkina Faso actuellement a une équipe en construction. Il y a eu des départs et la colonne vertébrale n’étant plus là, il faut accompagner ces jeunes qui ont intégré l’équipe. Il faut travailler leur mentalité à gagner des matchs pour le bonheur du public sportif burkinabè.

Je souhaite qu’on accompagne l’entraineur à réussir sa mission et aussi l’équipe afin d’engranger les victoires. Nous sommes tous mobilisés derrière l’équipe pour des résultats à la CAN prochaine. Avec cette jeune équipe, il faut se fixer des objectifs pour la CAN prochaine. D’abord négocier les victoires au niveau des matchs de poules et se projeter en quart de finales et les demi-finales.

L.I : Quels sont vos sentiments après avoir négocié et obtenu les deux matchs amicaux des Etalons contre les Eléphants de la Côte D’Ivoire et les Lions de l’Atlas du Maroc par PNP consulting Sarl dont vous êtes un des membres fondateurs ?

J.P : D’abord, c’est un travail d’équipe et non d’une seule personne. Notre projet de la création de PNP consulting a été réfléchi et muri depuis longtemps. Parce que nous nous entendions très bien entre nous,  Aziz Nikiéma, Madi Panandtigri et moi-même Pitroipa. Nous avions une même vision. Et nous avions travaillé ensemble pour mettre en place la structure.

C’est ainsi que nous avions déposé notre demande au ministère des Sports et Loisirs pour apporter notre savoir au niveau du sport national. Et Dieu merci, la demande a été accordée par les autorités. Nous allons mettre à profit notre expérience dans le football pour accompagner notre pays dans l’organisation de ces matchs.

Déjà, le peu qu’on a pu apporter, cela montre l’ambition qu’on a à aider nos jeunes frères afin qu’ils soient mieux préparés pour des lendemains meilleurs du football Burkinabè. Et nous sommes satisfaits d’avoir décroché ces deux matchs amicaux pour le bonheur de nos jeunes frères qui vont se frotter à des grands noms du football africain.

L.I : Quelle est votre opinion sur la suspension du stade du 4 août ?

J.P : C’est vraiment dommage d’entendre que notre mythique stade a été suspendu même si nous ne sommes pas le seul pays concerné. Car le stade du 4 aout est une arène pour nous, où c’est très difficile de voir une équipe venir battre les Etalons. A un certain moment, il faut que  nous essayions aussi de faire des efforts pour ressembler aux autres qui ont normalisé leurs stades.

Donc il faut améliorer les conditions du stade et cela sera un tonus de plus pour les joueurs de donner à fond devant leur public quand ils jouent à domicile. Mais je pense que le ministère a pris le problème au sérieux et y travaille pour la rénovation. Mais, je pense que dans les années à venir il faut songer à la construction des nouveaux stades.

Le Burkina mérite  maintenant d’avoir des infrastructures sportives  modernes. Et j’espère que les choses vont aller vite et que  les Etalons pourront disputer leur prochain match devant son public au stade du 4 août.

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