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Football : candidature du Burkina à l’organisation de la CAN 2029, un défi réaliste ou démesuré ?

Burkina, Organisation CAN 2029
Image d'illustration des étalons

L’annonce de l’intention de candidature du Burkina Faso à l’organisation de la CAN 2029 alimente actuellement les débats dans les milieux sportifs. D’une part il y a ceux qui pensent que ce serait une aubaine pour le football burkinabè et d’autres part, ceux qui estiment que c’est un défi présomptueux et démesuré pour un pays qui a tant de priorités.

 

Par Marcel Ye

Avant de se prononcer sur le sujet, il est impératif de se poser deux questions essentielles. Qu’est-ce que l’organisation d’une CAN rapporte au Burkina Fao ? Qu’est-ce que cela coûtera à notre pays ?

Abriter une compétition de l’envergure d’une coupe d’Afrique des Nations (CAN) rapporte bien plus que la plupart des Burkinabè ne l’imagine.

On se souvient que l’organisation de la CAN 98 avait boosté le football burkinabè. C’est à partir de ‘’Burkina 98’’ que les Etalons ont commencé à participer régulièrement aux rendez-vous du football africain et même mondial avec les Cadets. Cela avait eu également un impact positif au niveau des clubs et des sélections nationales. Le football burkinabè, s’est par la même occasion, fait de nombreux supporteurs, devenant encore plus populaire. Organiser une CAN pourrait encore élever le niveau du football burkinabè.

L’organisation d’une CAN serait une occasion pour renouveler les infrastructures sportives trop vieillissantes et en déphasage total avec les standards internationaux. Stades, terrains d’entrainement, équipements sportifs…feront peau neuve au grand bonheur des sportifs burkinabè. Ce serait d’ailleurs un pas de plus vers la professionnalisation progressive du football burkinabè.

Enfin, la tenue d’une CAN serait une aubaine pour ‘’vendre’’ l’image de notre pays. Durant un mois entier, le Burkina Faso deviendra le pays africain le plus médiatisé : de quoi relancer les secteurs d’activités ankylosés par l’insécurité (tourisme, transport, commerce…).

Il y a donc un avantage indéniable à abriter une Coupe d’Afrique des Nations. Mais combien cela coûtera -t-il à l’Etat Burkinabè ?

On le sait, une compétition comme la CAN ne se joue pas dans des vieux stades dépourvus de commodités et d’installations modernes. Le Burkina doit donc rénover ses stades. Et à en croire le nouveau ministre des sports, il faut une bagatelle de 10 milliards pour rénover le Stade du 4 Août de Ouagadougou et 24 milliards pour le Stade Sangoulé Lamizana de Bobo Dioulasso, soit un cumul de 34 milliards de CFA.

On imagine qu’il va falloir de gros investissements pour rénover les deux autres stades qui avaient abrité des matchs durant la CAN 98, à savoir le Stade Wobi de Bobo Dioulasso et le Stade Municipal de Ouagadougou.

Notons aussi que la CAN se joue désormais à 24 équipes et qu’il faut entre 6 et 8 stades pour abriter convenablement la compétition. C’est dire qu’en plus de la rénovation des 4 stades, il va falloir en construire 3 ou 4 autres répondant aux normes de la (CAF) (Définir CAF).  Il faudra aussi des terrains d’entrainement pour les 24 équipes participantes.

Ce sont donc plusieurs centaines de milliards qui seront injectés dans les infrastructures sportives d’ici à 2029. Et ce n’est pas tout.

À cela s’ajoutent la construction d’infrastructures routières et hôtelières de qualité et une amélioration des conditions de transport urbain et interurbain. Des efforts et non des moindres doivent être consentis pour assurer une excellente couverture réseau en vue de faciliter la communication pour au moins la période de compétition.

Organiser une CAN est donc indubitablement un grand défi, même s’il n’est pas hors de portée. On peut même se demander si les autorités ont bien pris la mesure de ce challenge. Pour un pays qui fait face à des mouvements sociaux à répétition, qui peine à enrayer la crise sanitaire et sécuritaire et qui consent un effort pour endiguer le problème sécuritaire, l’idée d’organiser une CAN semble prématurée.

Pourquoi ne pas envisager une Co-organisation ?

Le Burkina Faso entretient d’excellentes relations diplomatiques avec ses voisins. Il pourrait envisager une co-organisation de la CAN avec le Ghana, le Mali ou tout autre pays. D’autant qu’une candidature à trois pays n’est pas à exclure. Ce serait moins couteux et sur le plan sportif ; le pari serait tout de même gagné.

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