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France-Afrique : le rapprochement de la Russie avec les ex colonies françaises inquiète Paris ?

France Emmanuel Macron
Le Président de la France, Emmanuel Macron a suspendu les interventions militaires au Mali.

En l’espace d’une semaine, la France a annoncé des mesures de suspensions à deux de ses ex colonies. Il s’agit de l’aide budgétaire en Centrafrique et de la coopération militaire au Mali. Des mesures que l’on voit rarement. Ce qui atteste que la France est dans une période trouble de son histoire avec ses ex colonies. Que reste-t-il à faire avant une dégradation plus importante des relations diplomatiques ?

Par la Rédaction

Le Mali et la Centrafrique sont les deux pays aujourd’hui avec lesquels les relations diplomatiques sont de plus en plus tendues. Les deux pays présentent chacun des situations différentes, transition au Mali et rébellion en Centrafrique.

Cependant, la France a le même traitement pour les deux cas qui sont ses ex-colonies. Dans ces deux pays se trouvent également l’influence russe de plus en plus manifeste. Si en Centrafrique, Vladimir Poutine a réussi déjà à se faire une place de choix aux cotés de Faustin Archange Touadera, au Mali c’est encore la diplomatie souterraine qui travaille en faveur de la Russie.

La progression de la Russie dans les anciennes colonies françaises inquiète bien entendu la France. En Centrafrique ce n’est plus un secret, le torchon brûle entre Bangui et Paris. Le Président Macron casse les codes diplomatiques et exprime ouvertement son désarroi contre son homologue qu’il aurait soutenu par tous les moyens et surtout militairement pour éviter une invasion rebelle dans le pays, il y a seulement quelques années.

L’Elysée n’est pas passé par quatre chemins pour annoncer la suspension de l’aide budgétaire à la Centrafrique. Dans une interview « musclée » Emmanuel Macron a déclaré que le Président Touadera est guidé par la Russie. Qu’est ce qui n’a alors pas marché pour que les deux pays se retrouvent à faire leur bagarre diplomatique dans la presse ?

Une situation qui n’honore surtout pas la France et qui montre à souhait au Président Macron que ses compatriotes n’ont pas eu tort de dénoncer depuis longtemps les opérations militaires à l’extérieure. Aujourd’hui, malgré l’intervention française en Centrafrique, elle est décriée et de plus en plus « un sentiment anti français » se développe. Des manifestations de soutien à la Russie sont organisées çà et là.

C’est le même scenario au Mali, l’armée française n’est pas la bienvenue. Les populations voient une manœuvre de la France dans la lutte contre le terrorisme et même la gestion du pouvoir de Bamako.

La population manifeste pour un départ des troupes françaises et organise des meetings de soutien à la Russie. Cette manière de faire suscite la colère de Paris. Malgré les menaces du Président Macron de suspendre les opérations militaires au Mali, si la junte restait à la tête de la transition, la CEDEAO a acté le coup d’Etat de Assimi Goita contre Bah N’Daw et Moctar Ouane et comme en Centrafrique, la France a fini par suspendre ses opérations militaires au Mali.

L’avenir des relations de la France avec ses ex-colonies

A cette allure, la France risque de perdre définitivement la face en Afrique. Les menaces de sanctions n’inquiètent vraiment pas les populations bien au contraire, ce sont des mesures qu’elles applaudissent. A ce rythme, la France risque de faire place à d’autres puissances qui ont une autre manière de voir les relations diplomatiques de nos jours. Nous pensons à la Russie, à la Chine et à la Turquie qui sont plus orientées vers la coopération que l’influence des politiques politiciennes.

La seule condition pour la France de renaitre plus forte, c’est d’assumer ses choix politiques et dénoncer vigoureusement les pouvoirs à vie. Il faut oser dire non aux troisièmes mandats et fermer la porte à tous les dictateurs, les tripatouilleurs des constitutions, défendre les principes et valeurs que les intérêts individuels sans oublier la rupture du cordon ombilical avec la monnaie coloniale.

Elle devrait aussi éviter d’être l’éclaireur et le donneur de leçons des dirigeants africains mais accepter d’apporter son aide au développement des populations à la base. Rien ne servira d’apporter de l’aide budgétaire aux pays si les populations n’y voient rien.

En tous les cas, la France amorce un autre virage de son histoire avec ses ex-colonies. Ce virage, elle devrait le réussir ou perdre définitivement son « influence » sur ces colonies.

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