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G5 Sahel: “Il ne fait aucun doute que la présidence Burkinabè du G5 Sahel franchisse une nouvelle étape dans l’opérationnalisation” (Xavier Lapeyre De Cabanes)

Suite de notre entretien avec l’Ambassadeur de France au Burkina Faso,Son Excellence Xavier Lapeyre De Cabanes. Après le sujet des gilets jaunes et du FCFA,l’Ambassadeur nous parle de coopération militaire entre la France et le Burkina,le G5 sahel et la lutte contre le terrorisme.

Libreinfo.net: Le G5 Sahel rencontre des difficultés de financement malgré l’engagement de la France. Comment vous expliquez ce fait ?

Xavier Lapeyre De Cabanes: Le lancement de la force conjointe du G5 Sahel a été décidé en février 2017. Un an plus tard, le 23 février 2018, à la conférence de Bruxelles, 414 millions d’euros de promesses de dons ont été annoncées. 100 millions d’euros par an pour le fonctionnement de la force conjointe ont également été demandés.

De nouveaux financements arrivent toujours, les Etats-Unis par exemple ont augmenté leur contribution à hauteur de 110 millions de dollars.

Certains fonds engagés ont déjà été décaissés et mis en place, comme ceux de la France et une partie de deux de l’Union européenne. La France continue à mobiliser les bailleurs internationaux et a déjà versé l’équivalent de 11 M€ en équipements au profit de la FC du G5 Sahel.

Mais, il faut acheter davantage d’équipements militaires adaptés au contexte sahélien. Tout cela prend du temps, c’est frustrant bien sûr. Pour le Burkina, la France va fournir 34 pickups équipés d’armes de bord et de transmissions qui seront livrés à l’été 2019.

Mais, le G5 fait avec le peu de moyens qu’il a à sa disposition, et il fait montre d’un grand dynamisme.
Le plus important est la volonté affichée des cinq Etats du G5 Sahel et de leurs partenaires d’avancer ensemble.

Il ne fait aucun doute que la présidence Burkinabè du G5 Sahel franchisse une nouvelle étape dans l’opérationnalisation sur le terrain de la force conjointe.

La France a également formé, en trois sessions de deux à trois semaines, environ 650 personnels, femmes et hommes, du bataillon burkinabè de la force conjointe. Des instructeurs français sont venus à Dori pour assurer cette formation et ont déjà apporté des équipements (véhicules avec armes de bords et transmissions, matériels de santé, équipements de protection individuelle, tenues de déminage, etc.).

Libreinfo.net: Quel est l’apport de l’armée Française dans l’opération Otapuana en cours dans la région de l’Est ?

Xavier Lapeyre De Cabanes: La réponse est simple. Nous n’apportons aucun soutien à l’armée burkinabè en opération dans la région de l’Est, étant donné qu’aucune demande du gouvernement ne nous est parvenue.

Libreinfo.net: La France avait ouvert une enquête contre l’attaque terroriste de son ambassade à Ouagadougou en mars 2018. Un an après que sait-on exactement de cette attaque ?

Xavier Lapeyre De Cabanes: Le 2 mars 2018, le Burkina Faso a été endeuillé à la suite d’attaques terroristes perpétrées à l’Etat-major Général des Armées et à l’Ambassade de France au Burkina Faso. Ces attentats ont entrainé la perte de huit militaires, fait quatre-vingt-cinq blessés et causé d’énormes dégâts matériels. Ces attaques avaient été revendiquées par le groupe terroriste dénommé « le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (Nusrat al-Islam Wal-Muslim) » de Iyad Ag Ghali.
Madame le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a diffusé un communiqué le 1er mars de cette année. Je me permets de vous renvoyer à ce communiqué dans lequel toutes les informations détenues par les autorités judiciaires Burkinabè, suite à l’enquête de flagrance ouverte par le Parquet du Pôle Judiciaire Spécialisé dans la répression des actes de terrorisme, se retrouvent.
Pour sa part, la France a également ouvert une enquête, comme c’est le cas lorsque des Français sont victimes de crimes ou sont pris pour cible d’un attentat terroriste : mes collaborateurs et moi-même étions, d’évidence, visés par cette attaque, qui a heureusement échoué et j’en félicite ceux des militaires français présents ce jour-là à l’ambassade qui ont pu neutraliser les terroristes.
Comme il s’agit d’une enquête judiciaire, en vertu du principe de la séparation des pouvoirs, je n’ai aucune information non plus sur celle qui a été ouverte en France, qui est diligentée par le parquet antiterroriste de Paris.
A lire la dernière partie de l’entretien le lundi 8 avril 2019
Entretien réalisé par 
Albert Nagreogo et 
Siébou Kansié
Libreinfo.net