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Burkina musique : « Il faut un gros moteur dans notre showbiz pour pousser les talents à se faire valoir », Greg 

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Greg
L’artiste burkinabè Grégoire Song-naaba, connu sous le sobriquet Greg le  burkimbila. Libre info

L’artiste burkinabè Grégoire Song-naaba, connu sous le sobriquet Greg le  burkimbila, a connu un grand succès en 2012 avec son premier album «Laafi la  boum faan». Il a remporté deux prix au kunde d’or 2013 avec cet album. Aujourd’hui, l’artiste a quatre albums à son actif. Son dernier album intitulé « Halaalé » est sorti le 9 septembre 2021. L’album est composé de dix-huit titres. Greg fait son retour musical avec ce quatrième album après un temps d’absence scénique. Dans une interview à Libreinfo.net, le jeune artiste revient entre autres, sur sa carrière musicale, son absence momentanée sur la scène et ses projets musicaux.    

Interview réalisée par Rama Diallo

Libreinfo.net: Comment se porte Greg et sa carrière musicale?

Greg : Greg se porte bien. Dire que je ne me porte pas bien, c’est offenser Dieu. Ma carrière se porte bien. Je dirai que le retour se porte bien. 

Vous savez qu’à un moment donné, Greg n’était plus tellement présent sur la scène musicale. J’ai fait mon retour en septembre 2021. 

En termes de bilan, je dirai qu’il est positif. En quoi est-ce que le bilan est positif? Déjà, la question comme quoi, Greg a disparu ne se pose plus. Le retour effectif est quelque chose de positif. 

Tout se passe bien. J’essaie maintenant de valoriser l’album parce que cela fait 18 titres à valoriser et on met les petits plats dans les grands pour que tout se passe bien. 

Librinfo.net : En 2012 vous avez connu un grand succès. Vous avez eu des prix au Kundé et à d’autres évènements. Mais après, vous avez disparu de la scène. Que s’est-il passé? 

Greg : Le plan de Dieu n’est pas celui des hommes. L’homme propose et Dieu dispose. Je suis sorti de nulle part et je suis venu, j’ai fait un album qui a marché et après bon…

Librinfo.net :Que s’est-il passé?

Greg : Je dirai que j’ai un peu disparu à un certain moment. Quand vous entretenez une relation avec une maison de production ou quelqu’un, quand vous vous séparez, c’est mieux de toujours éviter les explications pour ne pas offenser.

J’ai traversé des difficultés certes, mais tout cela fait partie de la vie. Ce sont des expériences. J’ai appris beaucoup de choses pendant cette période d’absence. Cela m’a forgé aujourd’hui. Le Greg d’aujourd’hui n’est pas le Greg de 2012. En 2012, j’étais très jeune donc, il y avait la jeunesse et plein de choses. 

Libreinfo.net : Aujourd’hui quels sont vos projets ? 

Greg : Mon projet majeur actuellement, c’est la promotion de mon album. On est en train de préparer le deuxième clip de l’album. 

C’est le titre « Alé waam » qui veut dire je suis revenu. C’est avec ce titre que je vais confirmer le retour de Greg sur la scène musicale.

Libreinfo.net : Est-ce qu’en dehors du Burkina Faso, vous avez des contrats dans d’autres pays ?

Greg : J’étais absent et je fais mon retour. Le retour doit d’abord être national. Je dois travailler à ce que ce retour soit effectif. Il n’y a pas que Ouagadougou. Il y a les provinces et il faut revenir aussi avec des clips au moins deux ou trois clips avant de penser maintenant à s’exporter. 

Il y a des projets à l’international. Déjà, il faut positionner les chansons sur des chaînes de télévision comme Trace tv, B black et autres. 

On compte aussi faire un ou deux voyages à l’international, question de promouvoir l’album. On est en train d’envisager cela pour la valorisation de l’album. 

Libreinfo.net : Quel est votre plus grand rêve musical ?

Greg : Mon plus grand rêve, c’est d’apporter quelque chose à l’humanité par ma musique. Je voudrais un jour qu’on dise que voilà ce que Greg a apporté de positif dans sa vie par la musique. 

La musique est un canal de communication qui permet de changer beaucoup de choses. Par exemple, je reçois des confidences. Des couples se sont réconciliés en écoutant ma musique, des malades disent qu’ils se sentent bien quand ils écoutent ma musique. 

Les femmes enceintes disent qu’elles se sentent bien lorsqu’elles écoutent ma musique. L’artiste aussi c’est celui qui véhicule la paix. 

Je voudrais un jour, qu’on dise que Greg est un pacificateur, c’était quelqu’un qui par la parole, quand il arrive, il apaise les cœurs. D’aucuns diront qu’ils veulent être une grande star. Moi je m’en fous de la starmania. Je veux apporter quelque chose à l’humanité. 

Libreinfo.net : quels sont vos rapports avec les autres artistes ?

 Greg : ça va bien entre nous. Quand on se voit, on cause. À Ouagadougou, c’est tellement chaud qu’on a du mal à se rencontrer. Chacun est dans ses activités. Chacun court pour chercher ses gombos. Néanmoins, quand on se croise, le courant passe très bien. 

Libreinfo.net : Comment appréciez-vous la musique burkinabè actuellement ?

Greg : La musique burkinabè évolue même si ce n’est pas au même rythme que les autres pays. Je reconnais qu’il y a beaucoup de choses qui ont changé. Les lignes ont bougé. 

Moi, je suis venu en 2012. Avant moi, il y a des gens qui ont combattu. Moi aussi, j’ai combattu jusqu’à ce que d’autres artistes arrivent. Si on dit qu’il n’y a pas d’évolution, c’est mentir. 

Avant c’était plus difficile de se faire connaître mais aujourd’hui, avec les nouvelles technologies qui sont là et la presse, il est plus facile de se faire connaître. 

Libreinfo.net : quels sont vos rapport avec ceux que vous appelez “la nouvelle génération” ? 

Greg : Ce sont mes petits frères, ça va entre nous. Quand je croise certains, ils veulent que je partage mon expérience avec eux. Certains m’approchent pour me demander mon avis sur certaines choses.

Et je partage mon expérience avec eux. Il n’y a pas de jalousie entre nous. J’ai l’habitude de dire que ce que Dieu a prévu pour chacun, un être humain ne peut rien contre ça. Cela ne sert à rien d’envier quelqu’un. Je partage toujours mon expérience, tant que cela peut aider quelqu’un à évoluer. 

Libreinfo.net : Comment voyez-vous l’avenir de la musique burkinabè ?

Greg : L’avenir est radieux. On prie juste pour qu’il y ait de bonnes personnes, de bonnes volontés qui vont accepter soutenir les talents qu’il y a au Burkina. 

Parce qu’il y a tellement de talents. Certes, il y a des personnes qui font ce travail mais elles ne sont pas nombreuses. Donc la force de frappe est faible. Il faut de grosses structures de production. Il faut un gros moteur dans notre showbiz pour pousser les talents à se faire valoir. 

Libreinfo.net : Quelles sont les difficultés que la musique burkinabè rencontre aujourd’hui ? 

Greg : Je parlais de moteur. Il n’y a pas de moteur. Dans les autres pays, on sent que le showbiz est vraiment une industrie. Ce sont des filiales même qui font des chiffres d’affaires en milliards. 

Au Burkina, on n’a pratiquement rien. Les artistes sont obligés de s’auto produire. L’auto production c’est bien, mais c’est difficile de soi-même se pousser. 

Quand on parle de l’international, c’est autre chose; c’est colossal en termes de budget. Donc on a besoin de structures de productions vraiment bien implantées qui vont venir pousser la musique burkinabè à aller vraiment très loin. 

Aussi, j’en appelle aux autorités. Quand on regarde ailleurs, les autorités interviennent. On ne demande pas un miracle, mais qu’ils aient un petit regard vers nous. Je pense que s’ils s’impliquent, on pourra avancer conséquemment.

Libreinfo.net : Vous avez parlé d’auto production. Est- ce que vous êtes dans ce cas ? 

Greg : Bien sûr!

Libreinfo.net : Aujourd’hui, le live est délaissé au détriment du playback. Qu’est-ce qui explique cela ? 

Greg : Le live coûte cher. Un exemple, quand quelqu’un appelle mon manager, il propose toujours du playback et du live. Les gens demandent du playback. 

Quand il leur demande d’ajouter un peu d’argent pour que Greg fasse de l’acoustique, ce peu-là, les gens refusent d’ajouter. 

Ils disent que c’est cher. Ce n’est pas que les artistes aiment le playback mais c’est la demande. Si un promoteur appelle un artiste et qu’il dit qu’il a besoin de l’artiste en live, l’artiste propose son cachet. 

Mais les promoteurs ne sont pas prêts à payer le prix qu’il faut pour que l’artiste vienne chanter en live. Quand je dis promoteur, c’est tous les évènements comme les mariages, les cérémonies, les festivals et autres. Même à un mariage, on peut faire du live. 

Mais il faut mettre le prix qu’il faut. Parce qu’il y a les musiciens à payer. Il y a la logistique, il faut faire des répétitions. Les gens trouvent que c’est très cher. Moi, par contre, je n’aime pas le playback mais bon… quand le promoteur n’est pas prêt à me payer pour que je vienne faire du live, je me contente du playback. 

Libreinfo.net : On vous avait vu à un moment donné dans le cinéma. Ce domaine vous intéresse aussi? 

Greg : C’est depuis 2011-2012. C’était carrément au début de ma carrière. Le cinéma est bien mais ma priorité, c’est la musique. Aujourd’hui, si un réalisateur décide de faire un scénario et qu’il juge bon de m’intégrer, si les conditions sont bonnes, je ne vais pas refuser. 

Libreinfo.net : Combien d’albums avez-vous à votre actif ? 

Greg : J’ai quatre aujourd’hui. Je demande à mes fans de se préparer. Parce que le burkimbila est vraiment de retour pour de bon. Il y a plein de surprises qui les attendent. Déjà le clip de « Alé waam » va bientôt sortir et sera une bombe!              

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