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Initiative d’Accra : L’Union Européenne, la France, le Royaume Uni et l’ONU encore  à la manœuvre

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initiative d'accra
Les chefs d'Etat et gouvernements au sommet de l'Initiative d'Accra

La conférence internationale de l’Initiative d’Accra s’est tenue le 22 novembre 2022 à Accra, la capitale du Ghana. Qu’est ce que l’initiative d’Accra ? Quelles sont ses missions? Quels sont ses pays membres et les pays observateurs ? Libreinfo.net vous éclaire davantage sur cette nouvelle structure régionale de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest. 

Par Elza Nongana

L’Initiative d’Accra est un projet de mécanisme de sécurité coopératif et collaboratif qui repose sur le partage des informations et des renseignements, sur la formation du personnel de sécurité et sur la conduite d’opérations militaires conjointes transfrontalières.

L’Initiative d’Accra a été lancée en 2017 par le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo et a pour objectif de lutter contre la menace terroriste en Afrique de l’Ouest. Le Mali et le Niger y ont adhéré en 2019 en tant que pays observateurs et le Nigéria vient d’y adhérer cette année en tant qu’observateur aussi. 

Il est prévu, en termes de coordination, que chaque trimestre, les ministres de la sécurité du projet tiennent une rencontre technique des responsables en charge de la sécurité et des renseignements.

L’Initiative d’Accra a permis l’opérationnalisation d’une force multinationale conjointe baptisée « Koundalgou ». L’ «Opération Koundalgou » dont la quatrième phase s’était déroulée du 21 au 27 novembre 2021 avec plus de 5 720 soldats, avait permis l’arrestation de 300 suspects et la saisie d’importants stocks d’armes et de munitions. 

À la suite des menaces terroristes incessantes sur les pays côtiers, l’ Opération Koundalgou s’est élargie aux autres pays de la sous-région, notamment le Mali, le Niger et la Côte d’Ivoire.

Cette force a eu pour objectif de renforcer la coopération en matière de sécurité et de partage de renseignements entre les pays signataires.

L’Initiative d’Accra est autofinancée par les pays membres. Les pays fondateurs avaient pour ambition, au départ , de créer une structure indépendante qui fonctionnerait avec ses propres ressources à l’inverse du G5 Sahel. 

Cependant, le forum sécuritaire de l’Initiative d’Accra qui s’est tenu le 22 novembre 2022 dans la capitale ghanéenne, a connu la présence de bailleurs internationaux tels que le Royaume Unis, la France, l’ONU, l’Allemagne, les États-Unis, l’Espagne, la Norvège, la Hollande et les Pays-Bas.

L’Initiative d’Accra est-t-elle une renaissance du G5 Sahel qui avait connu la participation de la plupart des pays occidentaux cités dans cette structure ?

Le retrait du Mali de tous les organes du G5 Sahel y compris de sa force conjointe le 15 mai 2022, a plongé l’organisation sous-régionale dans une crise institutionnelle. Le Royaume-Uni et la Côte d’Ivoire ont également annoncé le retrait de leurs soldats déployés au sein de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali). 

Les bailleurs du G5 Sahel comme l’Union européenne (avec notamment la France, le Royaume Uni) et l’ONU se retrouvent également au forum international de l’Initiative d’Accra. Ces derniers ont pris l’engagement de soutenir l’Initiative d’Accra dans la lutte contre le terrorisme dans la sous-région. N’est-ce pas une manière pour ces bailleurs internationaux de se venger du Mali ? 

Que vaut l’initiative d’Accra en Afrique de l’Ouest sans un pays comme le Mali ?

Certes, le Mali est un pays observateur de l’Initiative d’Accra, mais, en réalité, il est, en effet, le grand absent au sommet des chefs d’Etats et de Gouvernements des États membres de cette structure.

Une telle force peut-elle prospérer quand on sait que le Mali a une grande superficie ( 1,24 millions de km2) et est très touché par le terrorisme avec des chefs djihadistes maliens (Amadou Kouda  et Lyad Ah Ghaly notamment) affiliés à Ansar Dine puis au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans? 

Il y a également la zone dite des 3 frontières, une zone particulièrement difficile à contrôler, qui est partagée entre le Burkina, le Mali et le Niger. Cette zone, appelée aussi Liptako-Gourma, est l’épicentre de la contrebande et du  terrorisme international. Est-il possible de survoler le Mali pour aller combattre les terroristes sans son implication ? 

Autre argument important, l’armée malienne figure parmi les trois premières places dans le dernier classement des puissances militaires d’Afrique de l’Ouest. 

Le Mali possède, selon ce classement, l’une des meilleures armées sous régionales. Il a en effet bénéficié d’armement grâce à son partenariat avec la société militaire privée russe Wagner. Il pourrait, à cet effet, contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de l’Initiative d’Accra. 

L’absence du chef d’Etat ou du chef de gouvernement malien à ce forum pourrait s’expliquer par le fait que la France, qui a  actuellement des relations difficiles avec le Mali, ait prit part à ce sommet d’Accra.

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