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Burkina Faso : neuf ans après, pourrait-on expliquer ce recul après l’insurrection

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L’année 2014 a été rythmée par les marches-meetings organisées par le chef de file de l’opposition. Pendant la période, l’institution était sous le magistère de Zéphirin Diabré, premier responsable de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Comme dans une union sacrée, même les Burkinabè qui ne militaient pas dans les partis politiques qui portaient la revendication de la non modification de la clause limitative du mandat présidentiel et la mise en place du sénat s’étaient engouffrés dans la bataille du chef de file.

Par Merneptah Noufou Zougmoré

De façon circonstancielle, la société civile s’est retrouvée dans une plateforme politique avec les partis politiques.

Les manifestations ont drainé du monde à chaque fois qu’un mot d’ordre était lancé
Les manifestations ont drainé du monde à chaque fois qu’un mot d’ordre était lancé

Les manifestations ont drainé du monde à chaque fois qu’un mot d’ordre était lancé, jusqu’à la date fatidique du vote de la loi querellée le 30 octobre 2014, et la rue a eu raison du pouvoir de 27 ans de Blaise Compaoré.

Quand l’ancien seigneur du pays (Blaise Compaoré) a pris ses jambes à son cou, les sans culottes qui étaient les plus nombreux dans la rue sont retournés dans leurs quartiers précaires laissant aux politiciens du métier et d’autres organisations s’occuper du contenu à donner à la Transition.

Les débuts de la gestion du pouvoir pendant la période ont été difficiles, surtout la mise en place des institutions qui devaient régenter cette courte période, avant qu’on organise des élections.

A ces difficultés s’est ajouté l’intrusion du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dans la marche quotidienne de la Transition par des actes de nature à troubler ses actions.

Les débordements dans la gestion du pouvoir n’ont pas aussi manqué. Certains saprophytes de la société civile qui étaient dans certaines instances ont commis des actes délictueux et le pouvoir exécutif de la Transition lui- même n’a pas été exempt de critique.

A leur décharge, au niveau du gouvernement l’essentiel des ministres étaient à leur première expérience. Malgré les écueils et l’adversité, en plus de la gestion quotidienne du pouvoir, des réalisations comme le programme socio-économique de la Transition (PSET) ont pu être faites.

Quand le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui a été partie prenante de l’insurrection a remporté les élections de novembre 2015, il a eu toutes les difficultés à faire sa mue.

Transfuge du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) chassé du pouvoir, la contradiction qui a amené les animateurs du MPP à quitter l’ancien parti au pouvoir n’était pas d’ordre idéologique.

C’est une crise de leadership qui a été la cause pour laquelle Roch, Salif, Simon et leur suite claquent la porte. Il n’était pas certain que le nouveau régime puisse opérer un changement positif dans le quotidien des Burkinabè et la gestion de huit années de pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de le démontrer.

La gestion laisse guidon des deniers publics à travers les scandales relayés par les médias et les structures de lutte contre la corruption et la non maîtrise du phénomène du terrorisme ont eu raison du MPP.

En plus de ces événements, l’administration Roch Marc Christian Kaboré a scié la branche sur laquelle il était assis en transformant les alliés stratégiques en adversaires.

L’aile société civile qui a porté du bout de bras l’insurrection a été accusée à tort d’avoir bénéficié des grosses faveurs du pouvoir Kafando-Zida.

Le truculent Simon Compaoré a accusé les dirigeants de la Transition de disparition de voitures. Alors que les organisations de la société civile qui ont fait face à la force pendant l’insurrection et qui ont contré le coup d’Etat du général Gilbert Diendéré pouvaient être un rempart si le MPP les avait ménagées et s’il avait marqué la rupture dans la manière de gouverner.

Le comble a été la tentative de criminalisation de l’insurrection par les gouvernants MPP. Face à ces fautes graves, l’armée en a profité reprendre les rênes du pouvoir. Elle, qui n’était pas partie de bon cœur. Le pouvoir Compaoré n’était autre chose qu’un pouvoir militarisé.

Le 24 janvier 2022, le lieutenant-colonel Henri Paul Sandaogo Damiba congédie le champion du MPP qui venait de rempiler pour un nouveau bail. Il justifie son avènement par le manque de réponse sur le terrain de la lutte contre le terrorisme.

Après huit mois d’exercice du pouvoir, le constat était que les populations continuaient de subir les affres de ces impies qui écument l’intérieur du Burkina Faso.

Entre temps, un officier moins gradé que Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré lui ravit le pouvoir pour le même motif : incapacité à sortir le pays des griffes des combattants dits de Dieu.

Le constat fait depuis le retour des militaires au pouvoir, c’est le recul des acquis obtenus au prix du sang et de la sueur pendant de longues années de lutte dont le couronnement a été l’insurrection populaire.

Les deux pouvoirs treillis se sont mêmes appropriés de la Constitution pour légitimer leur pouvoir mais sur le terrain, les libertés sont muselées au nom de la guerre.

Les médias pour leurs exercices quotidiens sont mis à rude épreuve. Ils sont suspendus ou menacés de suspension.

Les individus pour leurs opinions sont pris à partie par des nouveaux acteurs qui disent-ils agissent au nom du pouvoir.

Pour une opinion jugée outrageuse vis- à-vis de l’autorité, on peut se retrouver sur le front sans en avoir fait la demande.

Neuf ans après l’insurrection populaire on est revenu à la case départ et la leçon c’est qu’il n’y a pas d’acquis définitif. La lutte pour sa préservation doit continuer.

www.libreinfo.net

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